Test iRacing Arcade, la simulation auto s’offre une récréation survitaminée

Après des décennies de règne sur le simracing ultra-réaliste, iRacing tente un pari audacieux : séduire le grand public. Loin de la télémétrie complexe et des licences de pilotage rigides, iRacing Arcade débarque sur PC avec une promesse de fun immédiat. Voici notre test complet.

iracing arcade
© iRacing Studios

Une présentation esthétique et rafraîchissante

Ce virage stylistique et ludique n’est pas le fruit du hasard. iRacing Arcade est en réalité développé par l’équipe derrière le jeu indépendant acclamé, Circuit Superstars. Ce lien de parenté est immédiatement palpable.

L’esthétique « cartoon réaliste » en vue légèrement plongeante, la gestion des couleurs saturées et, surtout, cette approche du handling à la fois précis et indulgent rappellent fortement le travail effectué par ce studio. C’est une filiation qui explique l’efficacité de la transition d’iRacing vers l’arcade, garantissant que le jeu soit plus qu’un simple spin-off dénaturé.

D’ailleurs, dès le premier lancement, le choc visuel est positif. iRacing Arcade abandonne l’austérité de son grand frère pour une direction artistique stylisée, à mi-chemin entre le réalisme et le « low-poly » moderne. C’est propre, coloré et surtout extrêmement fluide.

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L’interface a été passée à la moulinette du minimalisme : on navigue avec une aisance déconcertante, loin des usines à gaz habituelles du genre. C’est un jeu qui a « de la gueule » sans essayer de copier un Forza ou un Gran Turismo, et ce parti pris esthétique lui donne une identité forte et accueillante.

Un contenu assez maigre, mais c’est le but

Malgré son orientation arcade, le jeu ne renie pas ses racines. On y retrouve un contenu généreux avec des circuits réels comme Imola, Darlington ou Interlagos, réimaginés pour coller au style visuel du titre et surtout réduits en longueur. Eh oui, il faut bien être cohérent avec les petites proportions des voitures.

La sélection de véhicules pour le garage, bien que limitée à huit types (des NASCAR aux monoplaces en passant par des prototypes), offre une variété notable. Chaque catégorie présente un comportement de conduite distinct. Cependant, après quelques tours de piste, leurs caractéristiques deviennent assez faciles à appréhender. Sans aller jusqu’à l’analyse pointue des transferts de masse, de l’aérodynamisme ou des rapports poids/puissance, la différence entre ces véhicules est palpable, notamment en termes de vitesse.

Si l’immédiateté du plaisir est l’atout majeur d’iRacing Arcade, il faut reconnaître que cette simplicité  ses limites. Le modèle de progression et les modes de jeu, bien que fonctionnels, manquent de l’ambition et de la complexité que l’on pourrait attendre d’un titre portant le nom d’iRacing.

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Le jeu propose une structure classique reposant sur trois piliers : le Mode Carrière, qui permet de débloquer de nouveaux véhicules et circuits à travers des saisons thématiques, offrant une bonne ligne directrice initiale ; le Mode Freeplay (Jeu Libre), qui sert à s’entraîner ou faire des courses rapides sur n’importe quelle combinaison piste/voiture débloquée.

Le mode Multijoueur est l’essence même de la compétition, mais il est important de noter qu’il n’est accessible qu’en parties privées sur invitation. De plus, lors de notre phase de test, il a semblé qu’un abonnement à iRacing (le premier) était requis pour y accéder. Bien que les développeurs affirment le contraire, nous n’avons pas été en mesure de jouer en ligne.

Retour sur le mode carrière

Le mode carrière, structuré autour de la progression dans des saisons thématiques, offre une durée de vie honnête pour un titre de cette gamme de prix. Il est divisé en week-ends de course où il est possible de créer son petit campus, de le décorer, de développer de nouveaux boosts et même d’engager des pilotes pour courir à votre place.

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C’est donc dans la répétitivité de ces structures que le joueur le plus assidu pourrait trouver le temps long, faute de systèmes profonds de gestion d’équipe, de personnalisation mécanique (au-delà de l’esthétique) ou d’un classement compétitif permanent qui incite à revenir jour après jour. Le titre excelle en tant que « jeu de course plaisir », mais peine à s’imposer comme un « jeu de course à long terme » pour les vétérans.

Tout dépend de ce que vous attendez d’iRacing Arcade. Si vous recherchez un jeu axé sur le défi et la course constante au meilleur temps, le mode carrière à progression linéaire vous conviendra parfaitement. En revanche, si vous aspirez à une expérience plus riche et plus profonde, ce jeu ne sera pas le bon choix, car vous risquez de vous lasser rapidement.

Des sensations tout de suite accessibles

Manette en main, le plaisir est instantané. Le titre adopte une philosophie « Plug & Play » où la voiture réagit au doigt et à l’œil. Les virages s’enchaînent, mais peuvent être punitifs. On se surprend à enchaîner les dérapages avec un grand sourire.

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Cependant, cette accessibilité se fait parfois au détriment de la profondeur. Pour les habitués de la marque, l’absence de retour d’information subtil dans la direction ou la physique très indulgente des collisions pourra laisser un goût d’inachevé. À vouloir être trop approchable, le titre gomme parfois l’aspect « défi » qui fait le sel du sport automobile. Pas de différence de temps entre la voiture de devant et celle de derrière, un système de pénalité uniquement contre le fautif (si on vous a poussé, par exemple), pas de course qualificative en carrière… alors que c’est disponible en course libre.

On apprécie l’aspect « simulation » avec une gestion de la fatigue du pilote, des pneus et de l’essence. Le jeu arrive à nous faire ressentir la pression lors de l’arrêt au stand, qui doit être bien géré. L’équipe s’occupera du changement du pilote, puis de l’essence et enfin du changement des pneus. Il est possible d’arrêter une équipe quand vous voulez repartir plus vite que prévu en accélérant. Vous n’aurez peut-être pas de pneus neufs, mais assez d’essence pour finir. Assez exaltant parfois.

Testé majoritairement sur Steam Deck, le jeu iRacing atteint plus de 80 images par seconde, en contrepartie de quelques ajustements graphiques. Il fonctionne d’ailleurs parfaitement, même sur des configurations PC moins puissantes. Toutefois, nous attendons des mises à jour pour corriger les problèmes de lags qui peuvent survenir et qui sont susceptibles de compromettre l’issue des courses.

L’impression est véritablement celle de jouer à Circuit Superstars, mais sans la perspective en vue de dessus. C’est d’ailleurs frappant de constater que la quasi-totalité des éléments graphiques (classement, logos, police, autres éléments visuels) ont été repris tels quels.

Notre avis concernant iRacing Arcade

iRacing Arcade réussit son pari principal : rendre la course automobile fun et accessible à tous, des plus jeunes aux pilotes du dimanche. C’est un titre solaire, visuellement réussi et techniquement irréprochable sur PC. S’il manque parfois de « mordant » pour les puristes et s’il souffre de quelques manques dans ses modes de jeu, il s’impose comme une alternative sérieuse pour ceux qui cherchent à retrouver le plaisir des jeux de course des années 90 avec une finition moderne.

Faites bien attention à ce que vous recherchez : du fun immédiat ou quelque chose de plus profond. iRacing Arcade porte bien son nom. Finalement, il n’a rien emprunté à l’iRacing premier du nom, sauf quelques licences de circuits. Pour le reste, il s’agit vraiment d’un Circuit Superstars en vue à la troisième personne. Et pour le coup, comme son prédécesseur, c’est un pari réussi.

iRacing Arcade

7

Note Globale

7.0/10