Test Red Dead Redemption 2 : l’ambition démesurée de Rockstar Games…

Quoi de mieux qu’un test par quelqu’un qui ne connait rien de l’univers Red Dead Redemption ? Je vais être honnête, je n’ai pas joué à Red Dead premier du nom. Je ne suis pas fan de western et d’histoire de cowboys en général. Voilà mon mon avis concernant ce tout nouveau (et tant acclamé) Red Dead Redemption 2.

Red Dead Redemption 2 : l’après GTA V est enfin là !

L’histoire principale s’articule autour d’une bande de hors la loi qui cherchent à survivre par tous les moyens pendant le 19e siècle en Amérique. L’histoire se veut très réaliste, autant dans le gameplay que dans son authenticité. Pour vous donner quelques chiffres qui donnent le vertige, le script du jeu tient sur 2000 pages (sans compter les missions annexes), 1200 acteurs ont été engagés dont 700 en doublage. Et je ne vous ferais pas un paragraphe sur le nombre d’heures travaillées par toutes les équipes de Rockstar… ll faut savoir que ce jeu est en projet et dans les tuyaux depuis 2011, soit un an après la sortie du premier Red Dead Redemption.

De l’authenticité, parlons-en.

Commençons par le point qui met tout le monde d’accord. Le coté graphique de Red Dead Redemption 2. C’est tout simplement affolant. Tournant à 1080p et à 30 images par secondes sur PS4 et Xbox One (4k sur Xbox One X), je n’ai jamais vu autant de densité et de complexité dans un jeu vidéo. N’ayant pas l’habitude de ce genre de monde, j’ai tout de suite été happé dans l’univers Western et de la plus belle des manières. Je vais citer le travail sur les ombres et les lumières, la neige, la déformation de la boue qui se place tout simplement comme une nouvelle référence.

L’attention aux détails est ce qui fait que Red Dead Redemption 2 est déjà un maître, et sans discussions possibles. Les arbres, le vent, la réaction des montures, les tirs anatomiques qui occasionnent des blessures en lien avec le coup porté. Cela sans compter e cycle jour/nuit et même météorologique. Le monde est très vivant, avec une multitude d’espèces animales cohabitant, du petit lapin essayant de vous échapper, aux aigles, biches, ours ou même poisson. Bref, et vous l’aurez compris, c’est graphiquement imbattable.

Les personnages sont excellents, dans leurs façons de se comporter, de parler et d’agir. Ils sont distincts et possèdent une vraie personnalité. Le phrasé de chacun se veut brut et direct, comme à l’époque. Niveau bande son, c’est un sans faute. En fonction de l’endroit où vous vous trouvez, la musique s’intensifiera ou s’adoucira. Si vous êtes en pleine fusillade, dans les montagnes enneigées, au petit matin, le soir, tout est fait pour servir magnifiquement bien l’ambiance. A la Rockstar quoi…

Le gameplay

Aussi dithyrambique que sont mes propos, je ne pourrais avoir le même engouement pour la jouabilité de Red Dead Redemption 2. Pour être tout à fait honnête, le réalisme poussé à 200% du soft dessert sa fluidité. Je m’explique : marcher, courir, monter des escaliers, enjamber sa monture, s’asseoir, ouvrir une porte, se battre, chasser, dépecer, jouer aux cartes, pêcher, cueillir, boire un café, ouvrir des meubles, se servir dans les tiroirs… tout se fait à vitesse réelle. Vous ne vous sentirez pas dans un jeu ou tout va “vite” et où tout est abrégé. Loin de là…

Dans Red Dead Redemption 2, vous serez Arthur Morgan, pesant son poids, et vivant comme un vrai humain (il mange, il dort, il se rase, il a soif…). C’est très agréable et vraiment impressionnant pour un jeu video, mais le temps est de ce fait, très ralenti.

Les actions sont lentes, la façon de bouger peut parfois s’avérer délicate et imprécise. En pensant au milliers de petites animations, on ne peut que s’incliner mais quand vous en êtes à devoir tirer sur des ennemis, il n ‘y a pas cette fluidité que nous avons l’habitude d’avoir. D’ailleurs, parlons du système de visée automatique qui est franchement trop présent. Le mieux est, à mon avis, de le désactiver mais d’ajouter de la fluidité à la caméra dans les réglages. (Ne me remerciez pas).

L’agencement des contrôles est aussi un peu hasardeux à mon sens. J’ai trop souvent attaqué un personnage qui n’avait rien demander car dégainer l’arme se fait assez rapidement. J’en profite pour vous dire que si cela arrive, vous allez tout simplement vous faire tuer par une milice ultra puissante. D’ailleurs, votre comportement influera sur votre expérience de jeu. Vous pouvez décider de semer la terreur dans les villes et d’être un hors-la-loi respecté et recherché ou vous pouvez passer par la case “honnête homme” tout aussi gratifiante (mais je vous laisserais en juger), et accéder ainsi à diverses fins.

Pour résumer ce point, ayez dans l’esprit que Rockstar Games à voulu son jeu réaliste à outrance, ce qui est une bonne chose en soit, mais rendant l’expérience lente, très lente. D’autant plus que le moyen de locomotion est forcément le cheval (ou la calèche), qui vous laissera le temps de contempler les paysages (magnifiques, j’ai déjà dit non?) mais ou on aurait préféré avoir la possibilité de “voyage rapide” plus développée que cela. Vous pourrez “fast travel” vers votre mission, mais le retour se fera obligatoirement à cheval.

C’est (aussi) un film interactif

Je dois avouer que Red Dead Redemption 2 se regarde autant qu’il se joue. J’ai esquissé un sacré sourire lors de la première altercation (no spoil) typique d’un western. La trame principale s’articule autour d’une histoire principale, certes, mais le jeu met l’accent (Rockstar oblige) sur une multitude de quêtes annexes. Je pourrais toutes les énumérer mais je ne suis même pas sûr de les avoir toutes parcourues. Et c’est une bonne chose. Il y a tellement à faire sur cette map en passant par les forets, déserts, montagnes, plages et lacs que le jeu va certainement vous prendre tout votre temps.

Sachez qu’à la manière d’un The Witcher 3, toutes les quêtes, principales ou annexes ont leur propre trame scénaristique, cutscene et leur lot de QTE (pas toutes). L’attention apportée à chacune d’entre elle est tout simplement fou. En ce sens, vous allez comme beaucoup, et comme moi, passer le plus clair de votre temps à errer, contempler et laisser la trame principale de coté. Il vous faudra environ 60 heures pour terminer le jeu sans avoir touché à ces quêtes annexes.

Je vous invite à utiliser a outrance la touche select (Xbox) ou le pavé tactile enfoncé sur PS4, prendre des chips et contempler le film qui se présente à vous. En effet, surtout à cheval, cela va vous permettre d’activer le mode cinéma, les angles de caméra change façon travelling et le rendu est hallucinant. Bien sur, maintenez X ou Carré pour que Morgan continu vers le point désigné. Bon jeu !

Test Red Dead Redemption 2

Pour quelqu’un de non initié, Rockstar Games vous emmène dans son monde sans que vous ne puissiez rien faire. Tout est calculé, tout est vivant comme en 1899. Est-ce un reportage historique interactif ? Est-ce un film? Pour les amateurs de Red Dead Redemption premier du nom, c’est une puissante suite qui s’est glissée dans le meilleur lancement de Rockstar après GTA V (à l’heure ou j’écris ces lignes). L’Amérique sauvage à ses défauts, mais le poids ce ceux-ci comparé aux qualités est tellement faible que nous tenons ici le jeu d’une génération. Bravo Rockstar.

Red Dead Redemption 2

9

Notre avis

9.0/10