Manette GameCube : 25 ans après, pourquoi est-elle toujours aussi attachante
Une forme étrange, des boutons multicolores, un stick octogonal… La manette Nintendo GameCube n’a jamais vraiment fait comme les autres. Et pourtant, 25 ans après, elle conserve un charme fou.
Il suffit souvent de la reprendre en main pour que tout revienne. Le poids, la forme des poignées, le petit « clic » des gâchettes… et cette sensation assez inexplicable de tenir quelque chose qui n’a finalement ressemblé à aucune autre manette. En 2001, Nintendo lançait avec sa GameCube (et ses mini DVD) une manette aussi amusante à regarder qu’agréable à utiliser. Une manette avec ses propres règles, ses propres idées et, surtout, une personnalité.
Une manette qui semblait avoir été dessinée avec des Lego
La première chose qui frappe, évidemment, c’est ce drôle de visage. Là où PlayStation et Xbox s’appuyaient sur une disposition relativement classique des boutons, Nintendo décidait de faire de son bouton A un véritable personnage principal. Un énorme bouton vert au centre, entouré d’un petit B rouge et de deux boutons X et Y aux formes presque organiques. C’est bizarre. C’est coloré. C’est presque enfantin en réalité… Et c’est précisément ce qui fonctionne.
Le pouce trouve naturellement le A, tandis que les autres boutons se distinguent immédiatement au toucher. Même les gâchettes L et R avaient leur petite particularité, puisqu’elles combinaient une course analogique et un clic final permettant de déclencher une seconde action en fonction des jeux (on pense à Super Mario Sunshine notamment).
Et puis il y a ce stick. Cette fameuse base octogonale (façon Nintendo 64) qui permet de sentir physiquement les différentes directions. Aujourd’hui encore, elle donne une précision assez particulière, notamment pour les déplacements en diagonale.
Ajoutez à cela le stick C jaune, la croix directionnelle minuscule et les différentes couleurs de la manette (violette, noire, orange, argentée, translucide…) et vous obtenez un objet qui ressemble davantage à un jouet qu’à un pad de jeux vidéo. Mais un jouet terriblement bien pensé ma foi !
Avec Wind Waker ou Luigi’s Mansion, tout devient évident
Le plus amusant avec cette manette, c’est qu’elle semble avoir été conçue autour des jeux Nintendo eux-mêmes.
Prenez The Legend of Zelda: The Wind Waker. Le gros bouton A devient immédiatement évident, tandis que les autres touches viennent naturellement compléter les interactions. Même constat avec Luigi’s Mansion, où la disposition des boutons et les gâchettes analogiques participent directement aux sensations de jeu. L’aspirateur à fantômes Poltergust 3000, notamment, exploite les possibilités offertes par les gâchettes L et R.
Et c’est probablement là que se trouve toute la magie de la manette GameCube : elle ne cherche pas à être parfaite dans l’absolu. Elle est parfaite pour certains jeux.
Nintendo pouvait concevoir un titre en sachant exactement où se trouvait le pouce du joueur. Le matériel et le logiciel parlaient le même langage. Et lorsque cette alchimie fonctionne, difficile de ne pas ressentir cette petite impression de « mais oui, évidemment, c’est comme ça qu’il faut jouer ».
Rappelons que la Panasonic Q, qui combinait une GameCube et un lecteur DVD, bénéficiait d’une manette spécifique.
Et puis arrivent les jeux multiplateformes…
Parce qu’il faut aussi être honnête, la manette GameCube pouvait devenir franchement étrange dès qu’on quittait le jardin de Nintendo. À l’époque, la PlayStation 2 et la Xbox accueillaient des jeux multiplateformes qui débarquaient également sur GameCube. Et là, le superbe layout imaginé par Nintendo pouvait soudain ressembler à une mauvaise blague.
Les quatre boutons ne sont pas disposés comme sur une DualShock 2. Le X et le Y ne sont pas là où on les attend. Le stick C ne remplace évidemment pas un véritable second stick analogique. Et cette petite croix directionnelle, excellente pour certains jeux Nintendo, faisait bien pâle figure face aux standards concurrents.
J’ai toujours trouvé ce paradoxe fascinant en réalité. La manette GameCube pouvait être absoluement formidable avec Mario, Zelda ou Luigi, puis devenir presque inconfortable avec certains jeux pensés d’abord pour la PlayStation 2 ou la Xbox.
Mais c’est peut-être aussi pour cela qu’on l’aime autant. Parce qu’elle avait une personnalité. Elle ne cherchait pas à être universelle, symétrique ou parfaitement rationnelle. Elle était violette, orange ou translucide, avait un énorme bouton vert, un stick octogonal et une forme qui semblait sourire… et qui appelait à sourire.
Et 25 ans plus tard, il suffit simplement de la rebrancher pour se rappeler pourquoi on l’aimait. D’ailleurs, il existe un adaptateur pour brancher jusqu’à 4 manettes à sa Nintendo Switch 2.