Test Pragmata : Capcom signe une aventure audacieuse et inoubliable

Difficile de ne pas commencer ce test sans évoquer la forme insolente de Capcom en 2026. Nous ne sommes qu’en avril, et l’éditeur japonais enchaîne déjà les succès avec une aisance presque déconcertante. Entre un nouvel épisode de Resident Evil particulièrement marquant, un Monster Hunter Stories 3 toujours aussi fédérateur, et le retour imminent d’une licence culte longtemps laissée de côté (oui, on parle bien d’Onimusha, sans parler de Mega Man en 2027), la firme démontre une maîtrise impressionnante de ses franchises historiques… tout en continuant à prendre des risques.

test pragmata
©Capcom

Une dualité de gameplay brillante et rafraîchissante

Et c’est précisément dans cette dynamique que s’inscrit Pragmata. Annoncé il y a déjà plusieurs années, mystérieux, parfois discret, le projet avait tout du pari atypique, voire… du plan foireux. Une nouvelle licence, une direction artistique forte, et surtout une proposition de gameplay qui sort des sentiers battus. Aujourd’hui, manette en main, le constat est clair : Capcom ne s’est pas contenté d’assurer, il a osé.

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Ce qui frappe immédiatement dans Pragmata, c’est son système de jeu basé sur une gestion simultanée de deux personnages. D’un côté Hugh, que l’on dirige de manière classique avec le stick, et de l’autre Diana, dont les capacités de hacking s’activent via les boutons. Cette dissociation des contrôles aurait pu être confuse ou gadget, mais elle se révèle au contraire d’une fluidité étonnante.

Très rapidement, on développe des automatismes, alternant déplacements, esquives et piratages en temps réel. Cette mécanique crée une tension constante, notamment lors des affrontements où chaque seconde compte. Le hacking ne se contente pas d’être un simple mini-jeu, il est intégré au cœur de l’action, influençant directement l’efficacité des attaques et la survie du duo.

Ce système asynchrone donne lieu à des situations uniques, où la coordination devient essentielle. Il ne s’agit pas seulement de tirer ou d’éviter des ennemis, mais de penser en parallèle, d’anticiper et d’exécuter avec précision. Une approche qui demande un vrai temps d’adaptation, mais qui s’avère particulièrement gratifiante une fois maîtrisée.

Une claque visuelle et sensorielle

Sur le plan visuel, Pragmata impressionne. Les environnements sont d’une richesse remarquable, alternant entre structures futuristes, paysages lunaires et biomes plus organiques. Chaque zone possède sa propre identité, invitant autant à l’exploration qu’à la contemplation.

La direction artistique joue un rôle clé dans cette réussite. Les jeux de lumière, les textures et la mise en scène contribuent à créer une atmosphère à la fois étrange et fascinante. On prend régulièrement le temps de s’arrêter, simplement pour observer. Et ça fait parfois un bien fou.

Sur PS5 Pro, le rendu global est splendide, même si un léger bruit visuel peut parfois apparaître dans certaines conditions et/ou sur certains éléments du décor. Rien de rédhibitoire, mais cela reste suffisamment visible pour être mentionné à nos yeux.

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L’expérience sonore, elle aussi, est à la hauteur. Les musiques accompagnent parfaitement les moments clés, tandis que les effets sonores renforcent l’immersion. Chaque interaction, chaque déplacement, chaque affrontement bénéficie d’un habillage audio soigné.

Une relation humaine au cœur de l’aventure

Au-delà de ses mécaniques, Pragmata brille également par son duo central. La relation entre Hugh et Diana constitue le véritable moteur émotionnel du jeu. Leur interaction évolue naturellement au fil de l’aventure, passant de la méfiance à une forme d’attachement sincère.

Cette dynamique donne du poids aux événements et renforce l’implication du joueur. Les moments plus calmes, souvent dédiés à l’exploration, permettent de développer cette relation avec subtilité. Ce contraste entre phases d’action intense et instants plus contemplatifs fonctionne particulièrement bien.

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C’est aussi dans cette dualité que le jeu trouve une partie de son identité. Il ne cherche pas à être uniquement spectaculaire, mais également touchant, en prenant le temps de construire ses personnages. Et oui, comme dans d’autres productions Capcom, on retrouve pas mal d’easter egg et autres références en tout genre.

Une audace héritée… d’une autre époque ?

Il y a aussi dans Pragmata quelque chose de rare aujourd’hui : un véritable sentiment de nouveauté. Une impression que l’on associait souvent à l’époque des générations PS2 et Xbox 360, où les studios expérimentaient davantage, prenaient des risques, tentaient des choses, avec de nouvelles licences, de nouvelles mécaniques de gameplay…

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Le jeu ne se contente pas de cocher des cases. Il propose un mélange des genres assumé, combinant action, réflexion, exploration et narration. Cette diversité donne un rythme particulier à l’ensemble, évitant la monotonie… du moins dans sa première moitié.

Ce vent de fraîcheur est sans doute l’une des plus grandes réussites du titre. Il rappelle qu’il est encore possible de surprendre, même dans une industrie souvent dominée par des formules éprouvées.

Un rythme inégal sur la durée ?

Si Pragmata démarre très (très) fort, avec une avalanche d’idées et de mécaniques à assimiler, la seconde moitié du jeu se montre un peu plus inégale, un peu plus plate. Le rythme devient plus posé, parfois trop, et certaines séquences finissent par donner une impression de déjà-vu.

On retrouve notamment plusieurs arènes où il faut éliminer des vagues d’ennemis pour progresser. Si ces phases restent efficaces sur le plan ludique, elles manquent parfois de renouvellement. La variété des situations s’en ressent, tout comme l’intérêt global.

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Le bestiaire, lui aussi, souffre d’un certain manque de diversité sur la durée. Les ennemis se répètent davantage dans la seconde moitié, ce qui atténue légèrement la montée en intensité initiale.

Autre petit point perfectible : le système de verrouillage des cibles. Dans certaines situations, il manque de précision, ce qui peut entraîner des frustrations, notamment lors des affrontements les plus exigeants.

Une expérience marquante malgré quelques défauts

Malgré ces réserves, Pragmata reste une aventure profondément marquante et unique. Son originalité, sa direction artistique, et surtout son gameplay en font une proposition à part dans le paysage actuel.

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La rejouabilité est également au rendez-vous. Entre la maîtrise des mécaniques, l’optimisation des phases de combat et la découverte de certains éléments laissés de côté lors d’un premier passage (et pas seulement), le jeu encourage à revenir.

Certaines séquences mettent clairement la dextérité du joueur à l’épreuve. Il faut être précis, rapide et concentré, surtout dans les moments les plus intenses. Mais c’est aussi ce qui rend la réussite d’autant plus satisfaisante.

Notre verdict concernant Pragmata

Pragmata n’est pas un jeu parfait… parce qu’il n’essaie jamais de l’être. Il préfère proposer quelque chose de différent, d’ambitieux, parfois imparfait oui, mais toujours intéressant.

C’est une expérience qui marque, qui surprend, et qui rappelle pourquoi on aime encore découvrir de nouvelles licences. Capcom prouve une fois de plus qu’il sait jongler entre héritage et innovation, entre maîtrise et prise de risques.

Dans une année déjà riche pour l’éditeur, Pragmata s’impose comme une œuvre singulière, mélange de TPS mâtiné d’un brin de puzzle, capable de laisser une empreinte durable. Un jeu qui ne ressemble à aucun autre, et qui mérite clairement que l’on s’y attarde.

Pragmata

8.5

Note Globale

8.5/10

On aime

  • La dualité de gameplay, très originale
  • Un jeu de toute beauté !
  • Une première moitié fantastique
  • Une vraie marge de progression
  • Un jeu "à l'ancienne", qui ose
  • Durée de vie (15h) et rejouabilité

On aime moins

  • Quelques soucis côté ciblage
  • Une seconde moitié moins époustouflante
  • Un côté "remplissage" par moments
  • Ce "bruit" parfois sur PS5 Pro...