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Test Sony Xperia 5 III : le téléphone qui vous rend créatif ?

À mi-chemin entre le Xperia 10 III et le Xperia 1 III, le Xperia 5 III est l’entrée du haut de gamme de Sony. Ces derniers ne sont pas forcément connus par le grand publique, européen du moins, pour leurs smartphones. Tout le monde connaît PlayStation, leur matériel audiovisuel et le reste. Mais Xperia, leur branche smartphone, n’a, à mon goût, jamais été assez mise en avant sur ce casse-tête qu’est le marché de la téléphonie moderne. Pourtant Xperia n’est pas né hier, et, on le ressent à travers ce modèle qui prouve que la division smartphone de l’entreprise nippone est autre chose qu’un constructeur de plus sur un marché déjà saturé. Voici notre test du Sony Xperia 5 III.

Un design pratique, élégant et… glissant

Dès le déballage, on est frappé par le corps très fin du téléphone. En effet ce dernier embarque un écran 21/9 de 6 pouces. Mais au lieu d’agrandir le tout pour respecter les normes de largeur, Sony a justement préféré amputer sur la largeur pour obtenir le ratio voulu, créant de ce fait un nouveau bon point pour ce Xperia 5 III : sa maniabilité.

Si d’habitude, je dois jouer au levier avec mes doigts pour atteindre certaines parties de l’écran des téléphones, les mesures de celui-là font que je peux atteindre presque 80% de la surface de l’écran sans avoir à faire d’autres mouvements que tendre mon pouce, pourtant il n’est pas moins haut qu’un téléphone classique, juste moins large.

© Mathis pour THM Magazine

Et si au début cela rend l’expérience étrange, à force de l’utiliser j’ai trouvé ça vraiment agréable. Surtout qu’en conséquence le téléphone tient vraiment bien dans la main. On notera aussi le capteur d’empreinte, logé dans le bouton d’alimentation placé au milieu de la tranche droite, qui vient directement sous notre pouce quand on prend le téléphone en main, le déverrouillage est ainsi presque oublié.

© Mathis pour THM Magazine

De plus le bloc photo tout en longueur, ne dépassant qu’assez peu et logé dans le coin supérieur gauche renforce l’aspect sobre et élégant de l’objet, rien n’est laissé au hasard dans ce design… SAUF UNE CHOSE, quelque chose de très agaçant : le dos du téléphone est extrêmement glissant. A tel point qu’il m’est arrivé de laisser le téléphone sur une pente vraiment légère et de le voir glisser vers le bord du bureau du coin de l’œil.

Ainsi, il a dû faire 3 ou 4 chutes en deux semaines, au moins je pourrais vous affirmer qu’il est très résistant aux chocs. Mais comme chaque bel homme mérite de beaux vêtements, mettez-lui une coque, c’est plus prudent.

© Mathis pour THM Magazine

Un appareil polyvalent

Avant d’aborder ce que met le plus en avant Sony avec ce téléphone, c’est à dire la photo/vidéo, il faut faire un petit tour de l’expérience globale que propose l’Xperia 5 III. Côté performance il n’y a rien à redire, équipé d’un Snapdragon 888 avec une Adreno 660 et 8Go de RAM il va sans dire qu’il n’a aucuns problèmes en multitâche ou en jeu. Je n’ai jamais eu besoin de fermer les applications qui tournaient en fond et en jeu il se débrouille vraiment bien. J’ai fait un petit test sur Genshin Impact, un jeu bien gourmand comme il faut quand on le pousse au max, et il tournait parfaitement en moyen, en élevé je n’ai presque pas rencontré de problèmes, sauf dans des zones denses, mais entre les deux je tournais à 30 fps constamment avec la résolution au maximum et le reste en moyen/élevé.

Compatible 5G, Wifi 6 et Bluetooth 5.2, NFC, équipé d’un port jack 3,5 mm et d’un emplacement microSD il propose tout ce qu’on peut attendre d’un téléphone haut de gamme sur le plan connectique mais les deux derniers points souvent présents chez l’entrée de gamme sont en réalité bien utiles pour un téléphone qui se veut orienté audiovisuel. Au niveau de l’écran on retrouve quelque chose de très bon mais d’assez classique pour cette gamme : une dalle OLED de 6,08 pouces (oui ici on est précis) d’une résolution de 1080 x 2520 px (un ratio de 21/9 comme annoncé précédemment) ; compatible HDR10+ et Rec.2020 pour l’espace colorimétrique. Et évidemment, du 120 Hz.

© Mathis pour THM Magazine

Initialement j’avais peur que la batterie encaisse mal les 120Hz, sans oublier des specs élevés mais finalement elle tient très bien la journée avec ses 4500 mAh. En partant à 85% je rentre à 30% en utilisation normale et souvent un peu moins de 20% quand je joue entre temps, ce qui est largement suffisant. On note aussi que le téléphone est rapidement chargé avec la charge 30W.

Le software est très basique : une version d’Android 12 presque brute, Sony ont rajouté des applications photo/vidéo propriétaires que nous évoquerons juste après et quelques options côté gaming ou gamme de couleur. J’ai juste à signaler quelques petits crashs de temps en temps sur leurs app mais c’est extrêmement rare donc rien d’alarmant.

Une expérience photo/vidéo unique :

Avec cette nouvelle série, Sony mettent l’accent sur la photo et la vidéo. Mais ils vont à l’essentiel, pas d’options superflues. Juste un trio d’objectifs, leurs logiciels et vous. Alors voici les specs matérielles de ce bloc photo :

  • L’objectif principal : 26mm f/1.7, capteur 12 Mpx
  • Un ultra grand angle : 16mm, f/2.2, capteur 12 Mpx
  • Un téléobjectif à focale variable : 70-105mm, f/2.3 – f/2.8, capteur 12 Mpx

Sur la face avant on retrouve un petit capteur de 8 Mpx et un objectif qui ouvre à f/2. Et surprise, sur la tranche droite du téléphone on retrouve un bouton déclencheur à double pression. Ainsi on peut prendre le téléphone comme un appareil photo et faire la mise au point puis déclencher depuis ce bouton. C’est vraiment agréable à l’utilisation et ça permet de libérer de la place sur l’app photo dédiée.

Justement cette application, parlons-en : quand vous lancez “Photo pro” vous arrivez sur une app photo basique. Sur ce point je n’ai pas grand-chose à ajouter, toute la partie intéressante se déroule un peu plus haut. Vous pouvez dérouler un menu sous forme de roue dans lequel vous pourrez choisir parmi quelques modes : “Automatique”, “Programme automatique”, “Priorité vitesse”, “Manuel”. Si vous avez un appareil photo vous les reconnaîtrez, ce sont des modes que l’on retrouve sur tous les appareils photo et ces derniers vous permettront, comme sur un appareil, de maîtriser complètement votre scène. Effectivement il y a eu une collaboration entre les équipes Xperia et Sony Alpha (leur gamme d’appareils photo) pour développer cette partie du téléphone, il pourra donc se comporter comme ceux-là.

Et ce rapprochement se fait très rapidement quand on s’attarde sur l’autofocus vraiment performant. La mise au point se fait très rapidement, l’appareil détecte tout seul dans la plupart des cas le sujet. Sinon une option de suivi de mouvement est présente et marche vraiment bien. Je l’ai poussé au bout de ses capacités et il faut vraiment le vouloir pour lui faire lâcher prise, c’est du très bon travail qui a été fait sur cette partie.

Comparons donc les différents modules du bloc photo

Pour commencer il faut remarquer que les couleurs sont cohérentes lorsqu’on change de capteur. Il faudra peut-être juste redonner un peu de saturation aux photos prises avec le téléobjectif.

  • Le module principal

Dans toutes les situations il se débrouille plutôt bien, j’aurais pu dire vraiment bien mais il y a un problème, le manque de piqué. Et le petit capteur est aussi responsable je pense d’un léger lissage. Ces deux points font que sur la majorité des photos on n’aura pas de problèmes mais dès qu’il y a beaucoup de détails et qu’on cherche à zoomer sur un élément, la photo perd de sa superbe. Par contre, un point qui m’a bluffé c’est la précision des couleurs peu importe la situation, surtout sur des scènes sombres. L’appareil restitue presque à la perfection les couleurs, un exercice compliqué chez les concurrents qui ont tendance à les vivifier un peu trop, par exemple chez OnePlus ou Samsung.

© Mathis pour THM Magazine

Ici la lumière était assez faible, mais l’appareil a su garder des couleurs fidèles (bon, juste un petit problème de focus mais c’est ma faute)

  • Le téléobjectif à focale variable :

On y retrouve le même problème que sur le module principal, les scènes manquent généralement de précision. Sur certaines photos on peut apercevoir un peu d’aberration chromatique mais il se débrouille vraiment bien face à de très hautes lumières comme un ciel blanc, on arrive à garder un niveau de détail relativement bon et les couleurs ne sont vraiment pas impactées par cette luminosité.

© Mathis pour THM Magazine

Lors du changement de 70 à 105mm on remarque assez peu de différences entre les images, c’est vraiment l’avantage de cette focale variable et c’est dommage qu’il y ait ce problème de piqué/clarté car il aurait pu être excellent de ce côté.

  • L’ultra grand angle :

Pour le coup ce dernier est une vraie surprise. Je n’avais pas de concurrent direct sous la main pour comparer mais le niveau de détail est vraiment bien conservé. Les couleurs sont encore une fois très fidèles et cela me confirme que la gestion des couleurs est vraiment le gros point fort de cet Xperia 5 III.

Et côté vidéo ?

Pour moi c’est vraiment ce point qui fait sa force. Comme pour la photo, on retrouve une application dédiée. Cinema Pro a vraiment fait de ce téléphone mon jouet ces deux dernières semaines. Tout d’abord l’application raisonne en “projets”. En fait vous allez pouvoir regrouper des vidéos sensées aller ensemble dans un groupe qui permettra de leur appliquer les mêmes réglages de bases. Votre résolution sera donc fixe pour toutes les vidéos d’un projet mais aussi les FPS minimum de ce dernier. Ainsi, finit les inégalités accidentelles au montage qui rendront certains ralentis inexploitables ou le fichier x qui a une résolution différente et qu’on devra donc upscale. (oui ça sent le vécu)

Le téléphone filme donc de 24 FPS minimum (23.98 pour être précis) à 120 (119.88) FPS maximum. Une plage ISO de 64 à 800, une vitesse d’obturation de 1/6165 à 1/24, une balance des blancs réglable manuellement et une option de focus manuel très intéressante : vous pouvez définir deux points sur une échelle de mise au point et aller de l’un à l’autre automatiquement, rendant ainsi une mise au point précise et fluide. Le temps que met le focus à s’effectuer est évidemment réglable.

C’est vraiment toutes ces options qui font qu’on est très libres sur la création et pour de l’utilisation mobile c’est bien fait et agréable. Une seule chose est décevante c’est la stabilisation qui est vraiment mauvaise, même en faisant attention ça tremble beaucoup, donc le coupler à un bon stabilisateur 3 axes est recommandable.

Ci dessus, un petit exemple de ce que j’ai pu filmer en 2h top chrono avec ce téléphone. Aucune retouche colorimétrique derrière, les vidéos sont brutes.

Notre avis concernant le Sony Xperia 5 III

Malgré plusieurs défauts apparents, ce smartphone Sony Xperia 5 III transpire de bonnes idées et d’originalité. Avec cette nouvelle série, Sony est réellement en train de (re)définir l’identité d’Xperia et ce modèle n’a pas manqué de me surprendre, de par son aspect logiciel simple dans l’ensemble mais très complet sur ce qu’il fait le mieux : la photo et la vidéo ou simplement de par son aspect physique avec ce format atypique qui rend l’expérience agréable.

Sony Xperia 5 III

8

Note Globale

8.0/10

On aime

  • Une forme agréable en main
  • Une batterie solide
  • Des performances au rendez-vous
  • Un écran de qualité et des couleurs très fidèles
  • Des applications photo et vidéo avancées et complètes
  • L’emplacement microSD cohérent avec l’utilisation de l’appareil

On aime moins

  • Un revêtement très glissant
  • Un léger manque de précision sur les clichés
  • Une mauvaise stabilisation vidéo