Pendant des années, le dématérialisé semblait promis à remplacer définitivement les boîtes de jeux. Pourtant, c’est toute une génération de joueurs qui défend aujourd’hui le plaisir du physique, entre collection, nostalgie et envie de réellement posséder ses jeux
Pour certains, acheter un jeu en version physique semble presque appartenir au passé. Les boutiques en ligne, les téléchargements instantanés et les abonnements ont progressivement changé nos habitudes. Plus besoin de se déplacer, plus besoin de remplir une étagère : quelques clics suffisent pour lancer un nouveau titre. Si bien que PlayStation a récemment annoncé sa volonté de faire disparaitre les disques de jeu dès 2028.
Et pourtant, quelque chose est en train de changer
Alors que l’industrie pousse toujours davantage vers le numérique, une partie des joueurs semble redécouvrir un plaisir que l’on croyait perdu. Tenir une boîte entre ses mains, feuilleter une notice, collectionner ses jeux et avoir le sentiment de posséder réellement un morceau de sa bibliothèque.
Contrairement à ce que l’on pourrait croire, le phénomène ne concerne pas uniquement les passionnés de rétrogaming. De nombreux joueurs actuels choisissent encore volontairement les éditions physiques, parfois même lorsqu’une version numérique est disponible immédiatement.
Le succès du dématérialisé repose sur une promesse simple : la rapidité et la simplicité. Plus besoin d’attendre une livraison, les jeux sont accessibles partout et les promotions peuvent être très attractives.
Mais cette évolution soulève aussi de nouvelles questions. Lorsqu’un joueur achète un jeu numérique, il achète une licence d’utilisation, révocable à tout moment. Que devient une bibliothèque virtuelle lorsqu’un service ferme ou qu’un éditeur décide de retirer un titre d’une boutique en ligne ?
De même, avec le « tout numérique », impossible de prêter un jeu, d’acheter un jeu d’occasion, et impossible de soustraire au tarif imposé par l’éditeur sur la boutique en ligne. Aujourd’hui encore, certains jeux de lancement de la PS5 (Demon’s Souls par exemple) sont encore affiché à 79,99€ sur le PS Store…
Ces interrogations alimentent un attachement renouvelé au format physique. Une boîte posée sur une étagère représente quelque chose de concret : un souvenir, une époque, une expérience vécue… C’est aussi pour cette raison que le marché du collector et du rétro continue de séduire. Le jeu vidéo devient progressivement un objet culturel que l’on conserve, comme un vinyle, une VHS, un livre…
Le physique devient un symbole dans la culture gaming
Dans un futur proche, l’avenir du jeu vidéo ne sera probablement pas totalement physique ni totalement numérique. Les deux modèles devraient continuer à cohabiter, tout comme c’est le cas depuis quelques années sur le marché du livre.
Mais le retour d’intérêt pour les versions boîte montre une chose, les joueurs ne veulent pas seulement consommer des jeux, ils veulent aussi continuer de construire une histoire autour d’eux. À l’heure où tout devient instantané et dématérialisé, posséder un objet tangible possède une valeur émotionnelle particulière. Rappelons que le prochain GTA 6 est attendu uniquement en version numérique, avec une « version physique » qui sera disponible en boutiques, mais qui contiendra uniquement un code permettant de télécharger le jeu. Pas de disque donc.
Le disque, la cartouche, la jaquette, la notice… Ce ne sont finalement pas de simples emballages. Ils représentent une trace durable d’une passion qui accompagne parfois les joueurs pendant plusieurs décennies. Et il n’y a qu’à voir la fronde qui s’est organisée autour de la récente annonce de PlayStation pour s’en convaincre…
