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Test The Callisto Protocol : Dead Space Remake peut trembler

Il y a un peu plus de dix ans, Electronic Arts lançait un certain Dead Space. Une toute nouvelle licence, et un survival horror à tendance spatiale d’une intensité inédite, et dont le remake complet est prévu pour janvier 2023. En attendant, c’est The Callisto Protocol qui arrive sur nos consoles et PC. Un jeu signé Striking Distance Studios, studio dirigé par Glen Schofield, lequel a jadis co-créé la série… Dead Space. Rapidement, The Callisto Protocol s’est donc présenté comme un descendant spirituel, et après avoir terminé le jeu il y a quelques jours, il est grand temps de vous livrer notre avis complet.

Test Callisto Protocol PS5 Xbox
© Striking Distance Studios / Krafton

The Callisto Protocol, l’autre Dead Space en test !

Dans The Callisto Protocol, le joueur incarne Jacob Lee, un prisonnier détenu à Black Iron, une prison coloniale située sur la lune Callisto de Jupiter. Le tout se déroule en 2320 et peu de temps après son arrivée, la prison est plongée dans le chaos lorsque les détenus commencent à se transformer en créatures terrifiantes.. A noter qu’à l’origine, The Callisto Protocol devait initialement se situer dans l’univers de PlayerUnknown’s Battlegrounds, mais au final, le jeu n’a aucun lien avec PUBG (et c’est tant mieux !).

Les éclairages sont impressionnants

Le studio avait à cœur de proposer un vrai jeu narratif, et c’est tout naturellement que ce The Callisto Protocol débute par un prologue très immersif. Le jeu détaille progressivement les bases de son gameplay, afin de permettre au joueur d’amadouer chaque possibilité. Le jeu repose notamment sur un système de combats au corps à corps très pêchu (qui rappellera à certains l’excellent Condemned) avec des esquives placées sur le stick gauche, mais on pourra aussi mettre la main sur diverses armes de poing.

Comme c’était le cas sur Evil West il y a quelques jours, The Callisto Protocol fait l’impasse (et c’est tant mieux là aussi) sur certains aspects du jeu vidéo moderne, comme l’XP, le loot, le craft, la création de personnage, les quêtes annexes… A intervalle régulier, on pourra simplement tomber sur une imprimante 3D qui permettra de faire évoluer son équipement. La progression est linéaire (pas d’open world), avec un cheminement tout tracé, qui permet toutefois par moments de fouiller quelques pièces secondaires. Classique mais efficace.

The Callisto Protocol offre son lot de jump scares, sans jamais trop en faire

L’ensemble est très guidé, très immersif, à tel point que le jeu fait totalement l’impasse sur la moindre carte/map, et il faudra donc vous diriger « à l’ancienne« . L’ensemble est toutefois très savamment mis au point pour ne jamais perdre le joueur, tout en offrant une certaine liberté d’action, et c’est particulièrement satisfaisant à jouer.

Visuellement, quelle baffe !

D’un point de vue strictement technique, ce The Callisto Protocol est une énorme baffe, ni plus ni moins (sur notre version PS5). En effet, la gestion des éclairages est d’une beauté renversante, tout comme les effets de fumée, qui laissent deviner les silhouettes ennemies, le tout étant soutenu par un sound design sensationnel lorsque l’on entend les monstres se déplacer dans les conduits d’aération. L’ambiance est immersive à souhait, intense, violente, brutale, et chaque décor regorge de détails plus cradingues les uns que les autres, Jacob étant régulièrement maculé de sang et d’autres matières dont on devine la puanteur et la texture. Impressionnant.

Les visages versent clairement vers le photoréalisme. Bluffant !

Certes, vous n’aurez pas d’environnement gigantesque à la God of War Ragnarök ici, puisque l’on évolue la majeure partie du jeu dans un environnement clos et mal éclairé, façon Alien. Toutefois, cela n’empêche pas The Callisto Protocol de s’autoriser certaines séquences aussi surprenantes que palpitantes, en plus bien sûr de quelques jump scares bien placés. Certains décors, tout comme les visages ou encore les effets volumétriques, sont à la limite du photoréalisme, contrairement au rendu du feu, globalement assez loupé étrangement.

L’équipement est lourd, mais tout est fait en réalité pour restituer un côté très « naturel« , avec des coups très puissants, une démarche souvent difficile et des ennemis capables de vous occire en quelques secondes. Cela n’empêche pas des affrontements très violents, et même très dynamiques parfois, avec un système de verrouillage rapide pour dégainer son arme et tirer aussitôt après un enchainement. Le jeu propose trois modes de difficulté, et le mode Normal offre un challenge somme toute parfaitement équilibré.

Comme évoqué plus haut, le jeu emprunte de nombreux éléments à Dead Space. Outre l’ambiance générale très similaire, on retrouve ici le fait de pouvoir démembrer les ennemis pour faciliter leur extermination. Pensez-y. Par ailleurs, The Callisto Protocol est dénué de toute interface pendant le jeu. La barre de santé est symbolisée directement dans le cou de Jacob, le nombre de munitions s’affiche quant à lui sur l’arme.

Pas de radar indiquant l’objectif, pas de score, pas de map… On peut certes faire apparaitre un inventaire dynamique, mais le jeu fait que l’on a très rarement besoin de faire appel à lui, si ce n’est pour se débarrasser d’un objet dans sa besace. Une manière là encore de contribuer à une immersion totale.

Si Dead Space proposait un système de stase, permettant de ralentir les mouvements, The Callisto Protocol repose sur un système gravitationnel baptisé GRP. Ce dernier permet à Jacob d’attirer ennemis et objets, avant de les faire retomber au sol ou de les propulser à travers la pièce. Vous voyez un mur hérissé de pointes, une ventilation ou un rebord ? Vous savez ce qu’il vous reste à faire…

Si le système semble optionnel au début, sachez que ce même GRP pourra vous sortir de nombreuses situations périlleuses, et retourner en votre faveur de nombreuses situations qui paraissaient plus que critiques. Un élément de gameplay à ne surtout pas négliger, et dont le niveau est symbolisé là aussi directement par un indicateur visuel dans le cou du personnage. Génial.

The Callisto Protocol, un jeu sans défauts ?

Avec son côté « Dead Space next-gen« , The Callisto Protocol semble disposer de tous les ingrédients pour être un hit puissance. Et c’est vrai ! Pourtant, aussi immersif, beau et intelligent soit-il, le jeu souffre aussi de quelques lacunes. Outre quelques petits bugs mineurs (synchro labiale hasardeuse en VF, bugs audio…), le jeu dispose d’une gestion des checkpoints assez frustrante parfois, si bien que certaines morts vous imposeront de recommencer assez loin en amont, notamment si vous avez fouillé les environs plutôt que de faire évoluer la trame principale.

Aucune interface, la santé et la jauge de GRP sont affichées dans le cou de Jacob, les munitions restantes directement sur l’arme. Immersion garantie !

Comme indiqué plus haut, le jeu est très linéaire et dirigiste, et ne permet pas de « revenir en arrière » comme de nombreux autres jeux. Certes, vous pourrez (et devrez) parfois revenir un peu sur vos pas, mais The Callisto Protocol est un jeu où l’on progresse sans cesse, pensez donc à bien fouiller les zones avant de les quitter. A noter aussi une IA un peu aux fraises sur un certain type d’ennemi, flippant de prime abord, mais dont la surdité (en plus de la cécité) facilite grandement la vie du joueur.

Enfin, avec son côté très narratif et guidé, et à défaut de proposer des quêtes annexes et autres portions de jeu inutiles, The Callisto Protocol est un jeu relativement court. Comptez ainsi entre 7 et 10 heures pour voir le fin mot de l’histoire, en fouillant un minimum les niveaux.

C’est court oui, mais à nos yeux, et même si on aurait apprécié une ou deux heures de jeu en plus en compagnie de Jacob, c’est amplement suffisant pour un titre narratif comme celui-ci. C’est bref, mais intense comme on dit, et sans le moindre temps mort ou autre visant uniquement à gonfler la durée de vie. L’affrontement final aurait peut-être gagné à être un peu plus épique et moins convenu aussi, mais on chipote un peu.

Enfin, The Callisto Protocol ne propose pas de contenus dits « endgame« . Pas de mode Mercenaires à débloquer, pas d’arme bonus, pas de mode New Game+ ou autre qui permettrait de se relancer dans l’aventure ou même de fouiller les environnements déjà visités.

Tel un excellent film, le jeu se conclut une fois le générique de fin terminé. En ce qui nous concerne, on a adoré de bout en bout ce Callisto Protocol, mais on peut concevoir que ceux qui recherchent un minimum de rejouabilité une fois un jeu terminé seront forcément un peu désappointés ici.

Notre avis concernant The Callisto Protocol

N’y allons pas par quatre chemins, The Callisto Protocol figure (à nos yeux) parmi les meilleurs jeux de cette année 2022. Certes, il n’est pas aussi innovant/gigantesque que d’autres (Elden Ring, God of War Ragnarök…), mais l’immersion est extraordinaire, la technique est somptueuse (ces visages…) et ceux qui avaient apprécié Dead Space seront tout simplement comblés par cette suite spirituelle « next-gen » qui en reprend de nombreux ingrédients, tout en ajoutant sa propre touche personnelle. Quel ENORME kif !

The Callisto Protocol

9

Notre avis

9.0/10

On aime

  • Cette ambiance, WOW !
  • Techniquement impressionnant
  • Sound design irréprochable (doublages VF compris)
  • Mise en scène
  • Un jeu mature, à l'ancienne, sans fioritures
  • L'immersion TOTALE

On aime moins

  • 8/10 heures de jeu et basta
  • La gestion des checkpoints qui peut frustrer
  • Zéro rejouabilité