Accueil»Jeux vidéo»Au fait, à partir de quand est-ce « trop tôt » pour un Remake ou Remaster de jeu vidéo ?

Au fait, à partir de quand est-ce « trop tôt » pour un Remake ou Remaster de jeu vidéo ?

C’est un fait, cela fait quelques années déjà que la tendance sur le marché du jeu vidéo est aux remakes. Après une phase « Remaster » initiée notamment sur PS3, ce sont finalement d’authentiques remakes, comprenez des refontes complètes d’un ancien jeu, qui ont été réalisés depuis quelques années. Le récent Final Fantasy VII Remake en est un excellent exemple, sans compter Capcom, qui s’est spécialisé dans le domaine avec ses Resident Evil, notamment le quatrième opus, revisité cette année. Toutefois, on entend souvent qu’il est « trop tôt » pour proposer tel ou tel remake. Mais à partir de quand peut-on dire qu’il est temps (ou non) de proposer un remake de jeu vidéo ?

the last of us 2 remastered ps5 (1)
© Naughty Dog

Jeux vidéo : y a-t-il vraiment une date « limite » pour un remake ou un remaster ?

Pour beaucoup, le premier véritable remake digne de ce nom de l’Histoire du jeu vidéo, c’est incontestablement Resident Evil (Rebirth), lancé sur Nintendo GameCube en mars 2002. A l’époque, le jeu signé Capcom proposait une toute nouvelle lecture de ce classique lancé pourtant seulement 6 ans auparavant, sur une certain PlayStation… Et oui, à l’époque, la version GameCube était d’une supérioté écrasante, avec des graphismes époustouflants, et de nombreuses optimisations justifiant à 200% ce remake, malgré un écart de seulement 6 ans.

© Naughty Dog

Aujourd’hui, nombreux sont ceux à ne pas comprendre le pourquoi de certains remakes. C’est le cas notamment de The Last of Us Part 1, lancé plutôt cette année sur PS5, et qui constituait la refonte intégrale du jeu lancé initialement sur PS3 en 2013, soit il y a 10 ans. Mais pourquoi alors ce remake de The Last of Us, d’un jeu daté d’il y a 10 ans, serait jugé moins pertinent que celui de Resident Evil en 2002, alors que le jeu d’origine n’avait alors que 6 ans ?

Idem pour Dead Space, avec un remake intégral lancé en 2023, d’un jeu originellement lancé en 2008. A tout point de vue, même si le jeu d’origine reste parfaitement jouable, ce Dead Space Remake était une incontestable réussite.

Test Dead Space Remake
© Electronic Arts / Motive Studios

Selon Kotaku, : « Dans ce cas, par exemple, le saut technique entre un jeu Xbox 360 et un jeu Xbox One/Xbox Series X/S semble suffisamment important pour justifier une retouche. En comparaison, un jeu PS4 remastérisé pour la PS5 ne semble pas aussi nécessaire« , en référence à The Last of US Part 2, qui va lui aussi arriver sur PS5 en janvier.

Pour l’heure, difficile de savoir quelles seront les réelles différences (visuelles s’entend) entre la nouvelle version PS5 et la mouture PS4, mais toujours est-il que le jeu ne devrait pas afficher une génération d’écart par rapport à son modèle, et c’est tout à fait logique.

Le bon et le mauvais remake ?

Du côté de chez Nintendo aussi, on a déjà cédé aux sirènes du remake, avec toutefois différentes manières de faire. Avec Zelda: Link’s Awakening, Nintendo a par exemple proposé une relecture complète du jeu Game Boy, au travers d’un épisode Nintendo Switch totalement nouveau, sur la forme, avec également un fond légèrement remanié. Remake (réussi) et pleinement justifié.

Zelda-Links-Awakening
© Nintendo

Avec le tout récent Super Mario RPG, Nintendo a également proposé une nouvelle version du jeu lancé en 1996 sur Super Nintendo, avec cette fois un remake très (très) fidèle à l’original, limite (volontairement) vieillot, mais qui permet néanmoins pour la première fois au public européen d’en profiter. Remake justifié pour autant ? Difficile de juger… Tout cela, sans parler des nombreuses versions « Deluxe » de jeux issus de la Wii U, et portés sur Nintendo Switch. Une stratégie discutable certes, avec parfois un très léger « mieux », mais de quoi permettre à un très grand nombre de joueur de profiter de quelques classiques (Mario Kart 8 Deluxe, Pikmin 3 Deluxe, Super Mario Bros U Deluxe…), et à Nintendo de cumuler des dizaines de millions de ventes. Après tout, si les joueurs sont contents que ça se vend par palettes, pourquoi se priver ?

A noter que la génération PS3 déjà avait vu quelques classiques des années 90, remodelés à la sauce moderne. C’était le cas notamment de Duck Tales, de Mickey’s Castle of Illusion, ou encore de Bionic Commando. Evidemment, plus le jeu est ancien, et si possible sur une, deux ou trois générations de consoles antérieures, plus la refonte visuelle est impressionnante, logique là encore.

Test Review Final Fantasy VII Remake PS4
© Square Enix

En 2024, outre la version PS5 de The Last of Us Part 2, les joueurs du monde entier vont pouvoir (re)découvrir Alone in the Dark, au travers d’une toute nouvelle version, sans oublier le très attendu Silent Hill 2 de Konami, ainsi qu’un certain Metal Gear Solid 3 Snake Eater, qui va être revisité à la sauce Unreal Engine 5. Cela bien sûr, sans oublier la seconde partie du remake de Final Fantasy VII.

Enfin, il est important de bien dissocier un remaster (qui consiste à proposer une version plus « propre » (via un lissage HD en général et un rendu en 60 fps) d’un jeu déjà existant) d’un remake, qui implique (normalement) de retravailler le jeu de fond en comble. A noter qu’il existe même des remasters de remake, à savoir Resident Evil Rebirth HD Remaster, mais cela est un autre débat…

Acheter Demon's Souls Test Avis
© PlayStation

En définitive, il n’existe sans doute pas de « bon/mauvais timing » pour lancer un remake, peu importe que le jeu ait 5, 10 ou 20 ans. Peut-être suffit-il tout simplement que ce dernier soit justifié par de bonnes motivations, à commencer par le simple fait de proposer aux joueurs une expérience optimisée et/ou totalement revisitée, comme c’était le cas de Resident Evil, de Link’s Awakening ou encore de Demon’s Souls, lancé il y a 3 ans avec la PS5.

Bref, amis développeurs, faites tous les remakes et remasters que vous voulez, même les plus petites choses continuent à rendre les jeux plus accessibles et plus agréables pour le plus grand nombre, et tant pis pour les éternels gueulards. Et au pire, pour que ça ne se vende pas, on rappelle qu’il suffit de ne pas acheter hein…