La french touch au service du rétrogaming !

En gestation depuis déjà quelques mois du côté de chez LizardCube, ce remake de WonderBoy : A Dragon’s Trap se veut un véritable évènement pour tous les amateurs de rétro, notamment ceux qui ont connu l’opus original paru sur SEGA Master System… en 1989. Considéré comme un action-RPG novateur à l’époque, cette version revisitée par les français de chez LizardCube se veut une version moderne évidemment, tant au niveau visuel que sonore, sans pour autant trahir ne serait qu’une seule seconde le jeu original.

Pour la petite histoire, WonderBoy : The Dragon’s Trap place le joueur dans la peau d’un pauvre chevalier, Hu-Man, qui tombe rapidement sous le joug de la malédiction de Meka-Dragon. Ce dernier se voit en effet transformé en Lizard-Man, et va devoir tout faire pour mettre la main sur la Salamander Cross pour retrouver sa forme originelle. Entre temps, ce dernier va subir d’autres transformations, « à l’insu de son plein gré » comme dirait l’autre. Tout débute dans un village, qui servira finalement de hub central à l’aventure, avec des niveaux qui se déverrouilleront au fur et à mesure des transformations.

Véritable RPG alors en avance sur son temps, ce WonderBoy : The Dragon’s Trap va donc proposer diverses possibilités d’évolution et de customisation au joueur. Il va ainsi falloir gérer l’argent récolté sur le champ de bataille pour s’offrir les différents équipements proposés par les revendeurs du coin. Armures, boucliers, épées, seront autant d’éléments qui vont renforcer la défense et l’attaque, mais il faudra également veiller à d’autres paramètres, notamment pour tirer le meilleur de chaque élément, en fonction du héros que l’on incarne… Des armes secondaires sont également de la fête (flèches, boomerang, éclair…), mais attention, chaque game over aura pour effet de remettre le compteur de ces dernières à zéro.

Côté progression, WonderBoy : The Dragon’s Trap n’est pas découpé en niveaux comme un Mario Bros 3, un Megaman 2 ou un Contra. Il s’agit ici d’un « open world » (toutes proportion gardée hein) qui s’ouvrira progressivement au fil des nouvelles possibilités de gameplay offertes par les tranformations (6 au total en comptant Hu-Man). Comme dans un vrai RPG, le jeu regorge de niveaux secrets et autres portes dérobées qui seront découvertes uniquement par les plus curieux. Bref, pas de mauvaise surprise, on retrouve ce jeu assez extraordinaire en terme de contenu et de progression, sublimé ici par tout le talent de LizardCube.

En effet, 2017 oblige, WonderBoy : The Dragon’s Trap profite d’une refonte graphique intégrale. Autant le dire d’entreé, le résultat est tout bonnement magnifique. La direction artistique est sublime, les animations parfaitement travaillées, les arrière-plans ont été complètement remodelés, et c’est un pur bonheur que de retrouver son WonderBoy d’antan avec cette nouvelle patte graphique, qui parvient qui plus est à ne pas trahir l’esprit originel. Mieux encore, les développeurs ont inclus une option permettant de switcher à la volée entre les graphismes et l’audio d’époque, à la version HD. Une manipulation qui s’effectue « in real time« , en pressant simplement la touche R2.

De cette manière, on peut non seulement jauger du travail incroyable effectué par les développeurs en ce qui concerne le relooking de ce WonderBoy : The Dragon’s Trap, mais cela permet également de jouer par exemple avec les graphismes d’époque, et l’audio nouvelle génération. A ce sujet, si la section visuelle est d’une beauté impressionnante, c’est également le cas de toute la partie audio, avec des réorchestrations sublimes des thèmes originaux.

Là où le travail de LizardCube est (également) exemplaire, c’est au niveau de la fidélité de l’oeuvre originale. Plutôt que de proposer des « nouveautés » en terme de gameplay ou de progression, cette version 2017 reprend trait pour trait les décors, la progression et même les mots de passe de la version de 1989 ! Evidemment, les développeurs ont laissé libre cours à leur imagination sur certains points (notamment les arrière-plans ou les salles de transformation), mais on sent de bout en bout cette volonté de rester fidèle à l’oeuvre originelle. A noter toutefois une possibilité inédite ici, à savoir celle d’évoluer avec une WonderGirl si on le souhaite !

De cette manière, on se surprend à chaque nouveau décor à switcher entre les versions HD et rétro pour contempler à chaque fois le travail effectué par l’équipe, avec toujours ce même souci de fidélité, y compris au niveau des thèmes musicaux. De cette manière, les férus du jeu d’origine retrouveront très vite leurs marques, mais profiteront d’une toute nouvelle expérience visuelle et sonore, qui parvient sans mal à sublimer l’ambiance d’origine. Ces derniers pourront ainsi retraverser la plage, le désert ou encore la jungle, en redécouvrant littéralement leur jeu fétiche à chaque pas.

Au-dessus, le hub permettant de passer d’un personnage à un autre dans la version originale du jeu, en dessous, la même salle, en version 2017

Pour les autres, ce sera justement l’occasion de découvrir ce qui fut l’un des meilleurs jeux de la SEGA Master System, à travers une version très moderne, profitant d’une direction artistique vraiment magnifique, avec des personnages relookés de manière assez exceptionnelle (notamment Lion-Man et Mouse-Man). Evidemment, malgré son côté RPG, il ne s’agit pas d’un quelconque clone de Final Fantasy ici, avec des combats au tour par tour, mais bien d’un jeu d’action/plateformes avec des éléments de RPG.

Vidéo comparative entre le WonderBoy de 1989 et celui de 2017

Côté durée de vie, ce WonderBoy : The Dragon’s Trap n’est étonnament pas aussi ardu et complexe que ce que l’on pourrait penser, malgré son côté « RPG des 80’s« . En effet, un minimum d’adresse, de logique et d’observation est requis ici pour découvrir et traverser les différents niveaux, mais porter un coup fatal au boss de fin ne nécessitera pas plus de 4 à 6 heures selon les joueurs. De notré côté, il nous aura fallu environ 5 heures pour voir le fin mot de l’histoire. A condition de toujours veiller à porter le bon équipement, la difficulté n’est jamais un (trop) gros souci, et on évolue toujours avec un vrai plaisir dans ce monde joliment revisité, qui semble cacher un bonus à chaque écran de jeu (ce qui n’est pas loin d’être le cas). On pourra toutefois être un peu gêné parfois par une certaine inertie (due davantage aux nouvelles animations qu’à un réel « défaut » de gameplay finalement), ainsi que par des collisions un peu rageantes avec les ennemis, mais rien de bien grave dans l’ensemble. Bref, un remake géré de manière magistrale par LizardCube, à la fois parfaitement fidèle au jeu d’origine, et également doté d’une toute nouvelle « french touch » graphique et audio, qui fait un bien fou aux yeux comme aux oreilles. A envisager très sérieusement pour qui apprécie un minimum le genre.

Test réalisé à partir d’une version éditeur PS4 de WonderBoy : The Dragon’s Trap, joué sur PS4 Pro. Le jeu est disponible uniquement au format dématérialisé, sur PS4, Xbox One et Nintendo Switch.

Notre avis

8.0
Attendu de pied ferme, notamment par les amoureux du jeu d'origine, ce WonderBoy : The Dragon's Trap millésime 2017 ne déçoit pas, et profite d'un tout nouvel habillage visuel et sonore de toute beauté. Un jeu qui transpire l'amour des développeurs pour le jeu d'origine, qui ont tenu à proposer à la fois un titre ultra fidèle à l'oeuvre originale, tout en modernisant la direction artistique et la BO de manière magistrale. A cela s'ajoutent la possibilité de jouer en WonderGirl et celle de switcher à loisir entre la version rétro (graphismes/audio) et moderne. Une excellente manière de se replonger dans son jeu fétiche, ou de découvrir cet action-RPG mythique de la fin des années 1980.
13 Avis d'utilisateur
Notre Avis 8.0

Les plus

La direction artistique. Les réorchestrations audio. Ce système de jeu toujours aussi génial. Des bonus cachés à la pelle. Cette fidélité impressionnante au jeu d'origine. La possibilité de switcher à tout moment entre rendu rétro et moderne. Un jeu qui peut être apprécié par les anciens comme par les néophytes. Ce régal permanent pour les yeux et les oreilles. Ce générique de fin tellement choupinou ^^. WonderBoy... et WonderGirl !

Les moins

La durée de vie (4/6 heures). Une (très) légère inertie dans les déplacements. Les collisions répétées avec les ennemis parfois assez énervantes.

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