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Test Resident Evil 7 – Biohazard : le plus Resident Evil des Resident Evil !

Resident Evil 7, et l’horreur se renouvela (enfin !)

Subtilement teasé par Capcom via une démo technique baptisée « Kitchen », Resident Evil 7 a finalement été officialisé par le géant nippon durant l’E3 2016. A l’écoute de ses fans, le développeur avait alors révélé que ce nouvel opus ne serait pas un TPS, comme la triplette infernale Resident Evil 4, 5 et 6, mais que ce dernier allait renouer avec le genre « Survival Horror », tout en offrant une approche de gameplay inédite (pour la série) : la vue subjective (ou FPS).

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Pour la petite histoire, ce Resident Evil 7 emmène le joueur en Louisiane, et ce dernier incarne Ethan Winters, à la recherche de sa femme disparue, Mia. Suite à un message vidéo envoyé par cette dernière, Ethan se rend vers une plantation abandonnée, appartenant à la famille Baker. Le tout se déroule dans le courant de l’année 2017, soit après les évènements survenus dans le précédent Resident Evil 6. Evidemment, tout ne se passera pas comme prévu, et Ethan va rapidement être entraîné dans un vrai cauchemar…

En premier lieu, si vous avez eu la possibilité de tester la démo « Beginning Hour » proposé par Capcom, sachez que le jeu complet distille évidemment cette même ambiance, glauque à souhait, mais que cette démo n’est pas incluse « telle quelle » dans le jeu. Evidemment, certains lieux vous seront familiers, mais le déroulement des évènements de ce Resident Evil 7 n’ont rien à voir avec la démo, et cela vaut également pour les énigmes, particulièrement tordues et illogiques dans la démo, et autrement plus accessibles ici, sans la nécessité d’aller dégoter une quelconque soluce sur le web. Ouf !

Pour le reste, ce Resident Evil 7 s’ouvre sur une petite cutscene assez hallucinante de réalisme, laquelle laisse rapidement place aux premiers pas du joueur dans la peau de Ethan. Visuellement, la claque est juste immense, et l’on se prend rapidement à observer chaque détail, chaque élément de végétation, chaque effet de lumière, sur ce chemin qui mène vers cette étrange maison en bois au loin. Les premières minutes de jeu sont évidemment l’occasion d’appréhender ce gameplay d’un nouveau genre pour la saga Resident Evil. Ethant peut évidemment marcher, mais également courir, se baisser, (se retourner en un clin d’oeil via « bas » et « rond ») et il pourra à terme utiliser de nombreux objets, qu’il faudra soigneusement stocker dans son inventaire.

A ce sujet, le jeu permettra de retrouver quelques armes caractéristiques de la saga, tout comme les indispensables plantes vertes et les sprays de santé (utilisables en temps réel via R1). La gestion de l’inventaire est également primordiale ici, puisque les emplacements sont limités, et on ne pourra pas poser un objet sur le sol (comme dans Resident Evil 0) pour libérer de l’espace. Il faudra alors détruire l’objet définitivement, ou bien rejoindre la salle de sauvegarde la plus proche, et transférer les éléments inutiles dans le coffre (un élément là aussi caractéristique des premiers opus de la saga).

Un jeu où chaque ennemi compte

Côté gameplay, pas de mauvaise surprise donc, on appréhende assez rapidement ce « nouveau » Resident Evil. La progression est évidemment beaucoup plus posée que dans les derniers opus, et visiter chaque recoin de la propriété des Baker se fera en marchant, en fouillant chaque recoin de la maison pour trouver des objets utiles, des bonus, mais également des éléments indispensables à la résolution d’énigmes. Là encore, rien de tordu, mais des énigmes plutôt simples, qui demandent bien souvent un minimum d’observation et de réflexion. L’ambiance de ce Resident Evil 7 est ultra-pesante, et chaque ouverture de porte, chaque petit bruit, chaque sursaut de votre lampe de poche, sera source d’un stress assez palpable. Evidemment, le jeu regorge de « jump scares », histoire de faire hurler le joueur un bon coup, mais les développeurs se sont également amusés à « faire croire » de nombreuses choses au joueur (pas vraie « mamie » ?)… Excellent.

Concrètement, ce nouveau Resident Evil 7 éblouit dès les premières secondes de jeu, et la mise en scène de la première partie inflige une (seconde) claque assez monumentale, avec un Ethan qui sera maltraité comme jamais, et un joueur qui ne pourra qu’admirer, bouche bée bien souvent, la qualité de l’ensemble. Jamais un Resident Evil n’aura été aussi effrayant, aussi stressant, aussi sadique… cela sans compter des munitions relativement rares dans l’ensemble, même si les joueurs les plus posés parviendront en fin de partie à se constituer un arsenal plutôt conséquent. Toutefois, il faudra parfois accepter de déambuler dans les couloirs poisseux et poussiéreux du manoir Baker, un simple petit couteau à la main, et cela reste une expérience riche en émotions. A cela s’ajoute un Jack Baker très « Nemesis », sans oublier le côté très « vulnérable » du héros/joueur, qui ajoute évidemment au sentiment de peur. Un sentiment forcément bien moindre lorsque l’on manie un Leon Kennedy ou un Chris Redfield armés jusqu’aux dents.

Techniquement, la baffe graphique est présente tout au long du jeu, avec des textures d’une finesse assez impressionnante bien souvent, sans oublier des effets d’éclairage déments, si bien que l’on a parfois peur d’avancer dans ce couloir, au fond duquel on devine une ombre inquiétante… Des graphismes à tomber à la renverse, sublimés par une ambiance sonore, évidemment très subtile, mais bien présente pour conférer un côté très anxiogène à certaines séquences de jeu. A vrai dire, dans Resident Evil 7, évoluer dans le silence le plus total est aussi effrayant qu’entendre quelques notes de piano au loin… bref, la peur est constante et l’ennemi peut surgir à n’importe quel moment.

Côté combats, si certains doutaient des capacités de ce Resident Evil 7, pas de panique, ces derniers sont bien présents tout au long du jeu. Toutefois, pour cet opus, les développeurs ont décidé de distiller une crainte permanente, puisque plutôt que de rencontrer quelques zombis inoffensifs avant d’arriver à un boss, ces derniers sont présents tout au long du jeu, et peuvent (presque) débouler de n’importe où. Ainsi, vous ne saurez jamais ce qui se cache derrière cette porte ou ce petit recoin, et cela instaure une nouvelle fois un stress assez extraordinaire. Bien sûr, outre la famille Baker, le joueur doit également combattre d’autres types d’ennemis, un peu plus faibles, même s’il sera recommander parfois, plutôt que de tenter la confrontation directe, et gaspiller de précieuses munitions. A noter qu’il est possible (et même recommandé) de refermer les portes derrière soi (via la touche Croix), un avantage non négligeable durant certaines séquences.

Concernant les combats, on disposera de divers types d’armes, comme des armes à feu, mais aussi une hâche ou un couteau. Si certains combats imposent là encore de bien observer les éléments aux alentours pour en tirer un avantage considérable, et éviter ainsi de gaspiller de précieuses munitions, il faudra parfois savoir éviter les combats, et fuir le plus rapidement (et le plus efficacement) possible pour rester en vie. A ce sujet, de base, le HUD est particulièrement épuré pour permettre au joueur de se focaliser uniquement sur l’action, mais on peut également opter pour un écran vierge de toute information (santé, munitions…) pour une expérience encore plus réaliste. On déplore juste par moment un gameplay un peu rigide, et surtout l’absence de certaines commandes comme une esquive par exemple, ou même une glissade, ce qui aurait ajouté un chouia de dynamisme à l’ensemble. On adore également les vieilles VHS trouvées ça et là, à visionner via un magnétoscope, qui permettront de rejouer un élément survenu dans le passé, pour en apprendre un peu plus sur les mystérieux agissements des Baker et leurs victimes. Dommage toutefois que les chargements liés à ces même VHS soient un peu longuets, contrairement au jeu en lui-même qui ne souffre d’aucun temps de chargement (y compris lors de l’ouverture des portes).

Côté durée de vie, ce Resident Evil 7 nous a demandé une bonne dizaine d’heures de jeu (en mode Normal) pour voir le fin mot de l’aventure. Dix heures de jeu vraiment très intenses, sans le moindre temps mort, durant lesquelles nous avons également pris le soin de récupérer un peu plus de la moitié des objets à collecter, à savoir des pièces antiques et des fichiers. A noter que les pièces antiques permettent de déverrouiller de nouveaux éléments en cours de jeu, il faut donc autant que possible les traquer pour se faciliter (un peu) la tâche. Via le menu inventaire, on peut également fabriquer certains objets, en utilisant la mythique fonction « Combiner ». Bref, l’expérience procurée par ce Resident Evil 7 est assez incroyable, et les développeurs sont réellement parvenus à proposer quelque chose d’inédit, en revenant aux bases même du survival horror, et en s’inspirant clairement de PT Silent Hills, de Outlast, ou même un peu de certaines séries comme American Horror Story ou même Blair Witch… plutôt que de Resident Evil.

En effet, aussi extraordinaire soit-il, ce Resident Evil 7 pourra très logiquement décontenancer certains fans, ceux qui espéraient non seulement retrouver leurs héros favoris, leur intrigue fétiche, ou même le côté action qui caractérise les derniers opus de la saga. Resident Evil 7 joue à fond la carte de l’ambiance, de l’immersion, de la peur, la vraie, mais n’espérez pas y retrouver les éléments (personnages, intrigue…) clés des opus précédents, si ce n’est quelques clins d’oeil sur certaines énigmes, ou encore les armes, objets de soins, coffres ou même certaines situations… Un aspect qui en rebutera certainement certains, tout comme Resident Evil 4 en son temps, qui avait adopté une orientation plus action, au grand dam des fans de la première heure, mais qui avait littéralement révolutionné la saga.

L’ambassadeur (sanglant) de la VR ?

Sur PlayStation 4, Resident Evil 7 dispose également d’une compatibilité VR, exclusive pendant 1  an. Contrairement à certains titres, il ne s’agit pas ici d’une option secondaire, puisque Resident Evil 7 peut être joué intégralement via le casque PlayStation VR de Sony. Le joueur peut également choisir de démarrer sa partie en VR, puis la poursuivre sur son écran de TV, et reprendre plus tard son casque de réalité virtuelle s’il le souhaite.

Techniquement, à travers le casque PlayStation VR, ce Resident Evil 7 rétrograde d’un bon cran, mais l’ensemble reste tout à fait regardable. En revanche, c’est l’immersion qui est ici décuplée, et le fait de pouvoir « vivre » l’expérience apporte un plus non négligeable, sans compter le fait que le jeu regorge de séquences qui semblent avoir été étudiées sur mesure pour être vivre en VR, notamment lorsqu’un élément se rapproche des yeux du joueur, sans compter ces bon vieux Baker qui ont tendance à s’approcher de très (très) près parfois. Il suffit par exemple de refaire les premières minutes du jeu en réalité virtuelle pour se convaincre du potentiel de la chose.

Evidemment, en plus du casque devant les yeux, on recommande chaudement l’utilisation d’écouteurs, pour profiter d’une ambiance juste hallucinante… et stressante à souhait. En effet, chaque craquement, chaque bruit, chaque pas procure alors un stress immense, si bien que l’on a souvent (très) peur de tourner la tête pour voir si quelque chose nous poursuit, ou simplement pour observer ce petit renfoncement. Une expérience à tester, même si seuls les plus vaillants parviendront à ne pas « perdre la tête », l’expérience pouvant s’avérer assez traumatisante pour certains.

En ce qui nous concerne, malgré le côté ultra immersif procuré par la VR, nous avons préféré jouer en mode « classique », la VR sacrifiant un peu trop le côté visuel à nos yeux, sans compter certaines cutscenes « non VR », à visionner de manière classique. Si vous avez la chance de disposer d’un PlayStation VR, on ne saurait que trop vous recommander de jouer au jeu de manière classique dans un premier temps, puis de refaire l’expérience en mode VR, en optant par exemple pour un degré de difficulté supérieur, pour profiter d’une toute nouvelle expérience.

Test réalisé à partir d’une version éditeur de Resident Evil 7, sur PS4 Pro, avec upscaling 4K et option HDR.

Notre avis

9.0
Difficile de ne pas être "sur le cul" après avoir joué à ce Resident Evil 7. En plus de faire revivre le survival-horror, Capcom est parvenu à parfaire la formule comme jamais auparavant. Le scénario est travaillé, les twists sont omniprésents, la famille Baker est détestable à souhait, la progression est intelligente et le jeu distille habilement phases de recherche et phases d'action. Soyez-en sûr, à aucun moment vous ne vous sentirez en sécurité dans Resident Evil 7, mais vous aurez cette envie irrémédiable d'avancer, encore et encore. Un opus qui pourra toutefois diviser les fans, puisque si certains (la majorité) applaudiront le renouvellement, d'autres pesteront face au côté "non Resident Evil" de cet opus... mais quand même, quelle énorme tuerie ! Qu'on le veuille ou non, ce Biohazard 7 est le Resident Evil le plus "Resident Evil" de toute la saga, et incontestablement l'une des expériences les plus intenses en ce qui nous concerne, avec le premier opus et Resident Evil 4.
12 Avis d'utilisateur
Notre Avis 9.0

Les plus

Techniquement hallucinant, limite photo-réaliste (sur PS4 Pro). Ambiance phénoménale. Un vrai survival horror, avec son stress permanent ! Le côté survie. La famille Baker, très accueillante. Pas d'énigmes tordues. La bande-son impeccable. La grand-mère Baker. Plusieurs séquences de jeu mémorables. Le côté vulnérable du héros. Du jump-scare intelligent. La VO vraiment impeccable, la VF un chouia moins. Jouable intégralement au PlayStation VR.

Les moins

Gameplay un peu rigide parfois, notamment durant certains combats. Pas beaucoup d'ennemis finalement. Un aspect "non Resident Evil" qui en chafouinera certains. Le dernier tiers de l'aventure, moins fou.