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Test Days Gone : il était une fois en Oregon…

Days Gone est enfin là !

Dévoilé en juin 2016 à l’E3 de Los Angeles, Days Gone n’a cessé de faire parler de lui. En bien comme en mal. Le nouveau AAA de Sony sort enfin après de longues années de développement par Bend Studio. Après une année 2018 riche en exclusivités de très grandes qualités du côté de l’éditeur nippon, Days Gone parviendra-t-il à assumer son statut de blockbuster ?

Days Gone se situe dans l’Oregon aux États-Unis. Le titre de Sony se déroule deux ans après qu’une pandémie mondiale ait décimé une grande partie de la population mondiale et transformé des millions d’autres en mutants. Le joueur incarne Deacon St. John, un motard et un chasseur de primes qui ne souhaite pas vivre dans des campements sécurisés. Le fil rouge de Days Gone suivra l’histoire de Deacon et de sa femme Sarah. Bend Studio fait graviter autour du couple une tonne de personnages, proches comme ennemis, allant de l’anarchiste au membre de secte.

A cette histoire personnelle de Deacon s’imbriquent tout un tas de scénarios interconnectés. Le jeu est un peu à la carte de ce côté-là. Les scénaristes ont cherché à tout prix à émouvoir, c’est souvent raté. Malgré la première partie moyenne, le jeu se montre plus intéressant dans son dernier tiers. On se retrouve trop souvent sans savoir pourquoi, ni pour qui, Deacon réalise telle ou telle mission. Ce qui donne une narration éclatée et difficile à suivre. Très inégal dans sa progression, Days Gone essaie d’aborder des thèmes forts, à la manière de The Walking Dead ou The Last Of Us. Peu aidé par des dialogues quelques fois poussifs ainsi qu’une mise en scène bancale forçant très régulièrement le trait sur les émotions. A noter que la sortie de Days Gone s’accompagne de nombreuses mises à jour, particulièrement éprouvantes pour la bande passante…

Test Days Gone PS4

Malheureusement, malgré une réelle volonté de bien faire des développeurs, la sauce ne prend pas. Heureusement que le soin apporté à l’ambiance fait le travail. La mise en scène est plutôt maladroite dans son ensemble et manque de grands moments. L’écriture des personnages, a contrario du scénario inégal, est très bonne. Les nombreux personnages du jeu sont vraiment très bien écrits, chapeau. Days Gone prend vraiment son envol vers le dernier tiers de l’histoire. Les transitions entre cinématiques et gameplay sont à l’image de la mise en scène.

Au fil des heures, Deacon prend de l’épaisseur et s’avère plus intéressant qu’au départ. Deacon paraît cliché en VF, heureusement que la VO parvient à rattraper le coup. Pour le plaisir de vos oreilles et une immersion totale, passez le jeu en version originale.

Les yeux plus gros que le ventre

Dans ses mécaniques de gameplay, Days Gone pioche un peu partout. Notamment dans The Last Of Us, dont il reprend la mécanique de crafting, assez plaisante. Mais aussi dans le Mad Max d’Avalanche Studios, sorti fin 2015. Ce dernier est une énorme source d’inspiration dans la structure du monde ouvert de Days Gone. Les jeux d’Ubisoft en monde ouvert font aussi partie des influences, Tomb Raider aussi, Far Cry aussi…

Manette en main, le jeu s’avère classique mais plaisant tout de même. Les sensations de tirs sont bonnes. Le jeu de découpe en 4 axes de gameplay, tout d’abord un axe crucial du jeu, l’infiltration. Très similaire là aussi à The Last Of Us dans ces phases furtives, Days Gone parvient tout de même à plaire dans cet aspect. En effet nous sommes ici dans une production qui aborde quelques aspects de survie. Les munitions sont donc comptées puisque moins nombreuses. Il faudra donc dans la plupart des cas, esquiver le combat de front.

Open world oblige, le jeu vous donne le choix de foncer dans le tas, à vos risques et périls toutefois. Un autre axe du jeu, l’action, à l’aide d’armes blanches, d’arbalètes, de projectiles ou d’armes à feu. Chaque type d’ennemis à son comportement propre, infectés, animaux ou humains. Justement, parlons de l’intelligence artificielle, souvent aux fraises. Tantôt trop réactive, tantôt laxiste. Assez étrange donc…

Un autre point important, l’exploration, c’est bien là que le jeu de Bend Studio réussit sa mission. Les ressources récoltées dans l’environnement serviront au crafting nécessaire à votre aventure. Dernier axe du soft, et non pas des moindres, le crafting, il vous suffira de réunir les ressources nécessaires à la confection de carreaux d’arbalète, de soins, de cocktails molotov. Comme tout monde ouvert qui se respecte, Days Gone se plie à la mode du RPG, en effet progresser dans le jeu vous rapportera de l’expérience. Deacon grimpera en niveau. A chaque niveau, un point de compétence sera attribué. Ces points d’expérience permettront d’améliorer les attributs de notre héros dans trois arbres de compétences différents : le combat de mêlée, le combat à distance et la survie.

La moto est un élément central du jeu pour se déplacer d’un point A à un point B. Votre moto aura donc besoin d’essence, au risque de tomber en panne. En supplément de la jauge d’essence, une jauge de réparation est présente, réparer votre moto abîmée sera très important. Vous pourrez améliorer votre bécane en améliorant diverses pièces. Les sensations de conduite sont plaisantes pad en main. Attention donc à ne pas tomber en panne en plein désert, ou au coeur d’une zone hostile.

Tourner dans le vide

Days Gone s’est inspiré de beaucoup de productions culturelles, aussi bien cinématographiques, littéraires mais surtout vidéoludiques. On note de nombreuses références à « Je suis une légende », roman éponyme de Richard Matheson, paru en 1954, qui a donné par la suite en 2007, un film avec Will Smith. Difficile également de ne pas citer World War Z en ce qui concerne les hordes. En réalisant des missions pour chaque camp du jeu, le niveau de confiance évoluera, cette confiance est propre à chaque campement. Ces dernières, une fois achevées rapporteront aussi des crédits utilisables dans le camp concerné. Cette monnaie locale est utilisable chez les différents marchands. L’arsenal est très varié et complet, chaque arme à son niveau allant de 1 à 5.

Évidement, les armes proches du niveau 5 seront plus dévastatrices et en meilleur état. Comme dans Dying Light, la nuit est plus dangereuse que le jour. Les mutants et autres zombies spéciaux seront plus nombreux la nuit.

Days Gone possède deux niveaux de difficulté, un mode facile, qui apporte plusieurs aides, comme l’aide à la visée. Et un mode normal. Rien de novateur donc. En plus de la grosse vingtaine de scénarios qui composent l’aventure, une palanquée d’objets sont à collecter. Ces objets permettent d’avoir des d’informations sur la région et sur l’univers de Days Gone. Pas de multi-joueurs à l’horizon, Bend Studio a pensé son jeu comme une expérience purement solitaire.

Terminer le jeu vous réclamera à peu près une cinquantaine d’heures. Une sacrée durée de vie, même si cela implique de nombreus allers/retours et quelques missions vraiment bof… Le monde est composé de plusieurs régions, qui possèdent chacune sa faune et sa flore. L’immensité de la carte permet une diversité dans les environnements, ce qui est appréciable.

Je suis une légende

Le jeu est compatible HDR, si vous possédez le téléviseur adéquat. Ce dernier est plutôt bien géré et rend honneur au jeu. Le moteur d’Epic Games, l’Unreal Engine 4 se charge de la partie visuelle du titre. Dans la grande majorité des situations, Days Gone s’en titre plutôt très bien, mais c’est techniquement que le titre s’en sort mal. Mention spéciale aux effets lumineux, sublimes de bout en bout, l’ambiance est superbe. La direction artistique est plutôt bonne.

Il n’est pas rare en revanche de tomber sur des ralentissements gênants même sur PS4 Pro. Pas mal de bugs sont à dénombrer, même après les (nombreux) patchs. Affichage des textures tardifs ainsi que du clipping. Les effets météo, de neige, de pluie sont probablement l’un des plus grosses réussites du jeu.

Disponible en version française intégrale, aussi bien dans les voix, que dans les textes. Le dernier bébé de Bend Studio offre le choix d’opter pour la VO ou la VF. La version française est quelque peu caricaturale. Optez pour la version originale, qui fait admirablement bien le job. Côté musiques et bruitages, encore une fois c’est du classique, mais maîtrisé de A à Z.

Notre avis

6.0
Après des exclusivités très réussies comme God Of War ou encore Detroit : Become Human, Bend Studio (habitué aux productions plus modestes sur consoles portables) nous livre ce Days Gone, après 6 ans de développement. Rempli de cicatrices, Days Gone fait partie des jeux boursouflés qu'on aime quand même malgré ses défauts, un plaisir coupable tellement plaisant. Sans ses défauts rédhibitoires comme des ralentissements et de nombreux problèmes techniques, Days Gone aurait mérité un point de plus (voire deux) à sa note finale. Le dernier né des studios de Sony se révèle être un jeu attachant, souffrant toutefois du syndrome du « déjà vu/ déjà joué ».
35 Avis d'utilisateur
Notre Avis 6.0

Les plus

Ambiance incroyable, très beau, effets lumineux sublimes, VO de qualité, beaucoup de contenu, gameplay efficace, map énorme, personnages bien écrits, pas si manichéen que ça, beaucoup de scénarios différents, les infectés, les hordes impressionnantes, la moto, un melting-pot d’influences, des moments de tensions, les conditions météo plus vivantes que jamais, le crafting façon The Last Of Us, arsenal complet, dernière partie du jeu.

Les moins

Beaucoup de bugs et de ralentissements, finition à la rue, certaines textures baveuses, intro du jeu maladroite, VF caricaturale, très répétitif, histoire convenue, transitions entre cinématique-jeu brutales, IA aux fraises, trop long...