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Test Detroit Become Human : Paranoid Android

Quantic Dream de retour sur PlayStation 4

C’est donc depuis le 28 mai 2018 que le studio de développement français : Quantic Dream, nous propose de découvrir son tout nouveau jeu narratif intitulé Detroit : Become Human. Dans ce titre, les équipes de David Cage nous invitent à vivre une aventure dans laquelle fiction et réalité sont très proches. En effet, le titre parle non seulement d’un sujet d’actualité (intelligence artificielle, assistants vocaux…), mais puise également son inspiration dans de nombreux thèmes abordés au cinéma et les romans.

Kara Connor ?

Detroit : Become Human plonge le joueur dans un univers très proche de notre réalité, quelques années plus tard, en 2038 pour être plus précis, dans la ville de Détroit aux États-Unis. Le joueur y découvre un monde dans lequel les androïdes partagent le quotidien des humains en étant à leur service. Comme à l’accoutumée dans les jeux Quantic Dream, Detroit : Become Human propose de prendre part aux événements de différents personnages (ndlr : ici des androïdes) : Kara une assistante à domicile, Markus un autre assistant à domicile, et enfin Connor un négociateur des forces spéciales de la police, envoyé sur le terrain pour résoudre différentes affaires. Bien sur, il ne s’agit là que du point de départ, et à mesure que le joueur progresse dans l’aventure, il en connait davantage sur ces personnages et leur destin.

Voight-Kampff

D’ailleurs en parlant de destin, le libre arbitre des androïdes repose entre les mains du joueur. Plusieurs choix s’offrent à lui et vos actions et interactions ont une incidence sur l’ensemble de l’aventure. Le jeu vous laisse donc maitre des émotions que peuvent exprimer les androïdes, si tant est qu’ils en éprouvent et comme le tentait déjà de le déjouer à l’époque dans Blade Runner, le test de Voight-Kampff. Mais si le joueur a bel et bien le choix sur l’expression des émotions, le parti pris ici est tout de même l’empathie. Inutile donc d’espérer d’avoir affaire à un bête enchainement de séquences insipides, ici il s’agit d’ajuster les différents curseurs entre ce que la machine peut exprimer à l’être humain. Finalement, on a comme l’impression d’être derrière un écran à agir sur un pupitre pour interagir au travers d’un cyborg avec un humain. Et c’est cette mise en abime qui est tout bonnement géniale, puisque c’est ce que nous nous voyons faire en jouant à Detroit : Become Human. Pour cela, le titre s’appuie sur différentes scènes du quotidien : vie de famille, aide soignant, enquête policière, mais plus globalement aussi sur le questionnement de la place que peut prendre la machine dans notre vie demain.

Life in plastic, it’s fantastic !

Sortir les poubelles, ranger des affaires, on peut penser de prime abord que ces phases sont inutiles, mais elles sont bien au contraire utiles dans le contexte. Certes vos amis auront de quoi rire en vous voyant jouer la femme de ménage ou le livreur de colis, mais n’est-ce pas là ce que les machines pourront faire demain ? Remplacer l’humain pour le laisser profiter de sa vie ? Jusqu’où cela pourra-t-il aller ? La machine ne cherchera-t-elle pas à être semblable à l’Homme ? Voir le dépasser et ne plus s’y intéresser ? Autant de questions et de possibilités que Detroit : Become Human tente d’aborder au travers ses différents embranchements scénaristiques et qui confère à ce dernier une rejouabilité intéressante. D’ailleurs, tout l’intérêt du titre repose ici, et les échanges entres joueurs nourriront l’envie d’y revenir, ou bien de ne connaitre finalement que le chemin que nous souhaitions aborder. Quantic Dream connait son sujet, et sait comment proposer du contenu au joueur.

Une technique riche, un gameplay pauvre

Côté technique on ne va pas se mentir, Detroit : Become Human est beau. De nouveau on apprécie tout le travail réalisé par Quantic Dream afin de produire des expressions faciales de haute voltige. Que ce soit finalement pour les personnages humains et les androïdes, les émotions retranscrites font douter le joueur, lui même spectateur de ce cinéma qui se déroule devant lui. Mais malgré une interface épurée à souhait, des angles de caméra larges, le gameplay accuse quelques petits défauts. Tout d’abord, on regrette que le système de détection d’indice passe par la pression d’une touche qui met totalement l’action du jeu en pause. Si dans les faits ce n’est pas obligatoire, ce système est assez indispensable si l’on souhaite pouvoir découvrir tous les secrets que cachent les différents scènes du jeu. De même, à l’aide d’une pression sur l’un des boutons, il est possible de changer l’angle de la caméra mais l’orientation du personnage se retrouve aussi modifiée provoquant parfois quelques ratés de déplacement, voire le déclenchement d’une action auprès d’un objet. Frustrant donc, même si dans l’ensemble ce n’est pas ce que l’on attend du titre. Notons toutefois que Quantic Dream fait l’effort d’utiliser les différentes parties de la DualShock 4. Le pavé tactile et le haut-parleur sont donc mis à contribution et on ne boudera pas notre plaisir tant finalement c’est assez anecdotique dans d’autres jeux.

Test réalisé à partir d’une version presse sur PlayStation 4.

Notre avis

9.5
Avec Detroit : Become Human, le studio Quantic Dream nous propose une aventure narrative dont vous êtes le héros. Habitué au genre, il est ici difficile de bouder son plaisir face à ce dernier, même si l'on est en droit d'en exiger peut-être un peu plus côté gameplay. Ici, c'est surtout sur ses aspects narratifs et sa mise en scène que le titre arrive à s'en sortir, en traitant un sujet qui deviendra dans quelques années (en 2035 qui sait ?) un sujet d'actualité. En somme si vous appréciez le genre, alors foncez sur cette exclusivité qui saura vous proposer une aventure dotée de rejouabilité mais dont il ne faudra foncièrement pas s'attendre à une prise en main nerveuse.
3 Avis d'utilisateur
NOTRE AVIS 9.5

Les plus

Techniquement maîtrisé, le libre arbitre, l'arbre de choix et sa rejouabilité

Les moins

Le sentiment d'être finalement plutôt passif, quelques lacunes sur la gestion de la caméra

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