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Test Call of Cthulhu PS4 : voyage au bout de l’enfer

Immersion dans les ténèbres, avec ce Call of Cthulhu PS4

Après avoir fait le bonheur des amateurs de cyclisme avec Pro Cycling Manager, comblé les aficionados de RPG avec Games Of Thrones, Of Orcs and Men ou dernièrement la licence Styx, voilà que les parisiens de Cyanide s’initie au thriller psychologique avec Call Of Cthulhu, pour une totale immersion dans les ténèbres.

Largement inspiré des œuvres du romancier d’horreur et de science-fiction Lovecraft, Call Of Cthulhu mélange tout ce que le studio basé à Nanterre sait faire. Mettez une base d’enquête, un zeste de RPG, un soupçon d’énigmes, mélangez le tout, et vous obtenez le dernier bébé de Cyanide.

Tout commence à Boston en 1924 en pleine prohibition. C’est dans ce contexte que vous incarnez Edward Pierce, un vétéran de la Première Guerre Mondiale devenu détective privé en pleine crise existentielle dans laquelle il sombre dans l’alcool et les somnifères, faute d’avoir du travail intéressant à se mettre sous la dent. Cependant, une lueur d’espoir se profile lorsqu’une affaire mystérieuse arrive sur son bureau. Edward va devoir résoudre le mystère entourant la mort de la famille Hawkins décédée dans un incendie. Comme seul indice, un tableau étrange peint par la mère, Sarah Hawkins. Notre protagoniste doit se rendre sur l’île de Darkwater au large des côtes de Boston pour en savoir davantage. Jusqu’ici tout va bien… Pierce va peu à peu découvrir ce que l’île dissimule.

Test Call Cthulhu PS4

Les scénaristes ont mis les bouchées doubles côté histoire. Cette dernière est vraiment bien ficelée, et une dizaine de chapitres composent le jeu. Parlons narration, fluide, elle réserve son lot de surprises aussi bien pour Edward que pour le joueur derrière son écran. Mention spéciale aux personnages particulièrement bien écrits, ainsi qu’à notre héros, loin d’être une coquille vide.

Ma meilleure amie

Afin de progresser dans l’intrigue, il faudra avant tout user de malice et perspicacité. Pour se faire, le jeu se découpe en plusieurs couches de gameplay. Pour commencer, le plus important et celui mis en avant dans la communication de Focus : les phases d’enquêtes qui consistent à inspecter les indices à l’aide compétences acquises à l’aide de points de personnage en effectuant des missions, ces dernières sont l’éloquence, l’investigation, l’occultisme et d’autres. Elles piochent allègrement dans le jeu de rôle papier L’Appel de Cthulhu, sorti en 1981. Les dialogues ont une part importante, notons que ces compétences joueront un rôle capital dans les discussions. Des phases d’infiltration et de tir sont de la partie, malheureusement elles sont inutiles et mal réalisées, tantôt trop punitives, tantôt trop laxistes. Sur certains aspects, l’œuvre de Cyanide rappelle beaucoup Sherlock Holmes de Frogwares.

Test Call Cthulhu PS4

Dernier aspect qui est au centre de l’expérience : la folie. La santé mentale sera affectée par les évènements qu’Edward Pierce vivra ou verra, au risque de devenir complètement fou si vous l’exposez à des situations traumatisantes. Dernier point du système de jeu, l’obscurité, qui peut devenir un ennemi pour vous. Mais Call of Cthulhu, c’est également une expérience qui s’écoute. Cyanide réussit le sans-faute : musiques, doublages, effets, bruitages, tout est là pour mettre la pression au joueur, pour le pousser à bout ! Notons au passage pour les allergiques à l’anglais, le jeu est doublé en anglais et sous-titré en français, au top donc !

Éclaire ma lanterne

Le dernier né de Cyanide est découpé en 15 chapitres pour une dizaine d’heures de jeu, dommage, on aurait voulu plus… peut-être un deuxième épisode ? La galerie des PNJ est haut en couleur, sans compter leur design est exquis. Au rang des défauts, des problèmes de synchronisation labiale sont à dénombrer, mais cela ne brise jamais l’immersion. Dommage également que les cinématiques ne soient pas à la hauteur du reste, surtout dans leur réalisation.

Test Call Cthulhu PS4

Autre élément du soft, vous pouvez choisir de boire ou ne pas boire de l’alcool, refuser quelque chose, prendre telle décision… Le jeu tient compte de nos choix pour nous balancer à la figure quelques temps plus tard, les conséquences de nos choix qui affecteront notre destin. Sympa.

L’île aux secrets

Ce qui frappe en premier lieu quand on débarque sur l’île de Darkwater c’est la direction artistique. Les artistes de Cyanide ont du talent et le (dé)montrent dans Call of Cthulhu. On a le sentiment d’être écrasé par les rochers surplombant Darkwater, son ambiance poisseuse et crasseuse fait mouche. Parlons graphismes purement et simplement, en regardant dans le détail, le jeu n’est un Apollon graphiquement parlant. Mais encore une fois, la direction artistique fait le travail et le fait bien à l’aide d’un grain façon film à l’image du plus bel effet.

Test Call Cthulhu PS4

Du côté de la technique, aucun problème de fluidité et de bug ne se sont manifestés pendant la dizaine d’heures de jeu nécessaire pour boucler les péripéties de Edward Pierce. Bref, c’est du tout bon, et on ne saurait que vous conseiller de jeter un oeil sur ce nouveau titre « made in France« , si vous êtes un tant soit peu amateur du genre.

Test réalisé à partir d’une version éditeur PS4, et rédigé par Younesse Maréchal.

Notre avis

8.0
Call of Cthulhu rejoint le panthéon de ces jeux qui nous happent, nous fascinent, nous hantent, même dans notre sommeil. L’envie de progresser dans l’histoire se fait toujours plus pressante. Malgré ses défauts, pendant la quinzaine d’heures nécessaires pour boucler les péripéties du titre de Focus Home Interactive, la manette ne nous glisse jamais des mains. Certainement la meilleure œuvre du studio français Cyanide. Chapeau les artistes !
23 Avis d'utilisateur
Notre Avis 8.0

Les plus

Artistiquement magnifique, Darkwater et son ambiance poisseuse, l’histoire et sa narration, les phases d’enquête, l’écriture des personnages, l’inspiration des œuvres de Lovecraft, doublages excellents, la folie, plusieurs fins.

Les moins

Graphiquement un peu daté, cinématiques pas très jolies, les phases d’infiltration, les gunfight, la mise en scène parfois maladroite, animations rigides, une des fins bâclées.