Test Orbitals sur Nintendo Switch 2, un jeu coopératif aussi malin qu’attachant
Et si le meilleur moyen de replonger dans l’ambiance du Club Dorothée était finalement de prendre une manette avec son enfant ? Testé avec ma fille de 8 ans, Orbitals offre une jolie aventure coopérative, entre énigmes, entraide et nostalgie des années 80/90.
Il y a quelque chose de particulièrement agréable dans ces jeux qui obligent deux joueurs à avancer ensemble. Depuis It Takes Two jusqu’à Split Fiction, la coopération exclusive est devenue un véritable genre à part entière. Orbitals s’inscrit dans cette famille, avec une proposition un peu moins ambitieuse, mais qui possède un petit quelque chose de particulièrement attachant.
Et pour juger de la pertinence d’un jeu coopératif familial, quoi de mieux que de le partager avec son enfant ? Orbitals a ainsi été testé à deux, entre père et fille de 8 ans, cette dernière ayant déjà quelques jeux vidéo dans les mains. Une configuration intéressante, car elle permet rapidement de se poser une question toute simple : est-ce que mon enfant s’amuse autant que moi ? La réponse arrive assez vite. Oui.
Orbitals sur Nintendo Switch 2 : le plaisir de jouer ensemble
Le principe d’Orbitals repose sur une idée finalement très simple, à savoir deux joueurs doivent progresser ensemble en venant à bout de différentes situations et énigmes. Et surtout, il faut communiquer. Se parler, s’entraider, observer ce que fait l’autre, se synchroniser et parfois recommencer, et recommencer encore lorsque l’on s’est un peu trop précipité.
C’est précisément cette mécanique de coopération qui rend l’expérience si agréable. On ne joue pas simplement « à deux », comme on le faisait jadis, on joue AVEC l’autre. Chacun doit trouver sa place et comprendre comment ses actions peuvent permettre à son partenaire d’avancer.
Et c’est là que l’expérience prend une tournure presque pédagogique, sans jamais le devenir réellement. Le parent peut aider, évidemment, mais l’enfant peut aussi trouver la solution avant lui. Il faut parfois accepter d’écouter l’instinct de l’autre, d’écouter sa proposition et de reconnaître qu’il avait raison. Finalement, qu’est-ce que je peux lui transmettre ? Peut-être simplement le goût de chercher ensemble plutôt que de chercher à sa place.
Bonne nouvelle également pour les parents qui souhaiteraient partager l’expérience avec un enfant : la difficulté reste globalement très accessible. La progression repose davantage sur la logique, l’observation et la coordination que sur des réflexes particulièrement exigeants. Notre binôme père-fille a ainsi pu avancer sans jamais avoir l’impression de se heurter à un mur infranchissable.
Et lorsque l’on trouve enfin la solution après quelques secondes de réflexion, le petit « Ah, mais oui ! » qui suit vaut finalement presque autant que la réussite elle-même.
Un gameplay accessible, sans personnage à maîtriser
Autre particularité appréciable ici, contrairement à It Takes Two ou Split Fiction, Orbitals ne repose pas sur des personnages disposant chacun de capacités radicalement différentes. Le choix du personnage (une fille Maki ou un garçon Omura) n’impose donc pas une manière particulière de jouer.
La prise en main est extrêmement rapide et permet de se concentrer immédiatement sur l’essentiel : comprendre l’environnement et collaborer avec son partenaire. Pour un enfant qui n’a pas nécessairement des dizaines d’heures de jeux coopératifs au compteur, c’est un vrai avantage. Pas besoin de mémoriser une liste de capacités ou de comprendre les subtilités d’un personnage avant de commencer à réellement jouer.
Ici, chacun peut rapidement participer. Et c’est important lorsqu’on partage une partie avec son enfant, l’objectif n’étant pas que le parent joue pendant que l’enfant regarde.
Orbitals multiplie par ailleurs les possibilités pour jouer à deux. On peut évidemment profiter du traditionnel mode coopératif en local (quel plaisir !), confortablement installé sur le canapé avec deux manettes. Une formule qui reste, à mes yeux, l’une des plus agréables lorsqu’il s’agit de partager un jeu avec un enfant.
Mais le titre permet également de jouer en ligne, et ce, avec un seul exemplaire du jeu. Encore plus intéressant, le GameShare de la Switch 2 permet à deux joueurs de jouer chacun depuis leur propre console. Et l’une des bonnes surprises concerne la compatibilité puisque le second joueur peut même profiter de l’expérience depuis une Nintendo Switch de première génération. A noter que l’affichage reste constamment scindé verticalement, y compris lorsque chacun joue sur sa machine.
Une souplesse particulièrement bienvenue à l’heure où les familles peuvent disposer de plusieurs consoles Nintendo à la maison. On peut donc commencer une partie dans le salon, ou décider de poursuivre chacun sur sa machine. Dans tous les cas, Orbitals garde cette philosophie : deux joueurs, une aventure et une nécessité permanente de s’entraider.
Une vraie madeleine de Proust façon Club Dorothée
Mais s’il y a bien un domaine dans lequel Orbitals nous a particulièrement séduits, c’est sa direction artistique. Le jeu affiche une esthétique qui évoque immédiatement les séries animées des années 80 et 90. Il y a quelque chose de très « Club Dorothée » dans ses personnages, ses couleurs et son univers. Une petite madeleine de Proust pour les parents qui ont grandi devant les dessins animés de cette époque, mais qui fonctionne aussi très bien auprès des plus jeunes.
Et c’est peut-être là que se produit une autre forme de transmission. Le parent reconnaît des codes visuels qui ont bercé son enfance, tandis que l’enfant les découvre sans forcément leur associer les mêmes souvenirs. Est-ce que ma fille voit la même chose que moi à l’écran ? Probablement pas. Mais elle accroche aux personnages, à l’univers et à l’aventure. Et c’est finalement le plus important.
La bande-son participe elle aussi pleinement à cette ambiance. Les musiques accompagnent l’aventure avec une identité particulièrement marquée et, surtout, une belle capacité à réveiller quelques souvenirs enfouis. C’est nostalgique, mais sans tomber dans la simple compilation de références destinées à faire sourire les quarantenaires.
Le casting vocal français mérite également d’être souligné, avec notamment Brigitte Lecordier, bien connue des amateurs de doublage, qui prête sa voix au personnage de Kinakoko. Une présence qui renforce encore cette sensation de retrouver un dessin animé que l’on aurait oublié de regarder à la télévision.
Les personnages sont d’ailleurs rapidement attachants. Et si les petites activités annexes et autres mini-jeux proposés autour de l’aventure ne sont pas indispensables, ils contribuent à donner davantage de vie à cet univers. On les fait parfois simplement parce qu’ils sont là… et c’est justement leur intérêt.
Ce sont ces petits détails qui permettent aussi de faire une pause entre deux énigmes, de regarder ce qui nous entoure ou simplement de partager un moment qui n’a pas forcément d’autre objectif que de s’amuser. Et si c’était ça, finalement, le jeu vidéo en famille ? Pas nécessairement optimiser chaque minute, mais prendre le temps de jouer ensemble.
Quelques défauts, mais une aventure qui se dévore
Tout n’est évidemment pas parfait. Orbitals manque parfois un peu d’originalité dans ses mécaniques et certaines situations donnent une légère impression de déjà-vu. Rien de rédhibitoire, mais difficile de ne pas penser à certaines productions qui ont déjà exploré plus loin le concept de coopération.
L’interface peut également se montrer assez chargée, notamment lorsque plusieurs objectifs apparaissent simultanément à l’écran. On aurait parfois apprécié pouvoir masquer tout cela d’une simple pression sur un bouton, afin de profiter davantage de l’environnement sans avoir constamment sous les yeux une succession d’indications.
Ce point est d’ailleurs plus visible lorsqu’on joue avec un enfant. Là où le parent peut rapidement faire abstraction de certaines informations affichées à l’écran, un joueur plus jeune peut parfois se retrouver avec beaucoup d’éléments à assimiler. Rien qui empêche réellement la progression, mais une interface un peu plus épurée aurait gagné en confort (et cela arrivera peut-être via une mise à jour qui sait ?).
Enfin, la durée de vie pourra laisser certains joueurs sur leur faim. Comptez environ 6 à 8 heures pour venir à bout de l’aventure, selon votre rythme et votre aisance face aux différentes énigmes. C’est relativement court, certes, mais il faut aussi reconnaître que le jeu ne tire jamais inutilement sur la corde. Et dans le cadre d’une expérience familiale, cette durée peut même se révéler plutôt bien calibrée. On avance à son rythme, on fait quelques pauses, on revient plus tard. L’objectif n’est finalement pas de « terminer le jeu le plus vite possible », mais de profiter du chemin parcouru ensemble.
Orbitals va à l’essentiel et, de la première à la dernière minute, conserve un rythme agréable. On aurait peut-être aimé quelques heures supplémentaires, mais difficile de lui reprocher de savoir s’arrêter avant de devenir répétitif.
Notre avis concernant Orbitals sur Nintendo Switch 2
Orbitals n’est certainement pas le jeu coopératif le plus révolutionnaire auquel nous ayons joué. Mais il possède quelque chose de beaucoup plus difficile à quantifier, une véritable capacité à créer un moment partagé. Entre ses énigmes accessibles, ses personnages attachants, sa direction artistique qui semble tout droit sortie d’un dessin animé de notre enfance et cette bande-son délicieusement nostalgique, le titre fonctionne aussi bien auprès des parents que des enfants. Jouer avec ma fille de 8 ans aura finalement été l’occasion de constater que certaines émotions vidéoludiques se transmettent très bien d’une génération à l’autre. Elle découvre un univers qui lui est contemporain, tandis que je retrouve quelques sensations de mon enfance. On discute, on cherche, on se trompe, on recommence et surtout, on progresse et on s’amuse ensemble. Et finalement, c’est sans doute ça, le plus important.