Les affiches générées par IA envahissent nos villes, nos réseaix : Sète décide de ne plus les relayer

Sur les réseaux sociaux comme dans l’espace public, les affiches générées par intelligence artificielle (les « affiches IA ») se multiplient. Souvent séduisantes au premier regard, elles finissent aussi par se ressembler, au point de perdre toute personnalité. À Sète, le maire a décidé de prendre position : les visuels entièrement créés par IA ne seront plus relayés par les supports de communication municipaux.

Sète ne relayera plus les affiches entièrement générées par IA. Le maire dénonce des visuels standardisés qui effacent la création humaine.

Il suffit de faire défiler Facebook quelques minutes pour tomber sur une affiche de festival, une annonce associative, une promotion d’un commerçant ou une invitation à un événement qui semble tout droit sortie du même générateur d’images. Couleurs éclatantes, personnages lissés, détails improbables et typographies approximatives : les créations générées par IA ont progressivement investi nos fils d’actualité… mais aussi les panneaux et espaces d’affichage dans nos villes et villages.

À Sète, les affiches entièrement générées par IA ne seront plus relayées

Le problème ? À force de se multiplier, ces visuels finissent par se ressembler. Et ce qui pouvait passer pour une démonstration technologique amusante est devenu une recette visuelle sans âme. Une uniformisation qui suscite déjà le rejet de nombreux internautes, et qui peut même desservir ceux qui en abusent… Difficile de faire ressortir l’identité d’une association ou d’un événement avec une affiche qui ressemble à des centaines d’autres. Et pour certains, une affiche IA, c’est d’ores et déjà un « non ».

C’est précisément ce phénomène qu’a décidé de pointer du doigt Hervé Marquès, maire de Sète. Dans une prise de position publiée sur le site de la municipalité le 9 octobre 2026, l’élu annonce que les visuels entièrement générés par intelligence artificielle ne seront plus relayés sur les supports de communication municipaux.

Sète ne relayera plus les affiches entièrement générées par IA. Le maire dénonce des visuels standardisés qui effacent la création humaine.
©Facebook

La mesure concerne notamment les affiches utilisées pour annoncer des événements associatifs. La Ville précise toutefois qu’elle continuera d’accompagner les associations, notamment en mettant gratuitement à leur disposition près de 200 000 impressions, affiches et flyers chaque année.

Le maire ne condamne d’ailleurs pas l’outil en lui-même. Il reconnaît que l’IA peut aider à trouver une idée, réaliser une illustration ou pallier un manque de temps et de moyens. C’est son utilisation systématique qui pose problème. « Il ne s’agit pas d’interdire un outil nouveau. Il s’agit d’en encadrer l’usage excessif », explique-t-il très justement.

L’IA peut aider à créer, mais pas remplacer la personnalité

Derrière cette décision se dessine une question plus large : à quoi bon communiquer si les images utilisées finissent toutes par se confondre ? Pour une association, un artiste ou un organisateur d’événement, une affiche doit aussi raconter quelque chose, refléter une identité et donner envie de découvrir un univers.

Or, en multipliant les visuels générés sans véritable travail de création, certains prennent le risque de rendre leur communication interchangeable, voire carrément imbuvable. Une facilité qui peut se retourner contre eux, à mesure que le public se lasse de ces images standardisées. Sur les réseaux et dans les messageries, ce sont les GIF qui risquent de se multiplier bientôt, puisque ChatGPT permet désormais à chacun de créer très facilement une petite animation.

Hervé Marquès résume cette préoccupation en une formule : « Sète ne peut pas se satisfaire d’images sans histoire, sans âme, sans une touche d’humanité ». La municipalité entend donc continuer à soutenir les associations, tout en les encourageant à conserver une part de création humaine.

Un rappel bienvenu à l’heure où produire une image ne prend parfois que quelques secondes : la facilité de création ne garantit ni l’originalité, ni l’envie de regarder.