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Test Fe : un jeu qui divise ?

Qu’est-ce que tu Fe pour les vacances ?

EA Originals, c’est la réponse proposée par Electronic Arts aux joueurs afin d’enrichir son catalogue de licences AAA en contenus misant sur l’originalité et le développement indépendant. Après nous avoir proposé de découvrir Unravel, l’éditeur est de retour un an plus tard avec Fe, un titre de nouveau atypique qui tantôt va séduire un certain public, tantôt risquer d’en dérouter plus d’un. Découvrons ensemble de quoi il en retourne.

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Ça fait quel ef-Fe-t ?

Développé par le studio Suédois Zoink!, Fe s’inscrit dans la gamme de ces jeux innovants, ayant pour ambition de proposer aux joueurs une nouvelle expérience videoludique bien loin des productions habituelles. Difficile de s’y tromper d’ailleurs, dès les premières minutes de jeu le ton est donné : parti pris graphique, interface épurée, gameplay minimaliste, l’aventure démarre en laissant le joueur aux commandes d’un croisement entre un opossum et un porc-épic, dans une forêt où la nature semble jouir de tous ses droits. C’est du moins ce que l’on peut penser avant de rencontrer les Silencieux : une entité à la forme mi-humaine, mi-robot. Si Fe n’affiche clairement pas la mission confiée au joueur, l’hostilité de ces Silencieux, lui fait rapidement comprendre de quel côté se ranger et qui sont ses alliés.

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This is the voice !

Si le jeu se veut du style plate-forme/aventure, le joueur ne peut cependant pas compter sur les mécaniques habituelles du genre pour éradiquer la menace. Inutile de chercher à sauter sur la tête de vos ennemis, réaliser une toupie ou donner un bon coup de poing, Fe mise sur le chant et la communication entre espèces. Ainsi, à l’aide d’une pression sur la touche R2 (ndlr : sur PlayStation 4) le joueur peut faire varier la fréquence du chant de son personnage afin d’établir un lien avec les congénères. Ces différents liens qu’il sera possible d’entretenir avec la faune et la flore à l’aide de différents chants, représentent ici la clef du gameplay de Fe afin d’aider le joueur à progresser dans l’univers. Bien sur, en complément de l’aide que la faune pourra vous apporter, la flore saura aussi montrer ses atouts pour réaliser quelques phases originales mais somme toute pas totalement innovante (infiltration, débloquer un projectile).

Ca Fe mal, de vivre sans toi…

Malgré un style graphique minimaliste et low-poly, Fe arrive à afficher un univers très coloré. Ce dernier parvient même à nous surprendre grâce à des panoramas et des combinaisons de couleurs qui se marient avec perfection. Il ne sera pas rare de s’arrêter en cours de route pour tout simplement profiter de ce que la nature peut ouvrir au joueur. Couplé à son ambiance sonore et vous obtenez en somme un jeu plutôt zen et dont l’enrobage se laisse désirer. Malheureusement ce tableau n’est pas si parfait et se voit entaché par un gameplay pas toujours à la pointe et une progression parfois déroutante. Il n’est pas rare de pester contre une inertie bizarre ou des sauts difficiles à jauger.

Si l’on comprend rapidement que la collecte de « cristaux » permet à notre personnage d’acquérir des pouvoirs, le manque d’assistance peut se faire sentir et l’on peut finalement se retrouver plusieurs minutes à avancer dans un univers, certes assez ouvert, mais finalement relativement cloisonné. Pire encore, il n’est pas rare de ne pas vraiment saisir l’objectif demandé. Si l’on peut bien faire appel à un oiseau pour connaitre son chemin, on se demande parfois ce que le jeu nous demande. Un sentiment de frustration qui se voit renforcé par une progression relativement libre du joueur. Tous les pouvoirs n’étant pas nécessaires afin de boucler l’aventure, l’exploration du monde possède donc une part d’aléatoire et ne contraint pas toujours le joueur à venir à bout du point A pour aller au point B.

Si la plupart des jeux actuels font la part belle à une progression à base de check-points et de nombreuses assistances, à trop vouloir s’éloigner de ces mécaniques, on prend le risque de se mettre à dos une certaine population de joueurs. La question est « quel est le bon équilibrage pour assister un joueur ?« . A cette question, Fe demande au joueur de réfléchir et même si la mort vous ramène près d’un check-point où il faut débloquer quelque chose, l’ensemble du jeu pourra en dérouter plus d’un. Tantôt trop simpliste, ou véritable petit chef d’oeuvre, Fe divise.

Notre avis

6.0
Plongé dans un univers coloré et aux graphismes atypiques, Fe propose de découvrir une aventure dont les mécaniques reposent sur la compréhension et l'observation de la faune et la flore. Si le parti pris d'être minimaliste dans sa prise en main et sa progression est à des kilomètres de l'assistanat de nos jeux d'aujourd'hui, à trop vouloir s'en affranchir on prend cependant le risque de se mettre à dos une certaine population de joueurs. Le plaisir des premières heures pouvant donc laisser place à une certaine forme de frustration. Mais si vous êtes en mesure de faire abstraction de cela, alors vous découvrirez une aventure plutôt originale et charmante.
3 Avis d'utilisateur
Notre Avis 6.0

Les plus

L'ambiance, la patte graphique

Les moins

Durée de vie un peu courte, des moments frustrants