NBA 2K25 va déjà disparaître : votre jeu acheté (à prix fort) ne vous appartient pas vraiment (épisode 2502)
À peine deux ans après sa sortie, NBA 2K25 va être retiré de la vente et plusieurs de ses fonctionnalités majeures vont disparaître. Une nouvelle illustration des limites du jeu vidéo connecté… et de la notion de propriété numérique.
Il y a un constat de plus en plus troublant dans l’industrie du jeu vidéo moderne : vous pouvez débourser 70 euros pour un titre, y investir des centaines d’heures, puis découvrir deux ans plus tard qu’une partie essentielle de votre achat va tout simplement être effacée. C’est le coup de massue que viennent de recevoir les fans de basket, puisque NBA 2K25 prépare déjà sa disparition.
Une durée de vie anormalement courte
L’éditeur 2K a officialisé son calendrier. NBA 2K25 sera retiré de la vente dès le 30 octobre 2026, avant la coupure définitive de ses services en ligne le 31 décembre 2026. En d’autres termes, à compter du 1er janvier 2027, des pans entiers du jeu deviendront totalement inaccessibles.
« À compter du 1ᵉʳ janvier 2027, vous ne pourrez plus jouer en multijoueur ni accéder aux modes de jeu en ligne. Les modes Ma CARRIÈRE et Mon ÉQUIPE ne seront plus disponibles, et il ne sera plus possible de gagner de monnaie virtuelle (VC). Vous pourrez toujours profiter des modes Jouer maintenant, MyNBA, The W et MyWNBA, mais toutes les fonctionnalités nécessitant une connexion aux serveurs 2K seront indisponibles. Cela inclut le multijoueur, les ligues en ligne et le partage communautaire » explique l’éditeur.
Sorti en septembre 2024, le titre n’aura passé qu’un peu plus de deux ans dans les rayons. Si les modes hors ligne (Play Now, MyNBA, The W) resteront exécutables pour les possesseurs du jeu, toutes les expériences interconnectées s’arrêteront net.
Par ailleurs, NBA 2K fait partie de ces séries dont le prix a tendance à fondre rapidement après leur sortie. Quelques semaines ou quelques mois suffisent généralement pour voir le tarif du nouvel épisode devenir nettement plus accessible.
Une bonne nouvelle pour les joueurs patients, évidemment, mais dont la récente décision de l’éditeur rend la durée de vie commerciale du jeu encore plus « particulière »…
Le spectre du scandale The Crew
Ce cas rappelle inévitablement la polémique provoquée par Ubisoft autour de The Crew. Retiré des boutiques en décembre 2023 puis débranché en mars 2024, le jeu d’action avait laissé des milliers de joueurs face à un écran noir, relançant le débat mondial autour de l’initiative « Stop Killing Games ».
Aujourd’hui, les géants de la tech ne s’en cachent plus. Sony l’a d’ailleurs inscrit noir sur blanc dans les conditions du PlayStation Store : lors d’un achat numérique, le joueur n’acquiert qu’une licence d’utilisation individuelle et révocable, et non la propriété du produit.
Quand les cartouches de 1988 battent les jeux de 2025
Ce modèle économique met en lumière un contraste saisissant avec l’histoire du médium. A défaut d’Internet, les cartouches et disques d’antan (NES, Mega Drive, GameCube, PS2…) insérées dans une console trente ou quarante ans plus tard fonctionnent instantanément, sans aucun serveur ni connexion requise.
Pour ce qui est des jeux physiques et dématérialisés modernes, un abonnement coupé, une licence expirée ou un serveur débranché peuvent suffire à transformer un blockbuster à 70 € en coquille vide. Alors oui, les services en ligne ont apporté des fonctionnalités inédites (et parfois ultra confortables), mais ils ont aussi installé une grande précarité (sans parler du système de mise à jour qui a parfois tendance à permettre le lancement de jeux clairement non finalisés).
On le sait désormais, acheter un jeu dématérialisé revient à louer un accès temporaire. Face à cette obsolescence programmée, nos vieilles cartouches retro semblent plus que jamais vouées à devenir les ultimes coffres-forts de notre patrimoine vidéoludique. Rallumez votre Super NES ou votre Mega Drive, relancez ce bon vieux NBA JAM. Non seulement ça fonctionne encore, et en plus de ça, ça fait toujours un bien fou.