Dans le grand théâtre du jeu vidéo, certaines rivalités dépassent la fiction. C’est aujourd’hui le cas d’un affrontement aussi improbable que savoureux : celui opposant les ayants droit de James Bond à… un poisson agent secret tout droit venu des années 90 : James Pond. Une querelle juridique qui rappelle que même les parodies les plus cultes ne sont jamais totalement à l’abri.
Une parodie rétro dans le viseur de 007
Né en 1990, James Pond incarnait à lui seul l’esprit irrévérencieux du rétrogaming : un pastiche assumé de James Bond, transposé dans un univers aquatique délirant. Le jeu original, suivi notamment de Codename RoboCod, détournait sans complexe les codes de l’agent 007, jusque dans ses titres et son humour. A l’époque, le jeu profitait d’un vrai capital sympathie, avec en prime une note de 89% dans les pages du sacro-saint magazine Player One pour le second opus.
Mais alors que la licence tente aujourd’hui un retour sur le devant de la scène au travers d’une compilation, tout ne se passe pas comme prévu. Les détenteurs des droits de James Bond, via la société Danjaq, ont décidé de s’opposer à l’enregistrement de la marque James Pond au Royaume-Uni.
Le cœur du problème ? Une question de propriété intellectuelle, où la notoriété mondiale de Bond pourrait peser lourd face à une parodie jugée trop proche. D’autant que, contrairement aux États-Unis, la législation britannique protège moins explicitement ce type de détournement.
Une bataille juridique aux airs de boss final
Pour les détenteurs actuels de James Pond, notamment System 3, cette opposition pourrait freiner, voire compromettre, la relance de la franchise. Le projet d’un nouvel épisode, pensé pour séduire à la fois les nostalgiques et une nouvelle génération, se retrouve ainsi suspendu à une décision juridique.
L’ironie est savoureuse, puisqu’après avoir survécu aux plateformes 16-bit, aux mascottes concurrentes et à l’oubli des années 2000, James Pond doit désormais affronter un adversaire bien réel. Sur les forums rétro, les fans oscillent entre amusement et inquiétude, certains redoutant de voir cette relique vidéoludique replonger dans les abysses.
Reste à savoir si l’humour et l’héritage du jeu suffiront à faire pencher la balance. Une chose est sûre : dans ce duel improbable, le permis de tuer pourrait bien se transformer en permis de contester.