La France pourrait bientôt produire son propre lithium pour les voitures électriques : voici où en est le projet
La France dispose d’un important gisement de lithium dans l’Allier, au cœur d’un projet industriel qui pourrait renforcer l’approvisionnement européen en batteries. Mais avant de retrouver ce lithium dans nos voitures électriques, plusieurs étapes restent à franchir.
La voiture électrique dépend encore largement de matières premières extraites et transformées à l’étranger. Une situation que la France entend progressivement corriger, avec un projet minier porté par Imerys dans le Massif central. Son ambition : développer une filière locale du lithium, un matériau essentiel à la fabrication de nombreuses batteries.
Un gisement français qui pourrait alimenter des centaines de milliers de voitures
Le projet vient de franchir une étape administrative importante, mais il faudra encore patienter avant de voir ses premiers effets sur le marché automobile. Et c’est précisément ce qui rend cette initiative intéressante : derrière la promesse d’une production française se cache un chantier industriel de longue haleine.
Le projet EMILI (pour Exploitation de Mica Lithinifère), est développé par Imerys autour du gisement de Beauvoir, dans l’Allier, à proximité du Puy-de-Dôme. L’objectif est d’extraire le lithium contenu dans la roche, de concentrer le minerai sur place, puis de produire de l’hydroxyde de lithium à Saint-Victor, également dans l’Allier.
À terme, le site pourrait fournir jusqu’à 34 000 tonnes d’hydroxyde de lithium par an. Selon les estimations communiquées autour du projet, cette production permettrait d’équiper environ 700 000 voitures électriques chaque année. Un volume considérable, même si cette capacité reste un objectif industriel et non une production déjà disponible.
Le projet a également obtenu une concession minière accordée jusqu’en 2075. Cette étape donne un cadre à long terme à l’exploitation envisagée, mais elle ne signifie pas que les travaux peuvent démarrer immédiatement. Des autorisations complémentaires, notamment environnementales et minières, restent nécessaires.
Du lithium local, mais pas encore dans les batteries
Pourquoi cette initiative est-elle importante ? Parce que l’Europe cherche à sécuriser ses approvisionnements en matières premières stratégiques. La fabrication des batteries nécessite plusieurs matériaux, et le lithium occupe une place centrale dans les technologies lithium-ion aujourd’hui largement utilisées.
Produire une partie de cette matière première en France pourrait réduire la dépendance aux importations et rapprocher certaines étapes de la chaîne industrielle des usines européennes de batteries. Cela ne rendrait toutefois pas automatiquement les voitures électriques moins chères : le coût final dépend aussi de la transformation du lithium, des autres composants, de la fabrication des cellules et de nombreux facteurs industriels.
Le calendrier rappelle d’ailleurs que la souveraineté industrielle ne se décrète pas en quelques mois. L’entrée en production du projet EMILI est envisagée à l’horizon 2030, sous réserve des autorisations et du financement nécessaires. Il ne faut donc pas s’attendre à voir apparaître dès demain des batteries françaises dans les voitures électriques vendues en concession.
La prochaine étape sera de transformer cette promesse en une activité industrielle réelle, capable de respecter les exigences environnementales et de produire à grande échelle. Si le calendrier est tenu, le lithium français pourrait devenir l’un des maillons de la filière européenne des batteries au cours de la prochaine décennie.