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Test Quantum Break Xbox One, entre jeu old school et série TV

L’après Max Payne / Alan Wake…

Remedy Entertainment, pour nombre d’entre nous, ce studio rappelle forcément quelques dizaines d’heures de jeu mémorables, passées sur la saga Max Payne bien sûr, et son cultissime Bullet Time, ou encore sur la saga Alan Wake, exclusive à la Xbox 360, qui nous plongeait au coeur d’une aventure d’ombres et de lumières d’une rare intensité. Aujourd’hui, le studio récidive, toujours en collaboration exclusive avec Microsoft, pour la sortie très attendue de ce Quantum Break, sur Xbox One (et sur PC). L’occasion de tester enfin LA grosse exclusivité Xbox One teasée depuis tant de mois.

Quantum Break HD

Quantum Break place le joueur dans la peau de Jack Joyce, frère du scientifique William Joyce, et ami d’un autre homme de science, un peu plus vénal celui-ci, Paul Serene. Tout ce beau monde, ainsi que de nombreux autres personnages, vont rapidement être impliqués dans une sombre affaire de manipulation temporelle, et Jack va devoir percer les mystères de l’organisation Monarch, dirigée par son ami Paul. Pour ce Quantum Break, Remedy Entertainment a souhaité mettre en place un scénario très (très) abouti, digne d’une série TV, c’est pourquoi d’ailleurs nous ne vous en dévoilerons pas davantage ici.

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Pour preuve, le studio a également décidé de jouer à fond la carte de sa série TV, avec les habituels « Précédemment dans Quantum Break » que l’on retrouvait déjà avec Alan Wake, mais aussi ici avec la mise en place de plusieurs petits épisodes d’une authentique série TV (d’une vingtaine de minutes chacun), tournée avec les acteurs modélises dans le jeu, dont Aiden Gillen (Lord Baelish dans Game of Thrones), Dominic Monaghan (Le Seigneur des Anneaux) ou encore Shawn Ashmore (X-Men), qui incarne le protagoniste principal du jeu, Jack. En fonction de certains choix à divers moments clés de l’aventure, le scénario des épisodes de la série TV sera modifié, tout comme le déroulement du jeu. Il est donc possible de vivre Quantum Break de plusieurs manières, et découvrir de nouvelles facettes des différents personnages en fonction des choix. Sympa. Concernant la série, il sera possible de télécharger gratuitement le pack d’épisodes (75,6 Go quand même) ou bien opter pour la solution en streaming (plutôt efficace d’ailleurs).

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Mais de nombreux joueurs attendent évidemment Quantum Break pour sa réalisation technique bien sûr, mais aussi pour son gameplay atypique, qui permet de jouer avec les divers pouvoirs temporels du héros. Un Max Payne 3.0 en quelque sorte, puisque Jack Joyce pourra non seulement freiner le temps, mais également se créer un bouclier temporel, lancer une charge de puissance temporelle, effectuer une esquive temporelle… Les différents pouvoir peuvent être améliorés durant le jeu, et se régénèrent automatiquement avec le temps. Ces derniers donnent d’ailleurs lieu à des effets visuels très réussis la plupart du temps.

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Côté gunfights, ce Quantum Break propose bien sûr de nombreuses séquences de shoot, avec de nombreux objets destructibles, et une IA assez hargneuse dans l’ensemble, mais on regrette toutefois le côté « arène » des batailles, et un certain manque d’inspiration au final, avec certains gunfights un peu longuets même, là où l’on prenait justement un pied fou avec Max Payne. Non pas que les gunfights soient décevants, mais ces derniers s’avèrent parfois un peu brouillons, et ne constituent d’ailleurs pas (toujours) le coeur du jeu.

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En effet, certains chapitres de Quantum Break ne proposent pas la moindre séquence d’action, et il faudra alors fouiller les environs pour trouver des indices permettant de faire progresser l’intrigue, mais également user de ses pouvoirs pour faire réapparaître une plateforme par exemple, permettant d’accéder à cette fenêtre un peu trop haute. Des phases que certains trouveront forcément bien mollassonnes s’ils pensaient se retrouver avec un jeu d’action proche de Max Payne. A ce sujet, on regrette également un jeu qui nous prend un peu trop par la main, et qui ne laisse pas beaucoup de liberté au joueur, en lui indiquant presque en permanence (et en surbrillance) les éléments à découvrir ou les quelques interactions temporelles réalisables.

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Techniquement, la technique de motion capture permet de reconnaître immédiatement les différents protagonistes, et Remedy use et abuse parfois de gros plans pour nous faire profiter de cette modélisation assez exemplaire. Toutefois, on repère également très vite un effet de flou global assez gênant, qui vient certes souligner le côté cinématographique du jeu, mais qui permet également de masquer quelques faiblesses. On apprécie en revanche les effets de lumière somptueux, ainsi que les différents déflagrations temporelles, mais peut-être les développeurs ont-ils un peu trop abusé des effets post-process par endroits…

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L’ensemble reste malgré tout très solide techniquement, et même si on pestera parfois face à quelques incohérences (la possibilité pour Jack de faire tournoyer des épaves de voitures, des bugs de collision, des zones très scriptées, du clipping…), force est d’admettre que certaines zones en imposent, même si, à nos yeux, ce Quantum Break n’a pas explosé notre rétine comme nous l’aurions souhaité. Côté ennemis, là encore, on ne pourra que pester face à des adversaires très similaires tout au long du jeu, si bien que l’on a rapidement l’impression d’affronter sans cesse les mêmes ennemis au final…

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A cela s’ajoute également un scénario très travaillé donc, comme dit plus haut, mais dont une bonne partie échappera à une certaine frange de joueurs, qui seront rapidement largués par les événements, la faute à un trame parfois bien (trop ?) complexe à suivre… En ce qui concerne le mélange jeu/série TV, là encore, l’idée est plutôt bonne, mais au final rares sont les joueurs qui regarderont tous les épisodes dans leur intégralité, ces derniers étant diffusés entre les chapitres majeurs, durant une bonne vingtaine de minutes à chaque fois… Certes, ils permettent d’en apprendre davantage sur l’histoire (notamment sur Monarch), mais là encore, on casse le rythme, et ceux qui espéraient jouer à un « nouveau Max Payne » seront vite frustrés…

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Côté durée de vie, ce Quantum Break se boucle en un peu moins de dix heures environ, et il est assez rapide de découvrir la majorité des bonus cachés lors de son premier run. Bien sûr, le but sera ici de refaire l’histoire en changeant les différents choix qui influeront sur le reste du scénario (et sur l’obtention de certains bonus). De cette manière, on pourra revivre les évènements sous un autre jour, et même si cela ne bouleverse pas les choses, on peut néanmoins profiter de quelques changements notables, notamment au niveau du sort de certains PNJ, mais aussi de l’attitude du peuple et des médias envers Monarch. Sympa. Enfin, il est important de souligner que Quantum Break est un jeu « à l’ancienne », un jeu old school, un jeu 100% solo, sans le moindre PV, la moindre EXP à glaner, le moindre loot, le moindre craft, ni même la moindre section online… et ça, mine de rien, et bien ça fait du bien.

Bref, en ce qui nous concerne, on pensait véritablement découvrir un jeu révolutionnaire avec ce Quantum Break. Au final, on a pu profiter d’un jeu très abouti sur le fond, avec un scénario très dense (peut-être un peu trop) et un mix jeu/série TV original, mais un gameplay un peu moins explosif qu’escompté, avec des phases de gunfights sans grande saveur au final, et des pouvoirs temporels, d’une classe folle certes, mais qui auraient pu être (à nos yeux) bien mieux exploités. Un bon titre donc, mais moins révolutionnaire et inspiré qu’un Max Payne en son temps, et moins prenant et immersif qu’un Alan Wake, qui colporte malheureusement comme un petit arrière-gout permanent de « pas assez« .

Notre avis

7.1
On ne va pas se mentir, Quantum Break nous a déçus..(un peu)... Certes, dans l'ensemble, le dernier-né des studios Remedy affiche une réalisation technique très aboutie et profite d'un background d'une richesse rare, mais la narration (un peu trop complexe) prend le pas sur l'action, et le joueur sera parfois un peu frustré face à des phases d'action qui manquent un peu de punch, et des pouvoirs temporels d'une classe folle certes, mais qui n'empêchent pas une rapide répétitivité malgré tout au niveau du gameplay, avec même un soupçon d'ennui lors de certaines phases de shoot un peu longuettes... Sans compter des phases de plateformes un peu brouillonnes et un jeu qui donne l'impression de tenir le joueur par la main, du prologue jusqu'à son dénouement. Un bon titre malgré tout, que l'on refera dans la foulée pour vivre les différents scénarios alternatifs, mais qui ne marquera pas autant les esprits que ses illustres aînés, issus du même studio. Dommage...(un peu)...
1 Avis d'utilisateur
Notre Avis 7.1

Les plus

Scénario archi travaillé. Modélisation des personnages réussie et animations au top. Mix entre jeu et série TV. Quelques phases très bien pensées, et d'une beauté folle. Possibilité de vivre l'aventure de diverses manières via les différentes jonctions. Un jeu "old school" : pas de PV, de points EXP, de PvP, de online...

Les moins

Scénario trop complexe... Des tonnes de documents à lire/écouter, et des épisodes de série TV de 20 minutes qui cassent le rythme... Les phases de gunfights, mois intenses que prévues et assez redondantes. Des pouvoirs temporels sous exploités et des phases de "puzzles" peu inspirés. Du très beau (lumière, effets...) et du moins moins beau (textures, personnages...). A noter également des chargements très longs et très fréquents...