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Test Gravel : la (vraie) course arcade de retour sur PS4, Xbox One et PC ?

A fond, à fond, à fond…. Gravel

Célébrant les courses tout terrain en s’inspirant des pures jeux arcades, Gravel est désormais disponible sur PlayStation 4, Xbox One et PC. Un titre mis au point par les italiens de chez Milestone, à qui l’on doit notamment la saga MXGP, Ride ou encore certains opus de la saga WRC, sans oublier le récent Sébastien Loeb Rally Evo. Avec Gravel, Milestone promet une toute autre approche, plus arcade donc, avec en prime un changement de moteur (graphique) puisque le jeu est élaboré à base d’Unreal Engine 4.

Autant être clair d’emblée, si vous êtes fans des très pointilleux DiRT Rally, Project Cars ou Assetto Corsa, ce nouveau Gravel risque de ne pas vous plaire. En effet, le titre Milestone prône le retour à la course arcade, la vraie, celle qui permet en une fraction de seconde de prendre le volant de n’importe quel bolide et d’aller se frotter à la concurrence, tout en dérapant allègrement dans les courbes, en effectuant des sauts démesurés… Bref, pour apprécier un tant soit peu Gravel, il faut être familier avec des titres tels que Sega Rally, Rallisport Challenge, DiRT ou encore un certain Shox, paru en 2002.

Une fois ce détail levé, il est grand temps de s’intéresser à ce Gravel. Selon les concepteurs, le jeu se veut « l’expérience tout-terrain ultime« ,puisque le jeu va permettre de courir au sein de 4 disciplines différentes à savoir le Cross Country, le Wild Rush, le Speed Cross et enfin le mode Stadiums. Evidemment, chaque discipline est l’occasion de découvrir un environnement particulier, avec en prime un type de bolide bien distinct à piloter.

On pourra ainsi prendre le volant de l’imposant Ford Raptor F150, de la Subaru Impreza WRC STi 2005, du Renault Duster, de ce bon gros Hummer, de la BMW X3, de la Ford Escort RS 1800, du Mitsubishi Pajero, de l’Alpine A110, de la Volkswagen Polo RX, de la Renault 5 Turbo ou encore de l’Abarth 124 Rally… Bref, un garage assez impressionnant pour ce Gravel, avec des véhicules aux gabarits très différents, mais qui conservent une conduite accessible, même si (forcément) assez différente pour chaque classe.

On le répète, Gravel se veut un jeu fun, à la prise en main quasi-immédiate. Malgré tout, le jeu nécessite un minimum de maîtrise au niveau des freinages, accélérations et coups de volant pour espérer se hisser à la première place. Pas de qualification ici, on démarre en queue de peloton, et on tente tant bien que mal de remonter un par un ses adversaires, quitte à jouer un peu des coudes. A l’instar d’un Forza Horizon, le jeu offre des points d’XP en fonction des acrobaties accomplies sur les tracés (drifts, sauts, vitesse…) qui permettront notamment de déverrouiller les bolides. En effet, à l’instar d’un bon vieux jeu d’arcade, les bolides les plus puissants/réputés sont verrouillés, et il faudra donc jouer un minimum pour espérer se glisser à bord. Un bon point.

Un gameplay orienté arcade

Côté gameplay, Gravel penche donc très largement vers l’arcade, avec la possibilité toutefois de désactiver certaines aides (TCS, ABS, assistance de stabilité…) pour disposer d’un gameplay un peu plus exigeant, y compris opter pour une boite manuelle. A noter également la présence d’une section Réglages très pointue, assez paradoxal néanmoins dans un jeu qui se veut purement arcade… Sur la piste, on peut décider de la jouer propre ou au contraire de s’appuyer grassement sur ses adversaires, à ses risques et périls toutefois. A ce sujet, l’IA est plutôt correcte dans l’ensemble, assez agressive globalement, et cette dernière fera parfois de belles erreurs de pilotage. En contrepartie, l’IA n’hésitera pas à vous faire l’intérieur lors d’un freinage un peu trop tardif, ou même à vous fermer la porte. En Moyen, le jeu offre un challenge correct pour tout type de joueurs, même si les « vrais » régleront le paramètre sur Très Difficile (en plus de régler les Dégâts sur « Actif » plutôt que « Esthétiques Uniquement »).

Comme certains concurrents, Gravel propose lui aussi un système de Rewind, qui permet de revenir quelques secondes dans le passé pour éviter cette sortie de piste malheureuse, cet accrochage injuste ou ce saut complètement loupé. Un système très permissif qui permet (comme dans F1 2017) de redémarrer là où le joueur le souhaite, avec une utilisation illimitée. Hérésie pour certains, évolution de gameplay logique pour d’autres, ce système a le mérite d’être présent, et rien ne vous force évidemment à l’utiliser si vous souhaitez profiter d’une expérience 100% arcade. En ce qui nous concerne, on avoue avoir utilisé ce Rewind principalement pour corriger des bugs de collision, résultant parfois sur un décollage incontrôlé après le passage sur une petite bosse pourtant inoffensive en apparence…

Côté environnements, Gravel va vous faire voir du pays, puisque les courses pourront se dérouler en Namibie, mais également en Australie, en Floride, à Las Vegas, sur le Mont-Blanc ou encore sur le (vrai) tracé de rallycross de Lohéac. En tout, le jeu propose un total de 16 environnements, chacun proposant (souvent) plusieurs tracés distincts. A cela s’ajoute un peu moins d’une cinquantaine de bolides issus des constructeurs les plus prestigieux (Ford, Subaru, Porsche, Renault, Alpien, BMW, Mitsubishi…). Bref, en terme de contenu, il y a de quoi rouler quelques bonnes heures sur de vastes environnements sablonneux, terreux, sur des graviers ou même de l’asphalte, le jeu proposant quelques circuits favorisant évidemment la glisse. A noter au passage la possibilité de modifier l’heure de roulage, ainsi que les conditions climatiques.

Situation graphique : c’est compliqué…

En ce qui concerne la section graphique, ce Gravel est certes passé sous Unreal Engine 4, et cela se ressent, mais le jeu reste très moyen d’un strict point de vue technique. La modélisation des véhicules est assez sommaire, mais c’est surtout le rendu très inégal qui fait défaut ici, avec quelques tracés très propres visuellement, et d’autres qui manquent cruellement de détails. A cela s’ajoute un popping assez marqué parfois (notamment en Namibie) et quelques effets (eau, neige, fumée…) peu convaincants (quand ils ne sont pas carrément absents)… En revanche, le jeu offre de jolis effets de lumière, avec même quelques textures assez bluffantes parfois, notamment dans certains stadiums, avec un rendu boueux plus vrai que nature. Globalement, l’ensemble est correct (et plafonné à 30 fps sur consoles), mais on reste un bon cran en-dessous d’autres titres similaires. A noter que le jeu offre diverses vues, dont une vue cockpit. Malheureusement, cette dernière souffre d’un cruel manque de finition/détails, et n’apporte pas les sensations escomptées. On lui préférera (largement) la vue capot ou même la vue arrière. Dommage également que les versions PS4 Pro et Xbox One X ne proposent pas de mode 60 fps…

En ce qui concerne les modes de jeu, Gravel permet de participer à une compétition baptisée Off Road Masters, laquelle impose de participer à diverses courses regroupées dans 20 sections, avec 5 « boss » à défier (et battre si possible). A noter la présence d’une voix off (en français) plutôt agréable pour une fois, ainsi que de vrais acteurs pour jouer le rôle des fameux boss de chaque discipline. Cela fait un chouia kitsch, mais cela s’inscrit plutôt bien finalement dans le côté arcade de ce Gravel. A cela s’ajoute le mode Course Libre, le Contre-la-Montre et le mode multijoueur, assez sommaire, permettant néanmoins à 12 pilotes de se défier online. A noter la présence également de Défis Hebdomadaires et (déjà !) d’un premier pack d’extension dédié à Porsche.

Vidéo de gameplay en Subaru Impreza 1995 – (Replay)

Au final, ce Gravel s’avère plutôt plaisant à jouer, à condition d’apprécier le genre arcade et de se montrer assez conciliant avec la section graphique et les quelques bugs (de collision notamment) rencontrés ça et là. On se prend même assez rapidement au jeu des Off Road Masters, et on prend plaisir à piloter ces nombreux bolides dans des environnements assez variés. On regrette quand même un grip particulièrement difficile à cerner parfois, et une gestion toute particulière des surfaces sur lesquelles on pose nos roues. En ce qui nous concerne, on aurait également apprécié un titre plus flamboyant visuellement parlant, avec quelques tracés franchement ratés, mais cela n’empêche pas ce Gravel de constituer un bonne surprise pour qui apprécie le genre.

Test réalisé à partir d’une version PS4 Pro

Notre avis

7.0
Loin d'être aussi pointu que les récents DiRT Rally, Project Cars et autres DiRT 4, Gravel se veut une expérience orientée "arcade à l'ancienne", et rappellera sans doute des souvenirs à ceux ayant apprécié Shox à l'époque (pour ne citer que lui). Le jeu de Milestone offre un contenu plutôt dense (16 environnements et 50 bolides), avec en prime un mode principal Off Road Masters assez accrocheur. Techniquement, l'ensemble reste un peu trop léger à nos yeux, mais cela n'empêche pas de passer quelques bonnes heures en compagnie de ce Gravel, qui dispose mine de rien de quelques belles licences. Une chouette surprise donc, à réserver quand même à un public averti (fan d'arcade donc) et un minimum conciliant.
39 Avis d'utilisateur
Notre Avis 7.0

Les plus

Un contenu généreux en terme d'environnements et de bolides. Le mode Off-Road Masters, très kitsch et très réussi. Les voitures/circuits à débloquer progressivement, façon "old school". La conduite accessible. L'ambiance (y compris la voix off) réussie. Le mode Rewind bien fichu. Quelques (très) grands constructeurs au rendez-vous.

Les moins

Globalement pas très flatteur pour la rétine (malgré quelques jolis environnements parfois). La modélisation de certains véhicules. Pas de mode 60 fps sur Xbox One X et PS4 Pro. Pas de multi en local.

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