#Rétrogaming : Tu te souviens… Gryzor en arcade ?
Revivons avec Turk182 l’âge d’or du run and gun avec Gryzor, le monument de Konami qui a fait trembler les salles d’arcade et nos chambres d’ados. On replonge dans l’histoire de ce titre mythique qui a forgé les années 80… et qui va forcément résonner dans les têtes des fans de Contra/Probotector.
A l’ère de la 4K, du ray-tracing et des 60 (ou 120) fps, il est bon de se replonger dans nos jeux vidéo d’antan, ceux que l’on prend plaisir encore aujourd’hui à lancer sur NES, sur Master System, sur Super Nintendo, PC Engine ou encore sur un bon vieil ordinateur de l’époque. Un petit coup d’oeil dans le rétro(gaming), comme un petit voyage vidéoludique dans un passé lointain. Une chronique animée par Turk182, que l’on vous invite chaudement à découvrir sur son excellent « Rétroblog ».
Gryzor… ou bien est-ce Contra ?… ou alors Probotector ?
Salut les vieux ! Ce week-end, en discutant de notre passé avec ma femme, des souvenirs que je gardais bien enfouis au plus profond de ma mémoire ont soudainement refait surface. Malheureusement, ce ne sont pas les plus agréables…
Pendant l’année scolaire 1988-1989, nous formions un groupe inséparable, à la limite de l’âge adulte pour certains et tout juste adultes pour d’autres. Nous passions la semaine et les week-ends ensemble, et nous squattions le meilleur snack de Cavaillon, La Croquerie, géré de manière brillante par Fio (Fiorella), la maîtresse de ces lieux où régnaient la joie et la bienveillance.
Il y avait Eddy, Mena, Lollipop, Chis, Bulbe, Cathy… Et puis un jour, Cathy nous a quitté. Elle n’avait que 17 ans. Mon processus mnésique ne m’a autorisé que deux souvenirs : le dernier jour où je l’ai vue et le jour où Eddy m’a appelé chez moi pour m’annoncer son décès, alors que je me remettais lentement d’une forte grippe. Après ce coup de téléphone c’est le trou noir. Sauf pour Gryzor.
Lorsque je suis retourné à La Croquerie, l’ambiance n’était bien évidemment plus la même. Je cherchais à tout prix à éviter les silences de mes amis et mon refuge était d’insérer mes pièces de 5 francs dans la borne d’arcade qui trônait au fond de la salle.
Gryzor est devenu mon refuge pendant longtemps. Pour la petite histoire, on a déjà évoqué Gryzor dans les pages de THM Magazine, au gré d’un article consacré à un certain Contra Hard Corps, exclusif à la Mega Drive de SEGA.
Gryzor, c’est quoi le but ?
Le but de Gryzor est de détruire le plus grand nombre d’ennemis, d’éviter les tirs et de collecter des power-ups pour améliorer les armes et les compétences de son personnage. C’était parfait pour libérer mon esprit et me défouler pour ne plus penser. Surtout que si vous connaissez Gryzor vous savez que mémoriser les schémas d’ennemis pour progresser est indispensable et j’étais à ce moment-là dans une période de ma vie où utiliser ma mémoire à d’autres fins que les souvenirs était une question de survie.
Les rares images qui me reste de cette époque sont les trois premiers niveaux du jeu, celui où l’on avance en tirant sur tous ce qui bouge. Le deuxième niveau en vue subjective où l’on doit se frayer un chemin en détruisant une fois de plus tout ce qui bouge et enfin le troisième niveau qui ressemble au premier mais avec des décors et des ennemis différents et plus difficiles à éliminer.
Pour les intéressés, rappelons que Konami a lancé il y a quelques années déjà un certain Contra Anniversary Collection, qui regroupe de nombreux épisodes de la franchise.
Ma progression dans Gryzor était une sorte d’inertie, je jouais grâce à ma mémoire musculaire. À l’instinct. Mon corps jouait, mais mon esprit était ailleurs. Et puis est venue l’heure de l’acceptation. Ma mémoire s’est défendue en effaçant une partie de cette époque. J’ai abandonné Gryzor, et depuis, je n’y ai plus joué.
Ai-je tort ? Certainement car c’est un excellent jeu rangé au rang des incontournables, mais comme le dit si bien Massilia Sound System :
« À chacun ses joies à chacun ses douleurs
À chacun ses rires et à chacun ses pleurs,
On est tous des rois mais on ne le sait pas
On est tous élus mais on ne le sait plus. »