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Test Assetto Corsa PS4 : quand trop de simu tue la simu ?

Assetto Corsa PS4/Xbox One est enfin là !

L’heure du test a enfin sonné pour Assetto Corsa, qui débarque sur PlayStation 4 et Xbox One ! A titre de rappel, le jeu est développé par les italiens de Kunos Simulazioni, et se veut un simulateur de pilotage ultra-réaliste, à la manière d’un Project CARS, disponible pour sa part depuis de longs mois sur nos consoles. Après de nombreux reports, Assetto Corsa est donc disponible en boutiques, et les retours utilisateurs sont pour le moins… mitigés. Voici donc notre verdict complet.

test assetto corsa

Quelques jours seulement après un F1 2016 correct, mais sans plus, c’est donc Assetto Corsa qui tente de venir étancher notre soif de course automobile. En effet, depuis quelques années maintenant, notamment sur PC, la mode est à la simulation pure et dure, avec un pilotage autrement plus exigeant et contraignant que celui proposé par un Forza Motorsport ou un Gran Turismo 6. En effet, ceux qui pensent maîtriser la course automobile grâce à leur « talent de pilote » sur les jeux précités vont très rapidement déchanter ici…

Un menu pour le moins… austère…

Dans un premier temps, Assetto Corsa vous propose d’effectuer une première course à bord d’une rutilante Ferrari, sur le circuit de Barcelone. L’occasion pour le joueur de prendre le volant pour la première fois, en ayant au préalable désactivé/activé les aides à la conduite proposées (ABS, Traction Control…). Rapidement, on comprend que cet Assetto Corsa a décidé de miser sur le gameplay et la restitution fidèle des sensations de pilotage, plutôt que sur l’habillage et la technique.

Un pilotage précis, pointu, affûté…

En effet, le pilotage proposé par cet Assetto Corsa est certainement le plus punitif, le plus exigeant, le plus précis auquel nous ayons eu à nous confronter. On est face à un pur simulateur ici, et chaque freinage, chaque accélération, chaque mouvement de volant, doit s’effectuer avec délicatesse et précision. En résulte un gameplay très frustrant lors des premiers tours de roue, mais qu’il va falloir apprivoiser progressivement, pour boucler enfin un premier tour sans encombre. Peu à peu, on parvient à mieux maîtriser son bolide, mieux doser chaque action, et chaque virage correctement passé offre sa petite dose de plaisir, teintée même d’une once de fierté parfois.

Le transfert de masses est parfaitement reproduit, tout comme les différentes aspérités de l’asphalte que l’on ressentira via les vibrations envoyées dans le volant, ou la manette. En effet, si le volant est hautement conseillé pour cet Assetto Corsa (on le verra plus bas), il est possible de jouer à la manette, même si les possibilités de personnalisation sont bien loin de celles proposées par F1 2016. Impossible par exemple de définir soi-même les boutons (et de caler accélération/freinage sur le stick droit….), ni même de trifouiller une foule de réglages niveau sensibilité. Il faudra se contenter des quelques options proposées (avec son lot de faute d’orthographe et de grammaire…) pour tenter de trouver un setup qui convient. A titre personnel, nous ne sommes jamais réellement parvenus à trouver LE réglage parfait, et la sensibilité à la manette reste encore bien trop élevée pour jouer convenablement au pad… Certes, on peut effectuer des tours de piste et faire quelques bons chronos, mais jamais en profitant d’un pilotage vraiment optimal et pleinement maîtrisé de A à Z.

Un pilotage exigeant donc, particulièrement difficile… qui est couplé ici à une IA particulièrement véloce, y compris en mode de difficulté Facile ! En effet, il faudra vraiment user de tout son talent, et prendre tous les risques sur la piste pour tenter de rester dans le tempo dicté par les concurrents (en mode Evenements et Carrière), de même pour les défis de type Contre la Montre, qui exigent à l’heure actuelle de réaliser des temps stratosphériques parfois (comprenez irréalisables à la manette) pour ne décrocher ne serait-ce que la médaille de bronze… Gageons qu’une prochaine mise à jour viendra rééquilibrer tout cela rapidement.

Côté modes de jeu, pas de fioritures ici, pas de cutscene, pas de tutoriel, ni même une quelconque introduction. Assetto Corsa vous propose simplement de définir votre propre course via le menu dédié (Course Rapide, Hotlap, Drift…), ou bien de participer à des Evenements Spéciaux, et à un mode Carrière. Par Evenements Spéciaux, comprenez une série de défis de type Course Rapide, Contre la Montre et Drift, qu’il faudra réaliser avec un certain type de véhicule, sur un circuit donné. Le mode Carrière pour sa part, propose à peu près le même procédé, si ce n’est qu’il faudra ici briller dans les sections de base pour évoluer vers les sommets de la course automobile. Pas de championnat, pas de gestion d’équipe ou autre ici, simplement une succession de défis avec des bolides de plus en plus puissants.

Côté véhicules, Assetto Corsa propose quelques jolis bolides à piloter (notamment une belle sélection issue de chez Ferrari, Lotus et BMW), mais il manque encore quelques grands noms à l’appel, notamment du côté des constructeurs français. La liste des circuits est également assez restreinte, avec simplement une dizaine de circuits (Barcelone, Mugello, Nurburgring, Spa-Francorchamps, Monza…), avec quelques variantes pour certains (version GP, Mini, Moto…) et même quelques versions historiques, notamment en ce qui concerne Monza. Plutôt qu’un Season Pass à 30€, on aurait préféré que les développeurs incluent davantage de contenu dans le jeu de base, mais c’est ainsi… En revanche, on note que chaque véhicule dispose bel et bien de sa conduite propre, et il sera ainsi impossible de piloter une Alfa Romeo Giulietta comme une Audi R8 LMS ou une Nissan GT-R. Chaque bolide nécessite un pilotage précis et adapté à sa puissance/conception, comme dans la réalité finalement, et ce point est parfaitement reproduit ici.

Ce bon vieux Nurburgring est de la partie ! Notez au passage le mode Entrainement qui permet en réalité de lancer la course, et le mode Replay traduit ici en Rejouer…

Côté réglages, on peut bien sûr peaufiner les caractéristiques de son bolide avant la course, avec toutefois ici une section un chouia moins étoffée que chez la concurrence, et surtout une interface fichtrement moins sexy… La température des pneus, des freins, de la mécanique est évidemment prise en compte, tout comme l’usure des pneus, mais il manque encore un petit affichage à l’écran pour rendre tout cela un peu plus « lisible ». Idem en ce qui concerne l’affichage HUD en course, qui permet certes de visualiser l’écart avec ses poursuivants (pour peu que l’on soit en tête), mais là encore, avec un rendu ultra-basique, bien loin de la retranscription en temps réel des écarts (et de la télémetrie complète) proposée dans Project CARS (encore lui). On vous l’a dit, Assetto Corsa se focalise essentiellement sur la conduite, et tant pis pour le reste.

Une technique à la rue ?

Dans le fond, Assetto Corsa propose donc un pilotage d’une précision absolue, couplé à une difficulté un peu mal dosée, avec suffisamment de voitures et de circuits pour se faire plaisir, même si on en voudrait toujours plus. Toutefois, sur la forme, force est d’admettre que le jeu de Kunos Simulazioni fait parfois peine à voir… En effet, si les temps de chargement sont rapides (pour la plupart), l’affichage est d’une pauvreté assez effarante, avec certes des véhicules plutôt bien modélisés dans l’ensemble, mais des environnements d’un cheap absolu, avec au passage une liste de défauts techniques assez complète : clipping, ralentissement, aliasing, chute de frame rate… Impossible de tenir la comparaison visuelle avec F1 2016 ou encore Project CARS.

L’essentiel est ailleurs, en l’occurrence ici dans le pilotage, et c’est vrai, mais on a parfois franchement l’impression de jouer sur un PC trop faiblard… Vous savez, celui qui impose de passer par les options pour régler les options graphiques sur Low pour jouer à peu près correctement. Frustrant… Pour autant, Assetto Corsa propose parfois quelques jolis moments (ou plutôt juste corrects), notamment lors des Replay, avec des caméras judicieusement placées pour mettre en valeur l’excellente physique des véhicules, sans (trop) montrer la pauvreté technique du reste. Bien joué !

Idem en ce qui concerne l’interface générale du jeu, tout droit issue d’un jeu PC basse résolution des années 2000. A cela s’ajoutent également quelques sérieux problèmes de traduction, qui empêchent parfois la bonne compréhension du jeu. On peut par exemple trouver un « Météo Effacer » en guise de traduction de « Weather Clear », mais aussi quelques bugs de texte qui n’affichent pas la fin d’une phrase… Côté météo, s’il est possible d’évoluer sous un ciel plus ou moins dégagé, il est impossible de jouer sous la pluie, ni même de nuit. En Italie, « il fait beau et il fait toujours chaud » visiblement comme le chante Michel Polnareff (Tam-Tam). Bref, les développeurs ont misé presque tout sur le pilotage, quitte à délaisser l’aspect visuel et la personnalisation, et cela se ressent assez fortement. Il n’y qu’à voir la fumée s’échapper des échappements au départ pour faire bond de quelques années dans le passé…

Reste que, malgré son habillage grossier, Assetto Corsa parvient à accrocher le joueur qui tentera de maîtriser ce gameplay, frustrant et piégeur certes, mais très réaliste dans l’ensemble. Encore une fois, seuls ceux qui joueront avec un volant pourront profiter pleinement de l’expérience Assetto Corsa, puisque ceux qui joueront à la manette devront sans cesse lutter face à une sensibilité bien trop élevée. Rien d’injouable toutefois, mais l’expérience sera très douloureuse pour certains. Un titre qui nous a rappelé un autre jeu de courses, un certain Toca Touring Car sur PS One, lui aussi très vilain à l’époque, mais aux sensations de pilotage assez uniques. Côté son en revanche, les développeurs ont parfaitement reproduit les sonorités moteur des différents véhicules, et ceux qui bénéficient d’un installation audio digne de ce nom seront ravis.

L’école du volant ou de la manette ?

Si Project CARS, F1 2016, Forza Motorsport ou encore Gran Turismo peuvent parfaitement se jouer à la manette, avec toutefois toujours un léger avantage pour ceux qui jouent au volant, cet Assetto Corsa, en l’état, est assez difficilement maîtrisable au pad. La faute à une sensibilité trop élevée, et à l’absence de la moindre personnalisation digne de ce nom. On espère évidemment que les développeurs vont rapidement proposer une mise à jour offrant quelques correctifs pour les adeptes de la manette, dans le cas contraire, une bonne partie de ceux qui jouent à la manette (soit certainement 90% des acheteurs de simulation auto sur consoles) risquent de revendre rapidement cet Assetto Corsa…

C’est ici que les adeptes de la manette tenteront tant bien que mal de trouver un réglage qui convient…

Au volant en revanche, le constat est autrement plus glorifiant, avec un gameplay diablement plus précis, et des sensations très réalistes grâce notamment à l’excellent travail effectué par les développeurs en ce qui concerne la retranscription des effets (blocage de roues, aspérité de l’asphalte, vibreurs, patinage…) dans le volant via les vibrations et le retour de force. De mémoire, cet Assetto Corsa doit être le premier jeu de course sur console à être parfaitement jouable uniquement avec un volant. Un mal pour un bien certes, mais un élément qui risque de rebuter pas mal de joueurs… Espérons tout de même que Kunos Simulazioni prendra le soin de peaufiner cet Assetto Corsa au fil des patchs, mais en l’état, malgré un côté « pure simulation » indéniable, nettement supérieur à la concurrence, et qui fait son petit effet une fois en piste, difficile de ne pas exprimer une certaine déception, couplée à un peu de frustration.

Comparatif vidéo Assetto Corsa vs Project CARS (PS4 / Dual Shock 4)

Notre avis

7.0
Soyons francs, au premier contact, cet Assetto Corsa PS4 fait peine à voir... et même un peu à jouer. Toutefois, il faut quelques tours de piste, et un peu de courage, pour appréhender enfin (un peu) ce gameplay ultra punitif, et passer outre cette réalisation technique à la ramasse. A partir de là, on découvre un vrai simulateur de course, sans fioriture aucune, qui demande au joueur d’enchaîner les tours de piste, sans la moindre distraction. Certains apprécieront l'expérience (notamment ceux qui jouent au volant), mais nombreux sont ceux qui jetteront rapidement la manette par dépit, par colère, par frustration ou par tristesse.
134 Avis d'utilisateur
Notre Avis 7.0

Les plus

Un vrai simulateur de course automobile. Gameplay précis et exigeant comme on l'aime. Des circuits emblématiques (Spa, Monza, Mugello, Brands Hatch, Nurburgring...). Volant (quasiment) obligatoire pour profiter pleinement du jeu. Les replays en caméra statique, très réussis. La section sonore, au top.

Les moins

D'une pauvreté graphique désarmante. Du clipping, des ralentissements, des bugs... Garage assez limité (aucune voiture française). Peu de circuits disponibles (mais que des bons). Interface ultra-austère, tout droit issue des années 2000. Traduction française très (très) approximative. Pas de nuit. Pas de pluie. Pas de météo dynamique. Le jeu à la manette, bien trop délicat ici pour le commun des mortels.