PSX : on revient sur la mystérieuse console Sony (à ne pas confondre avec la PlayStation)
On l’appelle PSX, comme la première PlayStation. Pourtant, cette étrange machine Sony n’avait rien d’une simple console. Lancée au Japon en 2003, elle mélangeait PS2, disque dur, tuner TV et graveur DVD dans un ambitieux (et étonnant) appareil multimédia.
Il suffit parfois de ressortir une vieille photo pour se rappeler à quel point Sony aimait expérimenter au début des années 2000. Et la PSX fait clairement partie de ces machines que l’on aurait aimé voir débarquer chez nous. Car contrairement à ce que son nom pourrait laisser penser, la PSX n’est pas la première PlayStation. C’est une machine à part entière, dérivée de la PlayStation 2, et probablement l’une des consoles les plus curieuses jamais imaginées par Sony, un peu à l’instar de la Panasonic Q, cette étonnante GameCube capable de lire… les DVD.
Une PS2 qui voulait aussi devenir le salon numérique
Lancée au Japon le 13 décembre 2003, la PSX était avant tout présentée comme un centre multimédia et un enregistreur vidéo numérique. Son ambition était assez simple sur le papier, à savoir réunir sous un même capot tout ce que l’on pouvait espérer trouver au milieu des années 2000 dans un salon moderne.
Et Sony n’avait pas vraiment lésiné sur les moyens. La PSX embarquait un disque dur de 160 ou 250 Go, un tuner TV, un lecteur et graveur DVD, ainsi que tout le nécessaire pour enregistrer des programmes télévisés, les stocker sur le disque dur puis les graver sur DVD. Elle pouvait également gérer des photos et de la musique, tout en profitant d’une interface qui allait laisser une petite trace dans l’histoire de Sony : le XrossMediaBar, ou XMB (que l’on allait retrouver notamment dans la PSP).
Cette interface horizontale, devenue familière avec la PSP donc, puis la PS3, faisait donc ses premiers pas sur cette drôle de machine. Rien que pour ça, la PSX mérite déjà une petite place dans l’histoire.
Et évidemment, puisqu’il s’agissait aussi d’une console, la machine pouvait faire tourner les jeux PlayStation et PlayStation 2. Sous son imposant châssis se cachait ainsi une architecture basée sur l’Emotion Engine et le Graphics Synthesizer de la PS2.
Une machine fascinante… mais beaucoup trop ambitieuse
Sur le papier, la PSX avait donc tout pour séduire. Dans la réalité, Sony avait peut-être simplement voulu en faire un peu trop.
La machine était imposante, avec ses quelque 5,8 kg sur la balance, et surtout particulièrement chère. Contrairement à la PS2, son positionnement hybride (à mi-chemin entre console de jeux, enregistreur numérique et centre multimédia) avait du mal à trouver son public. Pire encore : aucune manette n’était fournie de série. Il fallait acheter séparément une DualShock 2 blanche pour profiter de la partie jeu. Voilà qui nous ramène à une récente fake news évoquant la vente prochaine de la PS5 sans la moindre manette DualSense…
Malgré cette déferlante technologique, les ventes de la PSX ne décollent pas et Sony finit même par revoir fortement le prix de la machine en 2004. Les tarifs avaient été réduits jusqu’à 44 800 yens pour le modèle 160 Go et 59 800 yens pour la version 250 Go.
Et contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, la PSX n’a pas existé sous un unique modèle. Sony a décliné sa machine en pas moins de huit éditions différentes, avec notamment les DESR-5000 et DESR-5100 équipées d’un disque dur de 160 Go, puis les DESR-5500 et DESR-5700 dotées de 250 Go. Les dernières déclinaisons, les DESR-7000, DESR-7100, DESR-7500 et DESR-7700, reprenaient elles aussi un disque dur de 250 Go, tout en bénéficiant de différentes évolutions matérielles et logicielles.
Mais le mal était fait. La PSX ne connaîtra jamais la carrière internationale que Sony pouvait espérer. Sa commercialisation restera cantonnée au Japon et la firme finira par arrêter sa production en février 2005. L’Europe et les États-Unis n’auront donc jamais droit à une sortie officielle.
Et c’est peut-être ce qui rend aujourd’hui cette machine aussi mythique
À une époque où la PS2 trônait dans quantité de salons et où les DVD commençaient tout juste à devenir incontournables, Sony avait imaginé une sorte de PS2 XXL capable de devenir le cœur numérique du foyer. L’idée était finalement assez visionnaire. Elle était simplement arrivée avec un peu trop d’avance… et probablement un peu trop cher.
La PSX restera donc comme une curiosité, une console que beaucoup de joueurs européens connaissent surtout en photo. Une machine que l’on aurait aimé découvrir chez Micromania au détour d’un rayon, avant de constater son prix et de repartir finalement avec une PS2 « classique », mais néanmoins heureux d’avoir pu contempler une telle curiosité technologique.
Et surtout, rappelons-le une dernière fois : la PSX n’est pas la PlayStation. Mais avouons qu’aujourd’hui encore, cette drôle de PS2 qui voulait aussi être un magnétoscope numérique a quelque chose de sacrément attachant (mais ne pensez même pas à en faire l’acquisition sans avoir à débourser plus d’un millier d’euros pour un modèle fonctionnel…).