PS5 et Xbox Series : et si cette génération devait finalement durer bien plus longtemps que prévu ?
Voilà bientôt 6 ans que la PS5 et les Xbox Series X|S ont débarqué dans nos salons. Et alors que le prix des consoles a littéralement explosé, l’idée d’une génération qui s’éternise commence presque à sembler logique.
En 2020, la PlayStation 5 et les Xbox Series X|S ouvraient officiellement une nouvelle génération. Six ans plus tard, le constat est assez étonnant : le gap avec la génération précédente n’a jamais été extraordinaire, les tarifs des consoles ont explosé, et le besoin de passer à la suivante ne saute pas franchement aux yeux. Mieux encore, une partie des joueurs semble parfaitement satisfaite de son matériel actuel.
La génération PS5 a déjà réglé plusieurs gros problèmes
C’est en tout cas ce que souligne Shuhei Yoshida, ancien patron de PlayStation Worldwide Studios, dans une récente interview relayée par Kotaku. Selon lui, Sony aurait tout intérêt à faire durer la génération PS5 aussi longtemps que possible. Les joueurs disposant déjà d’une PS5, d’une Switch 2 ou d’un PC suffisamment puissant n’auraient pas forcément envie de remettre la main au portefeuille pour gagner encore quelques téraflops.
Bien que la génération soit décevante pour beaucoup, il faut revenir aussi sur ce que la PS5 et les Xbox Series ont réellement changé. Le SSD, par exemple, a profondément modifié l’expérience utilisateur sur console. Les temps de chargement ont été considérablement réduits, tandis que la PS5 a ajouté le retour haptique et les gâchettes adaptatives de la DualSense. A cela s’ajoutent quelques évolutions techniques indéniables, bien que parfois difficiles à déceler. Des évolutions qui touchent souvent directement la manière de jouer, plutôt qu’une simple hausse de résolution.
Le problème, c’est que la génération actuelle a également atteint une forme de plafond technologique concernant la démonstration graphique. Oui, les jeux PS5 sont plus beaux que ceux de la PS4. Mais le gap visuel est difficilement comparable à celui observé entre une PlayStation et une PlayStation 2 au début des années 2000, ou même entre une PS2 et une PS3.
Les effets de lumière, les textures, la densité des décors et les performances ont progressé, mais les différences deviennent plus difficiles à percevoir immédiatement.
Il faut dire que l’on a connu, dans les années 90 et 2000, des changements de génération qui donnaient véritablement l’impression de changer de monde. Passer de la Mega Drive à la Saturn, de la Super Nintendo à la PlayStation, puis de la PS1 à la PS2, c’était découvrir des univers qui semblaient soudainement impossibles quelques années plus tôt. Les personnages gagnaient en volume, les décors devenaient plus vastes, les effets 3D explosaient à l’écran et certaines scènes semblaient presque relever de la science-fiction.
À l’époque, lancer un nouveau jeu après avoir changé de console provoquait (presque) constamment ce fameux effet « waouh » que l’on a finalement très peu ressenti depuis la bascule en novembre 2020.
La longévité de la génération PS4/Xbox One en dit long également. Jusqu’à tout récemment (et aujourd’hui encore), des jeux ont continué de sortir sur PS4 et Xbox One, parfois en parallèle de leurs versions PS5 et Xbox Series. De très nombreux titres ont ainsi continué à faire vivre la génération précédente.
Le véritable problème pourrait finalement être le prix des prochaines consoles
Il y a enfin un argument beaucoup plus terre-à-terre : combien faudrait-il payer pour une éventuelle PS6 ? La PS5 vient déjà de subir plusieurs augmentations. Depuis avril 2026, son tarif conseillé en Europe atteint 649,99 €, contre 599,99 € pour l’édition numérique. La PS5 Pro est, elle, affichée à 899,99 €.
C’est « pire » encore chez Microsoft, avec une Xbox Series X lancée à 499 € en 2020, et aujourd’hui affichée… à 799 €.
« Je ne pense pas que beaucoup de gens réclament davantage de puissance, en disant : “Il nous faut plus de puissance, encore plus de puissance.” Et je ne pense pas non plus que les développeurs le demandent. Je ne crois pas qu’ils réclament ce genre de hardware plus performant. Je pense donc que cela signifie que la génération actuelle, chez Sony comme chez Nintendo, a encore de belles années devant elle » explique Shuhei Yoshida.
À ce niveau de prix, changer de génération n’est clairement plus une évidence pour une famille ou un joueur occasionnel. Et si les prochaines consoles franchissent encore un cap, le problème pourrait rapidement devenir celui évoqué par Yoshida : une machine dépassant les 1 000 dollars, pour un gap visuel qui devrait une nouvelle fois se montrer minime.
Dès lors, pourquoi remplacer une PS5 parfaitement fonctionnelle en déboursant 1 000 € pour obtenir des graphismes légèrement plus fins ?
La prochaine révolution du jeu vidéo pourrait donc ne pas être une nouvelle console. Elle pourrait simplement consister à faire durer beaucoup plus longtemps celles que nous avons déjà.