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Vous allez peut-être détester Saros… « et c’est ok ». Notre test sur PS5 Pro

Depuis quelques années, Housemarque s’est forgé une identité très particulière dans le paysage vidéoludique. Le studio finlandais, longtemps cantonné à des productions arcade aussi nerveuses qu’exigeantes comme Matterfall, a véritablement changé de dimension avec Returnal. Un titre unanimement salué pour sa direction artistique, son gameplay chirurgical et sa capacité à transformer l’échec en moteur de progression. Avec Saros, le studio poursuit clairement cette philosophie. Et autant le dire immédiatement : oui, Saros est un excellent jeu. Mais oui aussi, vous allez peut-être le détester. Et c’est ok.

©Housemarque

Un titre bluffant pour les mirettes comme pour les mains

Dès les premières minutes, Saros impressionne. Sur PS5 Pro, Housemarque livre une copie techniquement bluffante. Les environnements sont d’une richesse folle, les effets de lumière donnent constamment l’impression d’évoluer dans un tableau de science-fiction vivant, tandis que les particules explosent littéralement à l’écran lors des affrontements les plus intenses. Le studio maîtrise désormais parfaitement son moteur et cela se ressent immédiatement manette en main.

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Mais comme souvent avec Housemarque, le vrai spectacle se joue aussi dans le gameplay. Comme Returnal, Saros est d’une précision absolument remarquable. Chaque déplacement, chaque esquive, chaque tir possède un impact quasi organique. La DualSense participe énormément à l’immersion avec des gâchettes adaptatives particulièrement bien exploitées et un retour haptique qui renforce constamment la sensation de contrôle.

Le problème (ou la qualité, selon votre profil de joueur) c’est que Saros ne pardonne presque jamais l’erreur. Ici, il ne suffit pas simplement de tirer vite. Il faut comprendre les patterns ennemis, apprendre les timings, optimiser ses déplacements, analyser les attaques ennemies pour réagir en conséquence, gérer ses ressources et accepter de mourir. Souvent. Très souvent. Et c’est précisément là que Saros risque de perdre une partie des joueurs.

Une expérience ultra exigeante

Car derrière son esthétique sublime et son gameplay redoutablement précis, Saros reste une expérience profondément exigeante, parfois même épuisante mentalement. Un jeu qui demande du temps, de la patience et surtout une vraie volonté de recommencer encore et encore. Un jeu qui récompense l’effort, certes, mais qui ne fera (presque) jamais le moindre compromis pour séduire tout le monde.

Pourtant, Housemarque a fait des efforts très visibles pour rendre son expérience plus accessible qu’un Returnal. Le jeu propose cette fois une véritable progression permanente via un arbre de compétences particulièrement bien pensé. À chaque tentative, le joueur récupère différentes ressources permettant d’améliorer durablement son personnage : augmentation de certaines statistiques, nouveaux bonus passifs, optimisation du bouclier, amélioration des armes…

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Ce système crée une sensation de progression constante extrêmement satisfaisante. Même après une défaite frustrante, on a presque toujours le sentiment d’avoir avancé un minimum. Saros évite ainsi l’écueil du rogue-like totalement punitif où plusieurs heures peuvent sembler complètement perdues après un échec brutal. On apprécie également le système d’éclipse, qui modifie drastiquement l’allure d’un niveau mais aussi la manière de jouer tout en conservant une vraie cohérence générale.

Mieux encore, le jeu intègre certains modificateurs permettant d’ajuster légèrement l’expérience, avec un côté « difficulté à la carte » et même des points de téléportation. Sans transformer Saros en promenade de santé, ces options permettent malgré tout d’adoucir un peu les angles pour les joueurs les moins hardcore. Une excellente idée sur le papier. Mais malgré toutes ces améliorations, le cœur du jeu reste intact : Saros veut vous pousser dans vos retranchements.

Il existe aujourd’hui une tendance (assez fatigante) consistant à considérer qu’un titre reconnu comme « excellent » devrait automatiquement plaire à tout le monde. Comme si la qualité objective d’une production obligeait chaque joueur à l’apprécier. Or, Saros démontre exactement l’inverse.

Oui, Saros est brillant. Oui, le gameplay est exceptionnel. Oui, la progression est intelligemment construite. Oui, la réalisation tutoie régulièrement l’excellence. Mais malgré cela, certains joueurs n’auront tout simplement pas envie de subir ce que Saros exige d’eux. Et honnêtement ? C’est totalement compréhensible.

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Tout le monde n’a pas nécessairement envie de relancer quinze fois une même zone afin de perfectionner un enchaînement d’esquives, de refaire une énième fois le chemin jusqu’au souverain de la zone et/ou apprendre par cœur le pattern d’un boss gigantesque. Certains joueurs veulent simplement avancer, découvrir une histoire, profiter d’une aventure sans ressentir cette tension permanente liée à la peur de l’échec. Or, Saros repose entièrement sur cette logique.

Le premier boss du jeu illustre parfaitement cette philosophie. Magistral visuellement, impressionnant dans sa mise en scène et incroyablement satisfaisant une fois vaincu, il représentera aussi un énorme mur pour beaucoup de joueurs. Certains tomberont immédiatement amoureux de cette montée en puissance progressive, de cette adrénaline constante et de ce sentiment euphorique une fois la victoire obtenue. D’autres abandonneront probablement après une flopée de défaites. Et encore une fois : c’est ok.

Pourquoi vous risquez de détester Saros

Parce qu’aimer le jeu vidéo, c’est aussi accepter qu’une œuvre puisse être excellente sans forcément nous correspondre personnellement. Saros ne cherche jamais à flatter artificiellement le joueur. Il impose ses règles, son rythme, sa difficulté et sa philosophie du dépassement personnel. Si vous adhérez à cette vision, alors l’expérience devient absolument fascinante.

Dans Saros, chaque run devient une leçon, chaque erreur améliore vos réflexes, chaque victoire procure une satisfaction immense. Le fameux “reviens-y” fonctionne alors à merveille. On relance une partie pour tenter “juste une dernière run”, avant d’y passer finalement deux heures supplémentaires. Housemarque maîtrise parfaitement cette boucle de gameplay addictive où frustration et plaisir cohabitent en permanence.

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Mais si cette structure vous irrite rapidement, Saros peut devenir une expérience profondément agaçante, quitte à ne vous procurer aucune forme de plaisir. Le jeu ne cherche jamais à masquer sa répétitivité structurelle, et certaines séquences pourront donner l’impression de refaire continuellement la même chose avant d’obtenir enfin “la bonne tentative”. C’est précisément ce qui divisera probablement les joueurs… et finalement, c’est peut-être ce qui rend Saros (comme d’autres avant lui) aussi intéressant.

À une époque où de nombreux blockbusters cherchent à plaire au plus grand nombre en lissant leurs mécaniques et leur difficulté, Housemarque a certes simplifié légèrement l’expérience générale, mais continue de défendre une vision forte, quitte à frustrer une partie des joueurs.

Notre avis concernant Saros sur PS5 Pro

Saros est sans aucun doute l’un des jeux les plus impressionnants sur PS5 Pro. Après Returnal, Housemarque affine encore sa formule avec un gameplay d’une précision exemplaire, une direction artistique somptueuse et une progression particulièrement gratifiante (et légèrement « plus simple »). Mais malgré toutes ses qualités, Saros reste une expérience exigeante, souvent brutale, qui demandera énormément de patience et d’investissement au joueur. Certains tomberont totalement amoureux de son challenge permanent et de son gameplay addictif. D’autres décrocheront rapidement face à sa difficulté et sa structure répétitive. Et au fond, aucun des deux camps n’a tort.
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