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Test Jump Force : le crossover ultime ?

Jump Force en test !

L’univers de Shonen Jump représente à lui seul une vraie institution au Japon, la plupart des mangas publiés sur ce support étant rangés au panthéon des mangas (Dragon Ball, Saint Seiya, Naruto, One Piece …). C’est donc avec une certaine excitation (pour ne pas dire transe fébrile) que les otakus du monde se sont rués sur les premiers trailers de ce Jump Force : un jeu de combat dans le monde de Jump, le tout arrosé d’effets explosifs. L’annonce du studio (Spike Chunsoft, à qui l’on doit l’excellente série Danganronpa) faisait que le jeu sentait très bon, alors verdict ?

Phase 1 : Excitation over 9000

A peine le jeu lancé, Jump Force vous envoie la max directement dans la rétine via un trailer absolument dantesque où Freezer attaque notre monde (une énième fois), monde qui sera protégé (encore une fois) par un Goku plus énervé que jamais. C’est beau, ça pète de partout et on hésite entre couper la vidéo tellement on veut en découdre et la laisser se terminer.

Test Jump Force

Niveau scénaristique, ne vous excitez pas trop, ce n’est clairement pas le cœur du jeu (mais plus un prétexte). En effet, on vous explique que la Terre (la nôtre) est envahie par des méchants dont le groupe se fait appeler « Venom ». Pour sauver notre planète en péril, un groupe constitué des membres clefs de différents univers parallèles (les Jump World) se réunit autour de vous, simple humain transformé en héros via une sorte de cube cosmique (pas celui de Thanos rassurez-vous).

Il ne vous restera donc plus qu’à constituer un groupe de 3 personnages, votre team de kokoro, pour partir à l’assaut de Venom et sauver la Terre. Votre radar indique un taux d’excitation qui dépasse les 9000 unités (ou plus de 8000 si vous êtes sur la version japonaise)

Test Jump Force

Phase 2 : Devenir le roi des combattants

Vous l’avez probablement compris, Jump Force est un jeu de combat en mode versus 3 contre 3 qui peut se présenter aux premiers abords comme ultra simplissime. En effet, ici, pas de combo compliqués à base de quart avant / demi-cercle etc., on se rapproche beaucoup d’un mash button en rythme comme dans un Naruto Ultimate Ninja Storm, le tout, intercalé de super attaques qui vous en mettent plein la vue.

Test Jump Force

La force du jeu réside dans son cast, notamment grâce à sa quarantaine de personnages issus d’une quinzaine d’univers de Shonen Jump. Alors évidemment, certains pourront dire que leur manga du cœur n’y est pas et que c’est une honte, mais en prenant un peu de recul, on peut se dire que l’équilibrage univers / personnages est plutôt bien pensé et couvre un bon scope générationnel. Ce panel permettra donc de répondre aux questions les plus brûlantes des plus hardcore des otakus : « qui est le plus fort entre Naruto, Luffy et Goku » !

Les combats se basent donc sur des arènes de taille suffisante pour ce genre de jeux et reposent sur une mécanique dites de Janken (pierre, feuille, ciseau) dans laquelle vous pourrez placer des « super » spécialisées pour chacun des personnages. Techniquement, le jeu peut paraître trop facile d’accès mais une fois maîtrisée, cette mécanique de jeu peu s’avérer bien plus profonde qu’elle en a l’air (pour cela, testez le mode online, vous verrez la différence avec l’IA).

Phase 3 : Mais Shiriyu ! Tes yeux !

Vous engloutirez sans grande difficulté les premières heures de jeu, et ce, même si l’interface général et le hub (inutilement trop grand), il ne faut pas se le cacher, ne sont clairement pas user friendly. Mais passons, dans ce genre de jeu, on fait généralement l’impasse sur ce genre de chose et on les accepte du moment que notre dose de passion est assouvie lors de combats dantesques et c’est là que les choses vont commencer à se compliquer pour Jump Force.

Test Jump Force

Visuellement, le jeu est beau, les arènes sont plutôt bien réalisées et on retrouve très facilement à quel manga / univers elles se rattachent. Pour ce qui est de la modélisation des personnages, c’est déjà plus compliqué, certains personnages étant bien mieux réussis que d’autres (provoquant la montée de bile chez certains fans, on peut les comprendre).

Autre point de blocage, c’est la caméra qui « choisit » de prioriser le fait de vous en mettre plein les yeux (merci c’est réussi) au détriment de vous donner accès à une lecture fluide et claire du combat. Conclusion, il est parfois compliqué de décider si on peut techniquement « y aller » ou bien si on doit se préparer à caler un contre (ce qui est essentiel dans un jeu à Janken, faut-il le rappeler).

Jump Force

A cela s’ajoute la gestion des effets de lumières et de particules qui ici aussi pose également un problème de lecture de l’action. En effet à trop vouloir mettre des effets de particules, on a parfois bien du mal à comprendre ce qui se passe. En conclusion, c’est plutôt très beau mais en revanche c’est parfois complètement brouillon.

Phase 4 : MUDA MUDA MUDA !

Et c’est en creusant un peu plus Jump Force qu’on se rend compte de ses limites. La progression du personnage est excessivement lente (intégrant une sorte de pexing pas vraiment adaptée à ce genre de support) et du coup, on se met à bloquer sur certains aspects techniques que l’on pardonnait au début comme par exemple les temps de chargement trop important même lorsque l’on doit rematch (a priori un patch est en approche pour essayer de régler un peu ce souci).

Jump Force

Idem concernant le mode online qui comporte quelques faiblesses probablement dû à un netcode à optimiser (mais le sera-t-il ?) car certains matchs sont parfois tout simplement injouables. Et c’est vraiment dommage car le jeu prend vraiment tout son sens dans ce mode plutôt que face à une IA qui a vite fait de vous dominer complètement dans les phases de Janken (qu’elle ne perd quasiment jamais dans les niveaux de difficulté élevés).

Le mode solo quant à lui reste assez sympathique à faire, on avance dans une histoire pas vraiment passionnante mais qui ne permet de nous familiariser avec la plupart des personnages. L’IA ne vous posera pas de réelle difficulté mais à un moment, le jeu va décider que les attaques du CPU vont vous faire mal … mais vraiment ! Et là aussi, on a cette impression de jeu pas complètement fini où les développeurs n’ont pas fait l’effort de rendre l’IA plus « intelligente » et ont juste augmenté les dégâts pensant que ça ferait le boulot. Pour info, certains combos de base (4 coups) pourront vous enlever … la moitié de la barre (sans que vous ne puissiez y faire grand-chose).

Notre avis

6.0
A la fois amer et déçu, Jump Force aurait clairement pu être un des titres en puissance de cette fin de génération de console tant le roster était alléchant et le public déjà conquis. Oui mais voilà, l’engouement des otakus ne fait pas tout et il aurait fallu que le reste suive notamment dans la réalisation technique et dans le fait de respecter les règles de base d’un jeu de versus : la lisibilité de l’action. Reste que Jump Force sera vous amuser une dizaine d’heures pour le mode story et quelques soirées en entre potes et ce, surtout si vous êtes un fan inconditionné de manga et de l’univers Shonen Jump. Si ce n’est pas le cas, il vaudrait mieux passer votre chemin
21 Avis d'utilisateur
Notre Avis 6.0

Les plus

La possibilité de créer son propre héros, le cast relativement complet, l’ambiance plutôt fidèle et un jeu facile à prendre en main.

Les moins

Graphiquement inégal, les effets de lumière abusifs et la caméra gâche l’action, la progression laborieuse, un online parfois capricieux, les temps de chargement