Castlevania va lui aussi ressusciter une vieille tradition du jeu vidéo que l’on aimerait revoir tout le temps

À l’époque, une démo pouvait suffire à nous faire craquer pour un jeu. Avant les vidéos YouTube et autres Let’s Play, elle était surtout notre meilleur moyen de savoir si un titre méritait vraiment nos économies. Avec Castlevania: Belmont’s Curse, cette bonne vieille tradition revient sur le devant de la scène.

castlevania belmont curse
©Konami

Il faudra patienter jusqu’au 15 octobre pour découvrir Castlevania: Belmont’s Curse, le nouvel épisode inédit de la célèbre saga de Konami développé par Evil Empire et Motion Twin. Mais les joueurs les plus impatients pourront mettre la main dessus bien avant. Une démo jouable (et gratuite) sera proposée dès le 1er octobre sur PS5, Xbox Series X|S, Nintendo Switch et PC.

Castlevania Belmont’s Curse va nous laisser jouer avant sa sortie

Et pas question ici de simplement proposer quelques minutes de jeu histoire de cocher la case « démo ». Cette version permettra de découvrir l’intégralité du chapitre d’introduction, avec, cerise sur le gâteau, la possibilité de conserver sa progression pour la transférer dans le jeu complet.

castlevania belmont curse
©Konami

Une excellente manière de faire patienter les fans, mais aussi de permettre aux curieux de se faire leur propre idée.

Pour les joueurs ayant connu les années 90, une démo n’avait absolument rien d’exceptionnel. Elle était même souvent attendue avec le magazine du mois.

Il fut un temps où les démos faisaient partie du jeu

Sur PlayStation, PlayStation Magazine proposait régulièrement un CD rempli de versions d’essai. Un circuit, un niveau, quelques minutes de jeu : c’était parfois tout ce dont nous disposions pour savoir si le prochain jeu à 300 francs allait réellement nous plaire.

Et certaines démos ont marqué les esprits. Tomb Raider, par exemple, a bénéficié d’une démo distribuée avec PlayStation Magazine en France. Plus tard, on nous proposait notamment Metal Gear Solid en version jouable, aux côtés de très nombreuses plusieurs autres grosses productions comme Crash Team Racing, Tony Hawk’s Pro Skater, Syphon Filter…

À l’époque, pas de YouTube pour regarder trois heures de gameplay, pas de Twitch, pas de centaines d’avis de joueurs à consulter. On mettait le CD dans la console… et on jouait. Et souvent, cela suffisait à nous décider de demander le jeu pour Noël, ou au contraire, de faire l’impasse sur ce titre qui s’annonçait pourtant grandiose.

Une bonne démo peut largement contribuer au succès d’un jeu

C’est finalement ce qui rend la démarche de Castlevania particulièrement intéressante aujourd’hui, sans que celle-ci ne soit isolée évidemment. Dans un marché où les joueurs sont sollicités de toutes parts, une démo reste l’un des moyens les plus simples de transformer une curiosité en envie d’achat. Encore faut-il qu’elle soit bien pensée.

castlevania belmont curse
©Konami

On peut aussi imaginer le potentiel d’une telle approche pour des productions comme 007 First Light, Resonance : A Plague Tale Legacy ou Saros. Le premier est une nouvelle interprétation vidéoludique de James Bond développée par IO Interactive, tandis que le second constitue un spin-off de la célèbre saga, avec une nouvelle dimension Uncharted/Indiana Jones sur fond de mythologie grecque, le dernier constituant la nouvelle licence de Housemarque, dans la continuité de l’expérience développée avec Returnal.

Pour ce type de jeux (et bien d’autres), une démo bien calibrée pourrait permettre de dépasser les simples bandes-annonces : on ne nous promet plus que le jeu est bon, on nous laisse le constater manette en main.

Et si la démo était encore et toujours le meilleur argument marketing ?

C’est peut-être là tout le paradoxe. Alors que les jeux n’ont jamais été aussi faciles à montrer, ils nous laissent parfois moins souvent la possibilité de les essayer réellement avant de passer à la caisse. Depuis quelques jours, c’est Final Fantasy Resonance qui bénéficie d’une excellente démo, laquelle a déjà convaincu de nombreux joueurs qui n’attendaient pas forcément ce nouveau FF à venir en octobre.

Une bonne démo ne remplace évidemment pas un test complet. Elle ne permet pas de juger la durée de vie, l’ensemble de l’aventure ou ses éventuels défauts. Mais elle possède quelque chose qu’aucune bande-annonce ne pourra jamais reproduire : elle laisse le joueur décider par lui-même.

Le 1er octobre, Castlevania: Belmont’s Curse nous rappellera donc peut-être une chose toute simple. Parfois, pour donner envie d’acheter et de jouer à un jeu, il suffit encore de… nous laisser y jouer.