Avec Dragon Quest VII Reimagined, Square Enix remet au goût du jour l’un des épisodes les plus ambitieux (et les plus interminables) de la saga culte. À l’origine, cet opus avait marqué les esprits par sa structure tentaculaire, ses innombrables îles et sa durée de vie proprement dantesque. En 2026, cette version “Reimagined” entend moderniser l’expérience sans trahir l’ADN de la série. Mission accomplie ? Globalement oui. Mais non sans quelques concessions.
Un remake somptueux qui sublime l’aventure originale
Dès les premières minutes, le travail accompli saute aux yeux. Les environnements profitent d’une refonte graphique particulièrement réussie : direction artistique respectueuse, modèles affinés, animations plus fluides… Le tout conserve ce charme typiquement Dragon Quest, hérité du trait inimitable d’Akira Toriyama, sans jamais sombrer dans la caricature nostalgique. Et que dire du rendu des différents personnages, d’une beauté absolument renversante.
Les villages respirent la vie, les donjons gagnent en lisibilité et les effets de lumière apportent une touche moderne bienvenue. On sent une vraie volonté de rendre l’expérience plus confortable, sans la dénaturer. Même la bande-son, réorchestrée avec soin, enveloppe l’aventure d’une ambiance chaleureuse et bienveillante. Oui, bienveillante : Dragon Quest VII Reimagined est un jeu qui fait du bien, qui prend le joueur par la main sans le brusquer.
Et c’est sans doute là sa plus grande force. Là où l’opus originel pouvait décourager par son introduction interminable et son rythme parfois pachydermique, cette nouvelle version fluidifie l’ensemble. Le découpage narratif est plus digeste, la progression mieux cadencée, même si oui, le jeu met un peu de temps à démarrer malgré tout.
On redécouvre l’histoire avec un plaisir renouvelé, sans avoir l’impression de s’engager dans un marathon vidéoludique de 120 heures (même si la durée de vie reste très confortable).
Rappelons que Square-Enix n’en est pas (du tout) à ses premiers pas en termes de modernisation de Dragon Quest, puisque l’on a pu profiter déjà de l’excellent Dragon Quest III 2D-HD, mais aussi plus récemment d’une compilation similaire, réunissant cette fois les 2 premiers épisodes de la saga.
Un système de double vocation malin et grisant
L’un des grands atouts de cet épisode réside dans son système de vocations, ici peaufiné et mieux expliqué. Dragon Quest VII Reimagined permet aux personnages d’adopter différentes classes, puis de les combiner via un système de double vocation particulièrement réjouissant.
Les combinaisons ouvrent la porte à des builds variés et à une personnalisation très appréciable. Le jeu récompense l’expérimentation, tout en restant accessible (on y reviendra). On n’est jamais noyé sous des couches de statistiques absconses. Tout est clair, lisible, presque pédagogique.
Les combats, au tour par tour, conservent leur efficacité classique, mais profitent d’améliorations de confort bienvenues. Mention spéciale à la possibilité d’accélérer les affrontements : un détail en apparence, mais un vrai soulagement lors des phases de farming ou face à des ennemis déjà bien connus. On gagne en rythme, en fluidité, sans sacrifier la dimension stratégique.
On sent ici une volonté d’adapter l’expérience aux habitudes modernes. Le jeu propose d’ailleurs plusieurs options “à la carte” pour ajuster l’aventure : difficulté modulable, aides activables, repères plus explicites. Une philosophie inclusive, généreuse. Peut-être même un peu trop…
Un Dragon Quest trop lisse pour son propre bien ?
Car si Dragon Quest VII Reimagined est indéniablement réussi, il souffre aussi d’un léger excès de prudence. Tout est très propre, très poli, très équilibré. Peut-être un peu trop.
La difficulté, notamment, pourra sembler trop sage pour les vétérans du genre. Même en augmentant le niveau de challenge, l’aventure reste globalement clémente. Les systèmes d’aide et d’orientation, bien qu’optionnels, participent à cette impression d’être constamment guidé. On est loin de l’époque où l’on tournait en rond pendant des heures sur une île mal indiquée.
Ce côté très accessible a du bon : il ouvre les portes d’un monument du JRPG à un public plus large. Mais il atténue aussi, par moments, le sentiment d’accomplissement. Là où l’original pouvait se montrer exigeant, voire carrément austère, cette version Reimagined préfère la douceur.
Autre point : cette structure en épisodes insulaires, si emblématique, donne parfois une impression de progression morcelée. On picore des histoires, on résout des conflits locaux, on repart. Le rythme est maîtrisé, mais l’ensemble peut sembler un brin formaté, presque trop calibré.
Cela dit, difficile de bouder son plaisir. Le charme opère constamment. Les personnages sont ultra attachants, les scénarios d’îles souvent touchants, et l’univers conserve cette capacité rare à mélanger mélancolie et optimisme. Une signature propre à la série, que l’on retrouve dans d’autres épisodes majeurs, à commencer par Dragon Quest XI que l’on vous recommande aussi chaudement.
Notre avis concernant Dragon Quest VII Reimagined
Dragon Quest VII Reimagined est un remake de grande qualité. Plus beau, plus fluide, plus accessible, il corrige les lourdeurs d’un opus originel parfois excessif, tout en respectant son essence. Son système de double vocation est une réussite, son ambiance un vrai cocon feelgood, et ses ajustements modernes (accélération des combats, options de confort) font mouche.
On pourra lui reprocher quand même une certaine neutralité, une difficulté trop contenue et un côté “à la carte” qui dilue un peu le défi. Mais pour qui souhaite (re)découvrir l’un des chapitres les plus ambitieux de la saga dans les meilleures conditions possibles, difficile de faire la fine bouche. Un Dragon Quest très sage, certes. Mais terriblement attachant.