Le rétrogaming fait appel à tous nos sens. Si les pixels et les musiques d’époque ravivent instantanément les souvenirs, un autre élément, plus discret et parfois presque tabou, participe à cette madeleine de Proust vidéoludique : l’odeur. Celle des cartouches fraîchement sorties de leur boîte, de cette console à peine déballée, du plastique vieilli ou encore des notices, que l’on prenait (et que l’on prend toujours) plaisir à sentir.
A l’ère de la 4K, du ray-tracing et des 60 (ou 120) fps, il est bon de se replonger dans nos jeux vidéo d’antan, ceux que l’on prend plaisir encore aujourd’hui à lancer sur NES, sur Master System, sur Super Nintendo, PC Engine ou encore sur un bon vieil ordinateur de l’époque. Un petit coup d’oeil dans le rétro(gaming), comme un petit voyage vidéoludique dans un passé lointain. Une chronique animée par Turk182, que l’on vous invite chaudement à découvrir sur son excellent « Rétroblog ».
Le rétrogaming et ses odeurs
Salut les vieux ! Aujourd’hui, j’ai lu un très beau texte qui tend vers le témoignage et qui m’a énormément touché. Evidemment ce texte a été écrit par une personne que j’apprécie tout particulièrement, il s’agit de Stephane Ficca, et je vous invite à aller lire cet excellent témoignage sur son Instagram.
Lorsque je l’ai lu ce matin, je me suis tout de suite senti identifié car les sensations qu’il décrit sont celles que nous avons tous connu, nous les passionnés du Retrogaming. Ces sensations qui nous ont forgé en irréductibles amants du jeux vidéo depuis ses premiers pas jusqu’à nos jours.
Mais si ce témoignage m’a encouragé à ouvrir une page Word ce soir, c’est parce qu’une phrase en particulier m’a touché en plein cœur, c’est celle-ci : « On se remémore la lecture (et l’odeur) de la notice sur la banquette arrière de la voiture familiale en revenant de Continent ». Le mot odeur est mis entre parenthèse mais pour moi c’est comme s’il avait été écrit en caractère gras ou tatoué sur mon bras. L’odeur.
Il m’arrive souvent de vous parler de mes souvenirs grâce aux musiques qui les réveillent en moi, mais bien souvent en écrivant mes histoires, je sens mes mots. Je sens les odeurs des tartines au beurre et au chocolat Poulin chez Boulie. Je sens l’odeur des pastilles Valda qui empestaient la chambre d’Arnold et qui quelquefois restaient collées sur son Commodore 64.
Je sens l’odeur de cette notice que Stéphane lisait sur la banquette arrière de sa voiture. Je sens cette boite de disquettes que j’ouvre pour y choisir mon jeu. Je sens ces pages d’Hebdogiciel que je tourne anxieusement, cherchant le listing qui sera pour mon ordinateur. Je sens cette odeur de plastique neuf lorsque je déballe mon VG5000 en ce matin de Noël 1985. Je sens l’odeur de cette salle d’arcade des 2 Alpes qui m’a vu grandir et je pourrais continuer comme ça des pages entières.
Pour moi, le Retrogaming ne s’arrête pas seulement rejouer à nos anciens jeux, le Retrogaming c’est revivre des images, des sons et des odeurs. Le Retrogaming c’est se remémorer ces moments uniques qui nous ont marqué et sont restés si ancrés dans notre mémoire que l’on joue avec notre machine à remonter le temps imaginaire. Et cela peut aussi par le fait d’humer les notices, les cartouches…
En ce qui me concerne un jeu vidéo, un ordinateur ou une console ne sera jamais classifié comme une pièce de plus dans ma collection, non, ce sera une partie de ma vie, de mon histoire, que je garde, que j’expose et que je transmets à l’aide de quelques mots.
