Test Nioh 3 : un souls-like redoutable… passé un peu trop inaperçu ?
Avec Nioh 3, Team Ninja remet le couvert et poursuit l’évolution de sa licence d’action-RPG inspirée du Japon féodal. Connue pour ses combats exigeants et son système de progression particulièrement riche, la série a su se forger une solide réputation auprès des amateurs de défis.
Pourtant, ce troisième épisode a connu un lancement étonnamment discret. Une sortie presque passée sous le radar, ce qui est assez surprenant quand on découvre les qualités du jeu une fois la manette en main. Car malgré quelques imperfections, Nioh 3 reste une aventure dense, nerveuse et très satisfaisante pour les joueurs qui apprécient les systèmes de combat profonds. Voici notre verdict après plusieurs dizaines d’heures passées dans ce Japon infesté de démons.
Une recette Nioh qui s’ouvre davantage
Pour ce nouvel épisode, les développeurs ont visiblement cherché à faire évoluer la structure du jeu. L’ambiance est toujours la même, mais les zones sont plus vastes et donnent davantage de place à l’exploration, avec des environnements qui invitent à fouiller chaque recoin.
On prend souvent plaisir à s’aventurer hors des sentiers battus pour découvrir des coffres, des raccourcis ou des zones annexes. Cette dimension exploratoire donne une sensation d’aventure un peu plus marquée que dans les précédents opus, on sent bien l’inspiration Elden Ring (et c’est tant mieux).
Cependant, cette ouverture n’est pas toujours exploitée de la manière la plus efficace. Certaines zones peuvent sembler un peu étirées, et l’exploration ne débouche pas systématiquement sur des découvertes particulièrement marquantes. Le rythme général du jeu en souffre parfois légèrement. Il arrive que l’on traverse de longues portions relativement calmes avant d’enchaîner soudainement plusieurs affrontements majeurs.
Paradoxalement, les séquences plus guidées fonctionnent souvent mieux. Les niveaux plus structurés proposent des situations de combat plus tendues et une progression plus maîtrisée, ce qui renforce l’intensité des affrontements.
Des combats toujours aussi grisants
La seconde chose qui frappe dans Nioh 3, c’est à quel point les affrontements restent au cœur de l’expérience. La série a toujours mis l’accent sur un gameplay exigeant, où chaque erreur peut se payer cher, et ce nouvel épisode ne déroge pas à la règle.
A ce titre, le jeu introduit rapidement une mécanique particulièrement intéressante : la possibilité d’alterner entre deux approches de combat distinctes, à savoir samouraï ou ninja. L’une privilégie un style plus classique, axé sur la maîtrise des postures et la gestion précise de l’endurance. L’autre mise davantage sur l’agilité, la rapidité et les attaques opportunistes.
Ce double style apporte une vraie souplesse aux combats. On peut adapter son approche en fonction de la situation, du type d’ennemi ou simplement de son propre style de jeu. Cette liberté rend les affrontements particulièrement dynamiques et empêche la routine de s’installer.
Chaque arme possède également ses propres sensations et encourage l’expérimentation. Certaines deviennent même plus intéressantes à mesure qu’on les utilise, ce qui pousse naturellement à varier les approches.
Quand toutes les mécaniques s’imbriquent correctement, ce nouveau Nioh 3 devient un véritable terrain de jeu pour les amateurs d’action technique. Les combats sont rapides, exigeants et extrêmement satisfaisants lorsque l’on parvient à dominer un adversaire coriace. Mais il va falloir accepter de prendre le temps de tout assimiler.
Une richesse impressionnante… mais qui demande de l’investissement
Comme les précédents épisodes, Nioh 3 ne fait absolument pas dans la simplicité. Le jeu propose une quantité absolument astronomique (mais vraiment) de mécaniques et de systèmes à assimiler.
Entre la gestion de l’équipement, les statistiques, les talents, les compétences spécifiques aux armes et les nombreuses subtilités du système de combat, les possibilités sont très nombreuses. Les joueurs qui aiment optimiser leurs personnages auront clairement de quoi se régaler.
En revanche, cette richesse peut aussi représenter un obstacle pour les nouveaux venus. Le jeu ne prend pas toujours le temps d’expliquer ses mécaniques de manière progressive, ce qui peut donner l’impression d’être littéralement submergé d’informations lors des premières heures.
Une fois ce cap passé, l’expérience devient heureusement beaucoup plus naturelle. On commence alors à mieux comprendre les synergies entre les différents systèmes et à construire un personnage réellement adapté à son style de jeu. Mais force est d’admettre que les deux (ou trois) premières heures de jeu sont particulièrement denses, et nécessitent un réel investissement.
Côté contenu, difficile de reprocher quoi que ce soit au titre. L’aventure principale demande déjà un investissement conséquent, et les nombreuses activités secondaires permettent facilement de prolonger l’expérience pendant plusieurs dizaines d’heures.
Notre avis concernant Nioh 3
Nioh 3 parvient à offrir une expérience solide et particulièrement plaisante pour les amateurs d’action exigeante. Son système de combat reste l’un des plus satisfaisants du genre, et la richesse de ses mécaniques assure une grande rejouabilité. Tout n’est pas parfait cependant : certaines zones manquent de rythme, la prise en main peut sembler abrupte (avec un véritable déluge d’informations les premières heures) et certaines idées auraient mérité d’être davantage exploitées.
Mais malgré ces défauts, le jeu possède un vrai charme et une profondeur qui récompensent les joueurs prêts à s’y investir. Le plus regrettable reste finalement la relative discrétion qui a accompagné sa sortie. Car Nioh 3 est loin d’être un simple épisode de plus, c’est un jeu solide, généreux et souvent très grisant. Si vous appréciez les Souls-like, les combats techniques et (surtout) les univers inspirés du Japon féodal (et que vous avez un minimum de temps à lui consacrer), il serait vraiment dommage de passer à côté.