Avec PLM.AI., Mercedes mise sur l’IA pour concevoir ses voitures
Mercedes-Benz entend accélérer le développement de ses futurs véhicules en intégrant l’intelligence artificielle à toutes les étapes de leur conception. Le constructeur allemand annonce un objectif ambitieux, celui de réduire d’environ 17 mois les délais de développement grâce à sa nouvelle plateforme PLM.AI.
L’intelligence artificielle s’invite désormais bien au-delà des assistants vocaux et des systèmes multimédias embarqués. Chez Mercedes-Benz, elle doit également transformer les coulisses de l’industrie automobile, depuis les premières études techniques jusqu’à la production. Le constructeur allemand a récemment détaillé sa stratégie, avec un objectif qui mérite l’attention : réduire considérablement le temps nécessaire pour concevoir ses futurs modèles.
Une plateforme IA pour accélérer la conception automobile
Au cœur de ce projet se trouve PLM.AI, une plateforme destinée à mieux connecter les données utilisées par les équipes d’ingénierie, de production, d’achat et de commercialisation. Mercedes affirme vouloir réduire d’environ 17 mois les délais de développement de ses nouveaux véhicules, avec des gains d’efficacité pouvant atteindre 50 % sur certains processus techniques.
Développer une voiture moderne exige de coordonner une quantité considérable de données. Une modification du poids d’un composant, par exemple, peut avoir des conséquences sur la sécurité, le coût, la consommation énergétique ou encore les méthodes d’assemblage. Jusqu’ici, les équipes doivent souvent analyser ces paramètres à travers plusieurs outils et systèmes informatiques. Avec PLM.AI, Mercedes veut centraliser davantage ces informations afin de faciliter les échanges entre les différents métiers.
La plateforme doit permettre aux ingénieurs d’évaluer plus rapidement les conséquences d’une décision technique, de repérer certains problèmes plus tôt et d’explorer différentes solutions. Le constructeur prévoit également de recourir à des agents d’intelligence artificielle capables d’assister les équipes sur des tâches précises.
Mercedes a annoncé le 16 octobre dernier le déploiement de cette nouvelle approche, en collaboration avec CONTACT Software et Siemens. L’objectif est de créer une base numérique commune pour mieux exploiter les données tout au long du cycle de vie des véhicules.
Jusqu’à 30 % de temps gagné : une promesse ambitieuse
Selon Mercedes-Benz, PLM.AI doit permettre de réduire d’environ 17 mois les délais de développement de ses nouveaux modèles. Le constructeur évoque aussi des gains d’efficacité pouvant atteindre 50 % pour certaines opérations d’ingénierie.
Ces chiffres doivent toutefois être interprétés avec prudence. Il s’agit d’objectifs annoncés par le constructeur, et non de résultats déjà démontrés pour l’ensemble de sa gamme. Les gains réels dépendront notamment de la complexité des projets, de l’intégration des outils et de la capacité des équipes à exploiter ces nouvelles méthodes.
L’un des leviers envisagés concerne les simulations numériques. En testant davantage de solutions virtuellement, Mercedes espère limiter certaines opérations physiques et mieux cibler les essais indispensables. La marque estime qu’une réduction pouvant atteindre la moitié des essais physiques pourrait être envisageable à terme.
Cela ne signifie pas que les prototypes et les tests sur route vont disparaître. Les essais réels restent essentiels pour valider la sécurité, la fiabilité et le comportement d’une voiture dans des conditions variées. L’intelligence artificielle doit surtout permettre de préparer ces essais plus efficacement.
L’IA ne servira pas seulement à fabriquer les voitures
La stratégie de Mercedes ne se limite pas aux bureaux d’études. Le constructeur renforce également son partenariat avec NVIDIA dans le domaine de la conduite automatisée et des systèmes d’aide à la conduite.
Les deux entreprises travaillent sur des technologies destinées à améliorer la perception de l’environnement et la prise en compte de situations de circulation complexes. L’objectif est de faire progresser les capacités des véhicules, notamment dans les environnements urbains.
Il faut néanmoins distinguer les systèmes d’assistance disponibles ou en développement des ambitions à plus long terme. Les applications de conduite autonome de niveau 4 évoquées par Mercedes restent soumises à des conditions d’utilisation spécifiques et ne disposent pas toutes d’un calendrier commercial précis.
Une chose est sûre : l’intelligence artificielle est appelée à jouer un rôle croissant dans l’industrie automobile. Elle pourrait accélérer le développement des véhicules, faciliter les simulations et améliorer certaines fonctions embarquées. Mais les gains annoncés devront être confirmés par des résultats concrets.
Si Mercedes parvient à tenir ses objectifs, la réduction des délais de conception pourrait lui permettre de faire évoluer plus rapidement ses modèles et ses technologies. Pour les automobilistes, le bénéfice ne se mesurera pas directement en nombre de mois gagnés, mais potentiellement dans la vitesse à laquelle de nouvelles innovations arriveront sur le marché.